Mon­dial 2030

In­ter­view de Taïeb Bac­couche

Jeune Afrique - - Sommaire - Pro­pos recueillis par SYRINE ATTIA

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IL FAUT DÉ­PAS­SER LES DI­VER­GENCES PONC­TUELLES ET SE CONCEN­TRER SUR CE QUI EST BÉNÉFIQUE POUR TOUS.

Après l’échec du Ma­roc pour l’or­ga­ni­sa­tion de l’édi­tion de 2026, le pa­tron de l’union du Magh­reb arabe (UMA) tra­vaille dé­jà, entre autres, à une can­di­da­ture com­mune pour la sui­vante.

Jeune Afrique: Pour­quoi avez-vous dé­ci­dé de pro­mou­voir l’idée d’une can­di­da­ture magh­ré­bine pour le Mon­dial 2030?

Taïeb Bac­couche: L’idée a ger­mé après deux constats : le sou­tien of­fi­ciel et po­pu­laire de tous les Magh­ré­bins à la can­di­da­ture ma­ro­caine, et le choix d’un Mon­dial por­té par trois pays en 2026 face au Ma­roc. Tout ce­la nous a convain­cus, au se­cré­ta­riat gé­né­ral del’ u ma, de co­or­don­ner une can­di­da­ture magh­ré­bine pour 2030 et d’ en­ta­mer les dé­marches. Nous sou­hai­tons que le dos­sier soit por­té par trois pays au mi­ni­mum, et pour­quoi pas cinq. La can­di­da­ture peut être pro­mue d'abord au ni­veau du quin­tet qui com­pose L’UMA. En­suite, au­près des sept autres com­mu­nau­tés éco­no­miques de l’union afri­caine (UA), puis de la Ligue arabe. J’en ai dé­jà dis­cu­té au som­met de Nouak­chott avec les di­ri­geants de L’UA, qui m’ont ex­pri­mé leur sou­tien. Pour 2030, il y au­ra une can­di­da­ture asia­tique por­tée par la Chine et sans doute une can­di­da­ture de trois pays d’amé­rique du Sud. La concur­rence est sé­rieuse, mais l’afrique n’a pas eu sou­vent sa chance. Le Magh­reb a une vraie carte à jouer cette fois-ci.

Le ma­roc a dé­jà dé­cla­ré sa can­di­da­ture in­di­vi­du elle. Com­ment le convaincre d’ op­ter pour un­pro­jet conjoint?

J’ai dis­cu­té avec le mi­nistre ma­ro­cain des Af­faires étran­gères, qui m’a confié que la can­di­da­ture de son pays a vo­ca­tion, d’une cer­taine fa­çon, à « oc­cu­per le ter­rain », mais que le royaume reste ou­vert à un élar­gis­se­ment au Magh­reb.

La Tu­ni­sie et l’al­gé­rie comptent peu de stades. Est-ce unobs­tacle pour ce pro­jet?

Le som­met de nouak­chott s’est te­nu dans un centre de con­grès ul­tra­mo­derne qui n’exis­tait pas il y a six mois. C’est donc une ques­tion de vo­lon­té.

Avez-vous pu réunir les mi­nistres magh­ré­bins des Sports et de la Jeu­nesse pour en dis­cu­ter?

J’ai été con­tac­té par la mi­nistre tu­ni­sienne de la Jeu­nesse et du Sport. J’ai pro­po­sé une réunion mi­nis­té­rielle avec l’en­semble des responsables con­cer­nés. Elle se­ra or­ga­ni­sée à l’au­tomne pro­chain.

Ce Mon­dial com­mun peut-il contri­buer à pa­ci­fier les re­la­tions al­gé­ro-ma­ro­caines?

Je le crois. L’adhé­sion po­pu­laire com­bi­née à l’ac­tion du se­cré­ta­riat gé­né­ral de L’UMA peut abou­tir à une réus­site. Les peuples magh­ré­bins sont pour la coo­pé­ra­tion et pour une forme d’in­té­gra­tion éco­no­mique, com­mer­ciale mais aus­si spor­tive. Et les États doivent être à l’écoute de leurs peuples. Il faut dé­pas­ser les contin­gences ou di­ver­gences ponc­tuelles et se concen­trer sur ce qui est bénéfique pour tous.

À dé­faut de solutions po­li­tiques, une di­plo­ma­tie du sport peut-elle of­frir une al­ter­na­tive pour dé­pas­ser les an­ta­go­nismes?

Ce­la va beau­coup ai­der, mais notre ac­tion donne aus­si quelques fruits. Nous avons réus­si à convaincre les cinq États du Magh­reb de si­gner l’ac­cord sur le li­breé­change à Ki­ga­li, au som­met de L’UA, fin mars. C’est une étape im­por­tante vers le mar­ché com­mun. Cer­tains pays ont éga­le­ment si­gné l'ac­cord sur la li­ber­té de circulation, dont la Mau­ri­ta­nie. Il faut avan­cer pe­tit à pe­tit.

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