MAGIE DES COU­LEURS

Jeune Afrique - - Dossier Cliniques - A.S.-T.

Le noir, le rouge, le bleu… Chez Ouat­ta­ra Watts, les cou­leurs sont tou­jours vives et ex­plo­sives, comme le jaune du Flash of Shan­go, qu’il ex­pose en ce mo­ment à Abid­jan. Référence ex­pli­cite à la di­vi­ni­té yo­rou­ba maître du feu, des éclairs et du ton­nerre, l’oeuvre réunit un im­mense to­tem en­tou­ré de si­gnaux, de chiffres et de nom­breux sym­boles. Chez l’ar­tiste, qui dans tous ses tra­vaux mêle sym­boles an­ces­traux

– ici des ta­bou­rets do­gons, là des fi­gures de fé­tiches – et ré­fé­rences contem­po­raines, tout est à dé­cryp­ter. « Ce n’est pas tant la magie qui m’in­té­resse, mais le concept même de magie », ex­plique ce­lui chez qui la mé­ta­phy­sique est om­ni­pré­sente. Ouat­ta­ra re­fuse d’en par­ler, mais, dès son plus jeune âge, dans le nord de la Côte d’ivoire, il a été ini­tié aux rites sa­crés sé­nou­fos par son grand-père cha­mane et reste ha­bi­té par une vi­sion trans­cen­dan­tale du monde. « La magie plane sur l’art », as­sure-t-il. Ouat­ta­ra Watts peint ain­si la magie du cos­mos, lui donne sens et or­ga­nise son chaos, de­ve­nant lui-même ma­gi­cien.

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