BMCE sous sur­veillance

La troi­sième banque ma­ro­caine pré­pare une im­por­tante aug­men­ta­tion de ca­pi­tal pour 2019, au mo­ment où les in­ves­tis­seurs boudent le titre. En cause, le ra­len­tis­se­ment de sa crois­sance subsaharienne, qui pré­oc­cupe éga­le­ment la Banque cen­trale.

Jeune Afrique - - Maghreb & Moyen-orient Golfe - EL MEH­DI BERRADA,

Pour les di­ri­geants de BMCE Bank of Afri­ca (BOA), les der­nières se­maines de l’an­née vont être des plus stu­dieuses. Bra­him Ben­jel­loun-toui­mi, l e di­rec­teur gé­né­ral de la banque, et ses équipes doivent cou­cher sur le pa­pier la feuille de route du groupe pour les trois pro­chains exer­cices (2019-2021) et trou­ver les ar­gu­ments qui vont in­ci­ter les in­ves­tis­seurs à par­ti­ci­per à l’aug­men­ta­tion de ca­pi­tal pré­vue l’an pro­chain.

La banque est ha­bi­tuée à ces opé­ra­tions. De­puis sa pri­va­ti­sa­tion, en 1995, elle a dé­jà réa­li­sé trois le­vées pour ren­for­cer ses fonds propres. En 2010, le fran­çais Cré­dit Mu­tuel

CIC a in­jec­té 2,7 mil­liards de di­rhams (240 mil­lions d’eu­ros) et il en dé­tient au­jourd’hui 26,2 %. En 2011, les sa­la­riés ont ap­por­té 500 mil­lions de di­rhams et, en 2012, l’en­semble des ac­tion­naires de référence ont contri­bué à hau­teur de 1,5 mil­liard de di­rhams.

Abs­trac­tion faite des am­bi­tions ef­fré­nées d’oth­man Ben­jel­loun (ci-des­sous, en mé­daillon), son pré­sident em­blé­ma­tique, le ren­for­ce­ment de l’as­sise financière du groupe est in­con­tour­nable pour amé­lio­rer ses ra­tios fi­nan­ciers compte te­nu des dé­fis qui l’at­tendent au Ma­roc et dans ses fi­liales afri­caines.

Si quelques nuages ont obs­cur­ci l’ho­ri­zon, c’est à la fois dû à la crise éco­no­mique qui ra­len­tit la crois­sance au Ma­roc et au sud du Sa­ha­ra, mais aus­si aux évo­lu­tions ré­gle­men­taires dans le royaume, comme dans les pays dé­pen­dant de la Bceao, ain­si qu’au Gha­na no­tam­ment, qui né­ces­site plus de fonds propres.

à Ca­sa­blan­ca

Des be­soins en fonds propres com­pris entre 6 et 7 mil­liards de di­rhams

« Au­jourd’hui, nous sa­vons que le be­soin est d’en­vi­ron 1 mil­liard de di­rhams si l’ob­jec­tif se li­mite seu­le­ment à un re­dres­se­ment des ra­tios pru­den­tiels au Ma­roc. Mais il faut aus­si ré­pondre aux be­soins des fi­liales sub­sa­ha­riennes »,

L’éta­blis­se­ment, créé en 1959 et pri­va­ti­sé en 1995, arrive à une pé­riode char­nière de son exis­tence. Ici, son siège de Ca­sa­blan­ca.

A J R U O P I N ZA AZ U O NSA HAS

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