OBA­SAN­JO, LE BA­BA QUE L’ON N’OU­BLIE PAS

Jeune Afrique - - Afrique Subsaharienne Nigeria - A.S.-T.

Lors­qu’il pé­nètre à Abeo­ku­ta, en plein pays yo­ru­ba, ce 12 oc­tobre, Ati­ku Abu­ba­kar sait qu’il est en train de réus­sir un coup dé­ci­sif. À l’aube des pri­maires du PDP, ce­lui qui n’est en­core que can­di­dat à l’in­ves­ti­ture de son par­ti à la pré­si­den­tielle vient re­ce­voir l’onc­tion de l’un des plus grands fai­seurs de rois ni­gé­rians : Olu­se­gun Oba­san­jo, qui, de­puis deux dé­cen­nies, tire les fi­celles de la po­li­tique du pays. Ba­ba (« pa­pa »), comme il est sur­nom­mé, est da­van­tage au­jourd’hui un vieux sage qu’un par­rain, mais il est tou­jours aus­si in­dis­pen­sable.

La par­tie était loin d’être ga­gnée : il se ra­conte que l’an­cien chef de l’état s’était ju­ré de ne ja­mais se ré­con­ci­lier avec son ex-vice-pré­sident. « Dieu ne me le par­don­ne­rait pas », au­rait-il confié à des vi­si­teurs. Les deux hommes se sont brouillés quand ils étaient à la tête du pays (de 1999 à 2007) : Abu­ba­kar es­pé­rait suc­cé­der à Oba­san­jo, et il a tout fait pour l’em­pê­cher de bri­guer un troi­sième man­dat. Mais le goût du pou­voir est

dé­ci­dé­ment plus fort que tout, et il les a dé­sor­mais réunis.

Le gé­né­ral, qui a re­ti­ré son sou­tien à Bu­ha­ri et quit­té L’APC dé­but 2018, ap­porte plus qu’une cau­tion mo­rale à son pou­lain. Mul­ti­mil­lion­naire, ex-pré­sident de L’UA et mé­dia­teur dans de mul­tiples crises sur le con­tinent, Oba­san­jo dis­pose de ré­seaux qui dé­passent lar­ge­ment le Ni­ge­ria. Ce­la se­ra pré­cieux pour Abu­ba­kar le 16 fé­vrier, alors que la ba­taille contre Bu­ha­ri s’an­nonce ser­rée.

L’an­cien pré­sident, le 19 sep­tembre 2017, à New York.

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