Meh­re­zia LABIDI

Ex-vice-pré­si­dente de l’as­sem­blée cons­ti­tuante

Jeune Afrique - - Maghreb & Moyen-orient Tunisie -

Fille d’un imam zi­tou­nien, la dé­pu­tée dit avoir été éle­vée dans un es­prit d’éga­li­té. An­cienne mi­li­tante de L’UGTE (syn­di­cat étu­diant d’obé­dience is­la­miste) à Pa­ris, ni ex-pri­son­nière ni « femme de », Meh­re­zia Labidi a su se faire une place dans le par­ti après la ré­vo­lu­tion. Et re­fuse de jouer les po­tiches : « Ils se se­raient trom­pés sur toute la ligne s’ils avaient vou­lu faire de moi une vi­trine. » Elle mène « la pro­tes­ta­tion » dès 2012 pour ré­cla­mer des quo­tas de femmes dans les ins­tances di­ri­geantes. « On n’est pas en po­li­tique pour faire la cui­sine », tonne cette adepte du bon mot. Elle ne per­çoit pas de « lutte » mais « un par­te­na­riat » entre femmes et hommes. Pour elle, ce qui compte, c’est la fa­mille. « Quand je voya­geais, mon ma­ri s’oc­cu­pait des en­fants sur ses RTT, clame l’ex-tra­duc­trice. Je suis dans le post­fé­mi­nisme. Je l’adopte avec ma sen­si­bi­li­té de croyante. » Elle re­jette l’idée se­lon la­quelle le conser­va­tisme re­li­gieux se­rait au ser­vice d’un ordre éta­bli : « Ceux qui se disent mo­der­nistes sont par­fois les plus sclé­ro­sés. » Son fou­lard, elle le porte aus­si à sa fa­çon. Op­po­sée au voile in­té­gral, elle a écrit une lettre ou­verte à ses consoeurs à ce su­jet. « La li­ber­té doit pri­mer, c’est une at­teinte à la di­gni­té quand il est im­po­sé. »

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