Un chef sans louche!

Échos vedettes - - TÉLÉVISION -

Quand on parle des ar­tistes et des ar­ti­sans qué­bé­cois connus à l’in­ter­na­tio­nal, on pense tou­jours aux mêmes: Cé­line, bien sûr, Simple Plan, Ar­cade Fire, le Cirque du So­leil et aus­si Ro­bert Lepage, le groupe La­va­lin ou en­core Sa­pu­to. Tous ces ar­tistes et ces ar­ti­sans sont des Qué­bé­cois et on a rai­son d’en être fiers. Ça fait tou­jours un pe­tit ve­lours quand on peut se van­ter d’être leurs sem­blables ou leurs conci­toyens. Bien sûr, pour nous, ce sont des pro­duits qué­bé­cois, mais ça ne vous éton­ne­ra sû­re­ment pas si je vous dis que, ailleurs dans le monde, on les iden­ti­fie d’abord comme étant des Ca­na­diens, et c’est très bien comme ça. C’est dans l’ordre des choses. On n’a ja­mais pré­sen­té Al­bert Ein­stein comme étant ori­gi­naire de Tü­bin­gen, du dis­trict du Bade-Wur­tem­berg. Non! On di­sait que c’était un Al­le­mand, même s’il a vé­cu aux États-Unis et qu’il y est mort plus tard.

Nos chi­canes ter­ri­to­riales et lin­guis­tiques n’in­té­ressent pas le reste du monde, en par­ti­cu­lier les Amé­ri­cains qui, pour plu­sieurs, ne peuvent même pas si­tuer le Ca­na­da sur une carte du monde. Alors, ima­gi­nez le Qué­bec! Seule Montréal a des chances d’être re­con­nue, sur­tout à cause des Ca­na­diens de Montréal. Mais bon, il faut s’y faire; ils savent que c’est au nord de leur pays, qu’il y fait froid et qu’on y trouve des Es­qui­maux qui vivent dans des igloos près du Centre Bell! Je parle tou­jours des Amé­ri­cains...

Pour les Eu­ro­péens, c’est dif­fé­rent. Ils savent qu’on existe, mais ils pensent qu’on vit dans la fo­rêt avec des In­diens qu’on ex­ploite et qu’on tue à pe­tit feu. Ça, ce sont les Fran­çais. Pour les autres, je ne sais pas... Mais à voir le nombre de gens qui convergent vers le Ca­na­da, j’ai l’im­pres­sion qu’on a une bonne ré­pu­ta­tion. Faut dire qu’on a le coeur sur la main et qu’on sait vivre en har­mo­nie, même de­puis la dé­faite sur les plaines d’Abra­ham.

On est ce qu’on est, et c’est tant mieux! Je n’au­rais pas vou­lu naître ailleurs qu’ici. Avec le sa­voir, les cou­tumes et le ta­lent de chez nous, on s’ex­porte par­tout dans le monde et on n’a rien à en­vier à per­sonne.

Au­jourd’hui, sur la liste des Qué­bé­cois qui nous re­pré­sentent sur les scènes les plus pres­ti­gieuses du globe, on peut ra­jou­ter le nom de Yan­nick Né­zet-Sé­guin, ce jeune chef d’or­chestre de 43 ans, qui di­rige les plus grands or­chestres du monde à Montréal, à Rot­ter­dam, à Londres, à Philadelphie et à New York, où il di­ri­ge­ra le cé­lèbre Me­tro­po­li­tan Ope­ra à comp­ter de la sai­son pro­chaine. Il de­vien­dra alors le grand ma­ni­tou de l’or­chestre de cette ins­ti­tu­tion my­thique. Et ce ne sont pas là ses pre­miers faits d’armes. Il est dé­jà pas­sé par Philadelphie où il y a di­ri­gé l’Or­chestre phil­har­mo­nique en 2012, par Salz­bourg, par Londres, etc. Son par­cours est fou­droyant. On lui a oc­troyé un doc­to­rat ho­no­ris cau­sa en 2011 à l’UQAM, il a rem­por­té le prix du Gou­ver­neur gé­né­ral des arts de la scène en 2010, le prix de la So­cié­té phil­har­mo­nique royale de Londres en 2009, sans comp­ter les nom­breux prix qu’il a re­çus au dé­but de sa car­rière.

Alors, main­te­nant, il faut comp­ter un autre Qué­bé­cois de plus sous les grands pro­jec­teurs du monde. Une ins­pi­ra­tion pour nous tous, mais aus­si pour les jeunes élèves des col­lèges MontSaint-Louis et Bois-de-Bou­logne à Montréal, où il a fait ses études se­con­daires et col­lé­giales. Bra­vo, chef! Ça fait dif­fé­rent de voir une baguette de di­rec­tion plu­tôt qu’une louche dans les mains d’un grand chef!

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.