Du rire aux larmes!

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Li­sez bien le titre; je n’ai pas écrit «Rire aux larmes!» et c’est vo­lon­taire; cette phrase-là, on sait ce qu’elle veut dire. «Du rire aux larmes!» c’est pas pa­reil, en tout cas pas pour moi: «rire» parce que c’est drôle et «larmes» parce que c’est en même temps triste, triste de voir nos co­miques se chi­ca­ner comme ça...

De­puis le scan­dale Ro­zon qui a mis dans l’em­bar­ras le Fes­ti­val Juste pour rire (JPR), une confré­rie d’hu­mo­ristes a dé­ci­dé, avec à sa tête Mar­tin Pe­tit, de mon­ter, de pro­duire et de vendre son propre fes­ti­val. Elle l’a nom­mé Grand Mon­tréal co­mé­die fest (GMCF). L’encre n’était pas en­core sèche sur le com­mu­ni­qué que le Co­me­diHa! Fest de Qué­bec n’ap­pré­ciait pas que les co­miques de Mon­tréal jouent dans sa talle.

La chi­cane est po­gnée entre ceux qui passent leur vie à faire rire le monde, à le rendre heu­reux et à ten­ter de lui faire ou­blier ses pro­blèmes quo­ti­diens. C’est tout de même pa­ra­doxal que des hu­mo­ristes nous rendent tristes, parce que c’est à pleu­rer de les voir se sé­pa­rer les ac­coin­tances. Le Co­me­diHa! Fest de Qué­bec se dé­roule du 8 au 19 août dans la ca­pi­tale et JPR à Mon­tréal se ter­mine le 30 juillet. Qu’il y ait deux ou même trois fes­ti­vals d’hu­mour au Qué­bec, ça ne me dé­range pas... Ça fait juste plus de choix pour sor­tir voir un show d’hu­mour. Le pro­blème n’est pas entre Qué­bec et Mon­tréal; c’est plu­tôt entre Mon­tréal et Mon­tréal que ça ne va pas.

Mal­gré les évé­ne­ments qu’on connaît et qui ont conduit à la vente de JPR à l’ex­té­rieur, ce Fes­ti­val conti­nue ses ac­ti­vi­tés au Qué­bec. Le GMCF com­mence le 1er juillet et fi­nit le 13; les com­pa­gnies de lo­ca­tion de scènes, de son et d’éclai­rage n’au­ront que quelques heures pour dé­mon­ter et re­mon­ter ailleurs les mêmes struc­tures pour JPR qui, lui, s’amorce le 15 juillet et se ter­mine le 30. C’est à de­ve­nir fou! Quand on dit qu’au Qué­bec il y a plus d’hu­mo­ristes au pied car­ré que n’im­porte où ailleurs sur la pla­nète, en voi­là une preuve.

Mais com­ment les ar­tistes vont-ils gé­rer ça? Tous ne peuvent pas faire tous les fes­ti­vals d’en­ver­gure... Il faut choi­sir son clan. Et c’est là que com­mence la guerre. Si un gros nom de l’hu­mour s’af­fiche pour tel club, il doit re­nier l’autre. Mais pen­sez-y: re­fu­ser un évé­ne­ment ou un autre, c’est un ca­chet de moins. Per­sonne n’a le luxe de lais­ser cet ar­gent sur une scène. Tout ça crée des am­biances mal­saines, des froids entre nos hu­mo­ristes. Même si le grand pu­blic n’y perd rien, il se ques­tionne. Cer­tains ar­tistes ne pour­ront plus faire de duos ni de trios avec cer­tains de leurs ca­ma­rades, du fait qu’ils ap­par­tiennent à une autre or­ga­ni­sa­tion. C’est à pleu­rer!

Ben voyons, les amis, cal­mez-vous! Nous ne de­man­dons qu’à rire avec vous, pas de vous... La chi­cane, ça n’a ja­mais été payant. Il faut trou­ver une autre so­lu­tion parce que là, à par­tir du 1er juillet et jus­qu’au 19 août, nous sommes tous condam­nés à rire et à pleu­rer en même temps, de pas­ser du rire aux larmes, mais pas pour les bonnes rai­sons. Bonne sai­son tout de même. Mieux vaut en rire!

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