La Dolce Vi­ta de Marc Her­vieux

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Tout le monde connaît Marc Her­vieux, ar­tiste ly­rique, té­nor pour les connais­seurs d’opé­ra, ce qui dé­fi­nit exac­te­ment son re­gistre et le son de sa voix. Pour tout néo­phyte, c’est un chan­teur clas­sique avec toutes les dif­fé­rences que ça im­plique par rap­port aux chan­teurs po­pu­laires. Mais di­sons que, dans le cas de Marc Her­vieux, on peut par­ler d’un chan­teur clas­sique po­pu­laire.

De tout temps, il y a eu des chan­teurs ly­riques qui sont de­ve­nus de vé­ri­tables ve­dettes pop ou presque. Je pense à Luis Ma­ria­no ou à Ma­rio Lan­za, pour les plus vieux. Mais aus­si à An­drea Bo­cel­li ou au plus po­pu­laire de tous, Lu­cia­no Pa­va­rot­ti, presque ca­pable de ri­va­li­ser avec les Mi­chael Jack­son et Bru­no Mars. À une moindre échelle, c’est ce qui ar­rive à Marc Her­vieux, de­puis qu’on l’a dé­cou­vert en 2009 dans la chan­son Fais-moi la ten­dresse, qu’il in­ter­pré­tait en duo avec Gi­nette Re­no.

De­puis ce temps, il est presque par­tout: scènes, té­lé et ra­dio ici au Qué­bec, tout en pour­sui­vant sa car­rière de chan­teur clas­sique par­tout ailleurs sur les scènes les plus pres­ti­gieuses du monde. Et pour l’avoir ren­con­tré, je peux dire que c’est un gars fort sym­pa­thique; je di­rais même or­di­naire, mal­gré son sta­tut in­ter­na­tio­nal. Il faut dire que lui et moi, on a des atomes cro­chus; en ef­fet, nous sommes tous les deux ori­gi­naires du quar­tier Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve, un quar­tier ou­vrier de l’est de Mont­réal. Comme on dit: «On peut sor­tir un gars de l’Est, mais on ne peut pas sor­tir l’Est du gars»; ça, je m’en suis bien ren­du compte lors de nos conver­sa­tions. C’est un vé­ri­table bat­tant, car rien dans sa jeu­nesse ne pou­vait le sti­mu­ler à al­ler vers le chant, son père, ou­vrier chez St-Law­rence Au­ger, le dé­cou­ra­geant même de se lan­cer dans ce do­maine. Mal­gré ce­la, il per­siste et signe; il fe­ra fi des re­com­man­da­tions de son père et s’en­ga­ge­ra dans une spi­rale qui le mè­ne­ra jus­qu’ici. En­core une fois, la preuve qu’il faut rê­ver et suivre son ins­tinct, et ne pas se sou­cier des em­pê­cheurs de tour­ner en rond qui, pen­dant qu’ils font leurs be­sognes, sont sta­tiques et ne vont nulle part.

De­puis quelques an­nées, on peut en­tendre Marc Her­vieux à la ra­dio, chez son ami Gre­go­ry Charles, pro­prié­taire de Ra­dio-Clas­sique Mont­réal et Qué­bec. Et, après s’y être fait la main, Ra­dio-Ca­na­da l’a re­cru­té. C’est sur ICI Mu­sique qu’on peut l’en­tendre, mais aus­si sur ICI Mu­sique Clas­sique, la ra­dio nu­mé­rique. Sa bonne hu­meur et son hu­ma­nisme font de lui un pré­sen­ta­teur très in­té­res­sant de mu­sique clas­sique, que plu­sieurs trouvent en­nuyante... ce qui n’est vrai­ment pas le cas avec lui!

C’est tou­jours in­té­res­sant de l’en­tendre ra­con­ter une anec­dote re­liée à la mu­sique clas­sique; il de­vient lui-même le lien entre les gens or­di­naires et les éru­dits. La Dolce Vi­ta, c’est son émis­sion pré­sen­tée le di­manche de 10 h à 12 h, et en re­dif­fu­sion le jeu­di soir de 20 h à 22 h. Très oc­cu­pé, le mon­sieur trouve même le temps de jouer les juges à l’émis­sion Vir­tuose, ani­mée par Gre­go­ry Charles à ICI Ra­dio-Ca­na­da té­lé.

Quand on pense à sa car­rière, de Ho­che­la­ga-Mai­son­neuse à St-Pe­ters­bourg, en pas­sant par Pa­ris, Séoul, Ma­la­ga ou Taï­wan, on peut dire que, pour une fois, ç’au­ra été payant pour quel­qu’un de ne pas écou­ter son père. Non pas que je re­com­mande à qui­conque de man­quer de res­pect à son pa­ter­nel, mais je sou­tiens tous les en­fants qui rêvent, comme je l’ai moi-même fait. C’est le che­min qui mène à la dolce vi­ta!

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