24 Heures

Les refuges débordent déjà à cause du froid

Des organismes qui viennent en aide aux sans-abri subissent une pression financière additionne­lle provoquée par le froid hâtif, déjà qu’ils ne roulent pas sur l’or.

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À peine à la mi-novembre, des refuges débordent à Montréal pendant que les employés font ce qu’ils peuvent pour ne laisser personne dehors.

Ils doivent être créatifs en attendant l’ouverture de l’unité de débordemen­t de l’ancien hôpital Royal-victoria, le 1er décembre.

À cause du froid qui est arrivé plus tôt cette année, il y a plus de bouches à nourrir et plus de personnel est nécessaire sur le plancher, ce qui aura des conséquenc­es financière­s, selon des gestionnai­res contactés par Le Journal.

Un long hiver

« Ça fait 10 ans que je travaille ici, et c’est sûr que l’hiver va être long, et il va être rude », mentionne le superviseu­r des services à la Mission Old

Brewery, Akram Aloulou.

Dans la nuit de vendredi à samedi, une soixantain­e de personnes se sont installées sur des chaises dans la cafétéria de cet établissem­ent dont les 300 lits étaient occupés. Le mercure a chuté sous les -15 degrés Celsius dans plusieurs régions cette nuit-là, fracassant des records à ce temps-ci de l’année.

Casse-tête

Les 170 lits de la Maison du Père étaient également complets. Du personnel faisait des pieds et des mains pour trouver des places à la vingtaine de personnes refusées chaque soir.

« Un moment donné, on met de côté [la pression financière] et on essaie de mettre le plus de personnes au chaud possible », souligne le directeur général, François Boissy.

Le jour, l’accueil Bonneau reçoit plus de gens qu’à l’habitude pour cette période de la saison, et ceux-ci restent plus longtemps.

Pour l’instant, les finances de l’organisme, qui offre notamment des repas chauds, ne sont « pas en situation critique », selon le directeur général Frédédric Auger, qui lance un appel aux dons en argent et en vêtements chauds.

La pression sera également ressentie par les citoyens en précarité financière qui recevront leur facture d’hydro-québec, selon la directrice générale des Banques alimentair­es du Québec, Annie Gauvin.

« Ils vont faire un déplacemen­t d’argent. Ils vont déplacer l’argent qu’ils auraient mis dans la nourriture et le mettre sur le chauffage », explique-t-elle.

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– PHOTO COURTOISIE L’accueil Bonneau, à Montréal, qui offre des repas chauds, reçoit plus de gens qu’à l’habitude pour cette période de l’année.

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