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D’OÙ VIENT LA PEUR DU VAC­CIN ?

- maxime.au­ger@que­be­cor­me­dia.com MAXIME AU­GER Health · Medical Activism · Anti-Vaccers · Alternative Medicine · Donald Trump · Bill Gates

Les rai­sons pour les­quelles cer­taines per­sonnes ont peur de se faire vac­ci­ner contre la CO­VID-19 sont va­riées et les gou­ver­ne­ments ont tout in­té­rêt à être trans­pa­rents s’ils veulent ral­lier la po­pu­la­tion der­rière cet en­jeu de san­té pu­blique, se­lon des ex­perts.

Alors que les États-unis at­tendent deux vac­cins contre la CO­VID-19 avant Noël, les pre­mières doses de­vraient ar­ri­ver au Ca­na­da entre jan­vier et mars 2021. Ot­ta­wa, qui pré­pare ac­tuel­le­ment son plan de vac­ci­na­tion, es­père avoir vac­ci­né « la ma­jo­ri­té » des Ca­na­diens d’ici sep­tembre 2021.

Mais ce ne sont pas tous les Ca­na­diens qui ac­cep­te­ront de re­ce­voir le vac­cin. Pour­quoi cer­taines per­sonnes re­fusent-elles de se faire vac­ci­ner ?

Si les ex­perts af­firment que le vac­cin est la meilleure so­lu­tion pour frei­ner la pan­dé­mie, ce n’est pas tout le monde qui ac­cep­te­ra de se faire vac­ci­ner.

Mal­gré les avan­tages de la vac­ci­na­tion, une par­tie de la po­pu­la­tion est ef­fec­ti­ve­ment hé­si­tante à se faire vac­ci­ner.

Mé­fiants, mais pour­quoi ?

La ra­pi­di­té avec la­quelle les nou­veaux vac­cins contre la CO­VID-19 ont été pro­duits peut consti­tuer une source d’in­quié­tude et de mé­fiance pour cer­taines per­sonnes.

Un vac­cin qui a été créé ra­pi­de­ment ne se­ra pas pour au­tant de mau­vaise qua­li­té, as­sure Jo­na­than Jar­ry, com­mu­ni­ca­teur scien­ti­fique pour l’or­ga­ni­sa­tion pour la science et la so­cié­té de l’uni­ver­si­té Mcgill.

« Cer­taines per­sonnes ne com­prennent pas que des phases d’es­sais cli­niques peuvent se che­vau­cher. Dans le sens où l’on com­mence à pré­pa­rer la phase 3 avant que la phase 2 ne soit ter­mi­née. Ça n’a au­cun im­pact sur la sû­re­té du vac­cin, ce­la a sim­ple­ment un im­pact fi­nan­cier pour les com­pa­gnies. Dans le sens où la com­pa­gnie peut pré­pa­rer une phase qui n’au­ra peu­têtre pas lieu si les résultats de la phase pré­cé­dente sont né­ga­tifs. »

Les nou­velles tech­no­lo­gies grâce aux­quelles les vac­cins ont été pro­duits peuvent éga­le­ment rendre une por­tion de la po­pu­la­tion crain­tive, croit M. Jar­ry.

« Même si l’on a une ving­taine d’an­nées de re­cherches avec ces tech­no­lo­gies-là, ça fait peur à des gens. »

L’im­pact des cé­lé­bri­tés

Une per­son­na­li­té pu­blique qui tient un dis­cours an­ti-vac­cin pour­rait pous­ser cer­taines per­sonnes à chan­ger de po­si­tion par rap­port à la vac­ci­na­tion, juge Jo­na­than Jar­ry.

Il donne l’exemple du pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump, qui a sou­vent ten­té au cours des der­niers mois de mi­ni­mi­ser la me­nace de la CO­VID-19 et qui a long­temps re­fu­sé de por­ter le masque.

« On le voit avec la CO­VID-19. Do­nald Trump est un des plus gros dif­fu­seurs de dés­in­for­ma­tion au ni­veau de la CO­VID-19. Et, donc, les gens qui le res­pectent vont écou­ter ce qu’il dit, ce qui risque de chan­ger leur com­por­te­ment », in­dique-t-il.

Vac­ci­na­tion et théories du com­plot

Il existe de nom­breuses théories du com­plot en lien à la vac­ci­na­tion. L’une d’entre elles avance que Bill Gates sou­haite nous im­plan­ter une puce dans le corps à l’aide du vac­cin contre la CO­VID-19.

Mais pour­quoi cer­taines per­sonnes adhèrent-elles à de telles théories du com­plot ? C’est que l’hu­main est pré­dis­po­sé à croire aux théories du com­plot, af­firme M. Jar­ry.

« Le cer­veau hu­main, ce n’est pas un or­di­na­teur. C’est un en­gin à croyances. Notre cer­veau a donc évo­lué pour voir des connexions même là où il n’y en a pas », men­tionne-t-il. D’ailleurs, quel­qu’un qui adhère à une théo­rie du com­plot en lien à la vac­ci­na­tion risque de croire à d’autres théories du genre.

« Toutes ces théories-là gra­vitent au­tour d’une mé­fiance en­vers les au­to­ri­tés. Donc, si on se mé­fie des au­to­ri­tés visà-vis des vac­cins, on peut très bien se mé­fier des au­to­ri­tés vis-à-vis la forme de la pla­nète Terre », ajoute le com­mu­ni­ca­teur scien­ti­fique.

De quelle ma­nière nos gou­ver­ne­ments peuvent-ils contrer les mes­sages com­plo­tistes en lien à la vac­ci­na­tion ? En étant plus trans­pa­rents et en li­vrant des mes­sages clairs à la po­pu­la­tion.

« Les gens de­mandent juste à sa­voir ce qui se passe », in­siste Alexandre Cou­tant, pro­fes­seur en com­mu­ni­ca­tion so­ciale et pu­blique, ajou­tant que la mé­fiance du pu­blic en­vers leurs ins­ti­tu­tions contri­bue à la mul­ti­pli­ca­tion des théories du com­plot.

Est-ce qu’on parle trop des théories du com­plot ?

Les mé­dias tra­di­tion­nels pour­raient contri­buer à la po­pu­la­ri­té des théories du com­plot. Bien qu’ils s’af­fairent gé­né­ra­le­ment à les dé­men­tir, en s’in­té­res­sant aux théories du com­plot, les mé­dias leur per­mettent de cir­cu­ler à plus grande échelle et de re­joindre une plus large au­dience.

Mais même si une théo­rie du com­plot ou une fausse in­for­ma­tion est lar­ge­ment dif­fu­sée, rien n’in­dique qu’une ma­jo­ri­té des gens va y adhé­rer.

Alexandre Cou­tant sou­ligne d’ailleurs que beau­coup d’in­ter­nautes qui suivent des groupes com­plo­tistes le font pour se mo­quer d’eux.

« Ce sont donc des per­sonnes qui les suivent, mais quine sont pas du tout convain­cues. »

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– PHO­TO AFP Une ma­ni­fes­ta­tion d’an­ti-vac­cins, à Lan­sing, la ca­pi­tale du Mi­chi­gan, à la mi-no­vembre.

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