24 Heures

Trois rai­sons de le­ver son poing bien haut, se­lon Tee­na­dultt

Tee­na­dultt, c’est le nom d’artiste de l’illus­tra­trice mont­réa­laise Kez­na Dalz. C’est elle qui signe la page fron­tis­pice de cette édi­tion du nou­veau 24 heures.

- Ca­the­rine Ge­nest Entertainment · Shanice · Jean de La Fontaine

Pour cette Qué­bé­coise de 24 ans, art et mi­li­tan­tisme sont in­dis­so­ciables. C’est l’ac­tua­li­té qui ins­pire la ma­jeure par­tie de ses oeuvres co­lo­rées et bien­veillantes, mais sur­tout en phase avec ses va­leurs in­clu­sives. Voi­ci trois su­jets qui la touchent par­ti­cu­liè­re­ment et qui lui donnent en­vie d’agrip­per ses pin­ceaux.

LE RA­CISME

Kez­na suit l’ac­tua­li­té de près et le mou­ve­ment #Bla­ck­li­ves­mat­ter teinte son tra­vail. Le poing le­vé dans son illus­tra­tion à la une du 24 heures re­pré­sente jus­te­ment les com­bats qu’il reste à me­ner, mais aus­si les pe­tites vic­toires.

« Pour la une du 24 heures, j’ai fait un per­son­nage avec un poing le­vé à cause du Mois de l’his­toire des Noirs. Il sou­rit parce que je ne veux pas non plus que les per­sonnes noires soient vues comme des gens qui doivent mi­li­ter en tout temps. Ça peut aus­si être un poing le­vé parce qu’il cé­lèbre quelque chose, parce qu’il est content. C’est un peu un mé­lange des deux. »

LES VIO­LENCES SEXUELLES

Son af­fiche pour la ma­ni­fes­ta­tion contre les vio­lences sexuelles du 19 juillet 2020 au parc La Fon­taine a beau­coup cir­cu­lé. C’était sa fa­çon d’ajou­ter sa voix au mou­ve­ment #Moiaus­si.

« En tant que jeune femme noire, le dé­fi que j’ai de­puis tou­jours, c’est de conti­nuer à me battre pour mes convic­tions et de pas m’ef­fa­cer. Je réa­lise que les per­sonnes ra­ci­sées et les per­sonnes noires ont par­fois la ma­nie de se di­mi­nuer pour ne pas prendre trop de place. »

LA REPRÉSENTA­TIVITÉ

Kez­na Dalz vient de faire pa­raître son tout pre­mier livre aux cô­tés de l’au­trice Sha­nice Ni­cole. Le titre ? Dear Black Girls ou « chères filles noires », si on de­vait le tra­duire en fran­çais. C’est vrai­ment le livre qu’elle au­rait vou­lu te­nir entre ses mains lors­qu’elle était en­fant.

« Les oeuvres lit­té­raires jeu­nesse de mon en­fance ne pré­sen­taient pas la di­ver­si­té, mais on di­rait qu’on est moins conscients de ces choses-là en gran­dis­sant, même si on res­sent une forme d’in­con­fort ou un genre de tris­tesse. On re­garde des livres, des émis­sions ou des films en se di­sant “c’est di­ver­tis­sant, c’est co­ol, l’his­toire est in­croyable, mais je ne me re­con­nais pas du tout de­dans”. »

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PHOTO JOËL LEMAY, AGENCE QMI

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