24 Heures

Perdre des mil­liers d’abon­nés d’un coup

- Ca­mille La­lan­cette Gossip · Internet Celebrities · Celebrities · Relationships & Sex · Content Management · Instagram · Instagram Models · Sex · Geotagging

«O n di­rait que si c’est un eg ross een bi­ki­ni à la plage, c’est clai­re­ment trop éro­tique pour Ins­ta­gram. Yac omme trop de peau, trop de seins. »

–Na ïla Ra­bel

Créer, tra­vailler fort, par­ta­ger, bâ­tir une com­mu­nau­té... puis perdre le fruit de son tra­vail d’un seul coup. C’est ce que vivent les per­sonnes qui, comme Naï­la Ra­bel, se font su­bi­te­ment fer­mer leur compte Ins­ta­gram pour des rai­sons pas tou­jours claires.

Sur Ins­ta­gram, Naï­la parle de sexe, de ra­cisme, de gros­so­pho­bie, fait des blagues et par­tage des pho­tos d’elle, par­fois osées. Ça marche : 12 000 per­sonnes la suivent sur son compte @la­gros­se­qui­fait­des­vi­deos2.

Mais il y a quelques mois, elle avait en­core plus d’abon­nés (16 000) et il n’y avait pas le chiffre 2 à la fin de son nom d’uti­li­sa­trice. En oc­tobre 2020, son compte a été dé­fi­ni­ti­ve­ment fer­mé parce qu’il ne res­pec­tait pas les condi­tions d’uti­li­sa­tion d’ins­ta­gram.

Naï­la n’a ja­mais pu sa­voir pour­quoi pré­ci­sé­ment, mais elle s’en doute. Elle est aus­si tra­vailleuse du sexe et a uti­li­sé Ins­ta­gram pour in­vi­ter les gens à vi­si­ter son compte On­ly­fans. En mai 2020, elle en a par­lé dans cer­taines de ses sto­ries, et c’est à par­tir de ce mo­ment-là qu’ins­ta­gram com­mence à lui in­di­quer que « des ac­ti­vi­tés sexuelles » fi­gurent dans le conte­nu qu’elle pu­blie.

Elle s’est donc créé un nou­veau pro­fil et elle a fait très at­ten­tion à ce que ses pu­bli­ca­tions res­pectent les règles d’ins­ta­gram (pas de nu­di­té).

Naï­la uti­lise main­te­nant plu­sieurs mé­ca­nismes pour se pro­té­ger de l’al­go­rithme qui filtre et si­gnale les comptes. « Pour “tra­vail du sexe”, j’écris “s3x3”. Je mets des pho­tos en car­rou­sel, comme ça, la pre­mière est nor­male et la deuxième, c’est celle que je veux vrai­ment mettre », lance-t-elle avec un rire ta­quin.

Elle a aus­si mo­di­fié les ré­glages de son compte en pré­ten­dant être un homme, pour di­mi­nuer les chances que l’al­go­rithme per­çoive un bout de ma­me­lon qui se­rait un peu vi­sible dans une pho­to.

TROP DE PEAU

Naï­la re­marque d’ailleurs que c’est plus dif­fi­cile de pro­duire du conte­nu éro­tique pour une femme grosse. Alors que les pho­tos de filles en maillot de bain sont mon­naie cou­rante sur l’ap­pli­ca­tion, les al­go­rithmes semblent s’at­tar­der da­van­tage sur les corps plus gros, se­lon elle.

« On di­rait que si c’est une grosse en bi­ki­ni à la plage, c’est clai­re­ment trop éro­tique pour Ins­ta­gram. Y a comme trop de peau, trop de seins », sou­ligne-t-elle, amère.

« Ce n’est pas juste cen­su­ré sur la sexua­li­té, des pu­bli­ca­tions an­ti­ra­cistes ont été si­gna­lées. Les gens sont plus fâ­chés pour ce que je dis que pour la pho­to », ra­joute-t-elle.

« J’aime ça par­ler de plein d’af­faires, alors je trouve ça vrai­ment plate de de­voir les sé­pa­rer, dit-elle en fai­sant ré­fé­rence aux dif­fé­rents comptes qu’elle s’est créés et qu’elle ali­mente pru­dem­ment. Quand on mé­lange tout en­semble, je sens que je peux sen­si­bi­li­ser plus de gens », dit-elle.

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