Conflit entre Ro­se­mont et des com­mer­çants

Des mar­chands et l’op­po­si­tion à l’hô­tel de ville de Mon­tréal de­mandent la sus­pen­sion des tra­vaux de­vant le mar­ché Jean-talon avant que ce der­nier ne perde ses clients.

24 Heures Montreal - - La Une - FRAN­CIS PILON Fran­cis.pilon @que­be­cor­me­dia.com

L’ar­ron­dis­se­ment de Ro­se­mont–la Pe­tite-pa­trie doit en­tre­prendre des tra­vaux en juillet sur l’ave­nue Sham­rock, au ni­veau de l’en­trée du mar­ché, pour une du­rée de cinq mois. Cet amé­na­ge­ment en­traî­ne­ra la perte d’une di­zaine de sta­tion­ne­ments.

« Avec la dé­ci­sion de l’ad­mi­nis­tra­tion de Va­lé­rie Plante et du maire de Ro­se­mont–la Pe­tite-pa­trie [Fran­çois Cro­teau] de vou­loir conti­nuer la construc­tion sur le Mar­ché et en­le­ver des sta­tion­ne­ments, on voit que ça an­nonce le dé­but d’une mort lente pour les com­mer­çants ici », ex­plique Lio­nel Pe­rez, chef de l’op­po­si­tion of­fi­cielle à l’hô­tel de ville.

Se­lon ce der­nier, cette construc­tion em­pêche les clients et les li­vreurs de mar­chan­dises d’en­trer ou de sta­tion­ner li­bre­ment.

Chan­ge­ment de vo­ca­tion ?

« Ces tra­vaux changent la vo­ca­tion du mar­ché Jean-talon. On va perdre des clients, puis perdre des mar­chands et l’ad­mi­nis­tra­tion de Plante va fi­nir par uti­li­ser ça comme pré­texte pour chan­ger la vo­ca­tion du mar­ché », sou­tient M. Pe­rez.

Jus­qu’à main­te­nant, près de 12 000 per­sonnes ont si­gné une pé­ti­tion pa­pier de­man­dant à Mon­tréal de sau­ver le mar­ché Jean-talon.

Moins de mar­chands

« Il y a dé­jà beau­coup [de mar­chands] qui ont quit­té. Il y en a au moins une di­zaine que nous connais­sons qui ont quit­té à cause des pro­blèmes d’ac­ces­si­bi­li­té. C’est un pro­blème ré­cur­rent (...) de­puis des an­nées et ça ne fait que s’em­pi­rer », té­moigne Li­no Bir­ri, qui vend ses pro­duits au mar­ché Jean-talon de­puis 57 ans.

Si la si­tua­tion per­siste, le co­pro­prié­taire de Bir­ri me­nace de fer­mer les portes de son com­merce qui compte plus de 60 em­ployés.

Manque de consul­ta­tion

Lio­nel Pe­rez a ac­cu­sé Pro­jet Mon­tréal de faire la sourde oreille et de ne pas avoir consul­té adé­qua­te­ment les com­mer­çants quant aux tra­vaux de ré­amé­na­ge­ment sur l’ave­nue Sham­rock.

« Il s’agit là de la marque de com­merce de l’ad­mi­nis­tra­tion Plante : ils donnent l’illu­sion de consul­ter, mais au fi­nal ils im­posent leurs pro­jets. À quoi ça sert de consul­ter quand tout est dé­ci­dé d’avance, que les contrats sont oc­troyés et que les tra­vaux sont ins­crits au ca­len­drier ? Ils ont beau consul­ter, en­suite ils ignorent sim­ple­ment ceux qui s’op­posent à leur vi­sion », dé­plore-t-il.

« Tout au long du dé­ve­lop­pe­ment du pro­jet [de ré­amé­na­ge­ment], qu’il soit ques­tion de la phase tem­po­raire ou de la phase per­ma­nente, l’ar­ron­dis­se­ment a mul­ti­plié les ac­ti­vi­tés de consul­ta­tion et a pris soin d’écou­ter les re­com­man­da­tions de ses par­te­naires afin d’as­su­rer une prise en compte des pré­oc­cu­pa­tions de la clien­tèle com­mer­ciale et des at­tentes du mi­lieu », a com­men­té la di­rec­trice de l’ar­ron­dis­se­ment de Ro­se­mont–la Pe­tite-pa­trie, Jo­sée Bé­dard, qui a vou­lu re­mettre les pen­dules à l’heure.

L’ar­ron­dis­se­ment as­sure aus­si qu’il s’est fait un de­voir d’iden­ti­fier et de prendre en compte les be­soins des com­mer­çants pour réa­li­ser son pro­jet sur l’ave­nue Sham­rock.

– PHO­TO FRAN­CIS PILON/24 H

Li­no Bir­ri, co­pro­prié­taire de Bir­ri au mar­ché Jean-talon, me­nace de mettre la clé sous la porte si la Ville va de l’avant avec son pro­jet de ré­amé­na­ge­ment cri­ti­qué.

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