Une tra­gique re­la­tion in­ces­tueuse

C’est l’une des pièces de Mi­chel Trem­blay les plus jouées à tra­vers le monde qui pren­dra l’af­fiche au Théâtre De­nise-pel­le­tier dans les pro­chains jours. La mise en scène est de Claude Pois­sant et la dis­tri­bu­tion compte une belle bro­chette d’ac­teurs, dont

24 Heures Montreal - - Weekend - – Lo uise Bour­bon­nais, col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Le co­mé­dien Gilles Re­naud, qui a mon­tré son talent dans la pièce d’io­nes­co, Les chaises, au TNM la sai­son der­nière, change de re­gistre cette an­née pour jouer dans la pièce de Mi­chel Trem­blay, Bon­jour, là, bon­jour. « J’ai joué dans cette pièce en 1974, lors de sa créa­tion », confie l’ac­teur.

Étran­ge­ment, près de 45 ans plus tard, Gilles Re­naud en­tre­ra de nou­veau dans la peau d’ar­mand, le père, le per­son­na­ge­mê­me­qu’ila­vai­tin­ter­pré­té lorsque la pièce avait vu le jour. « À l’époque, j’avais 29 ans et je jouais aus­si le père, se rap­pelle le co­mé­dien. Nous étions dans un uni­vers non réa­liste où trois per­son­nages dans la soixan­taine étaient joués par des co­mé­diens beau­coup plus jeunes. »

En­core plus éton­nant, de­puis un bon mo­ment dé­jà, Gilles Re­naud qui est un grand ad­mi­ra­teur des pièces de Trem­blay sou­hai­tait re­prendre son rôle de père, mais à l’âge réel. « Mon rêve vient de se réa­li­ser », confie-t-il.

Une fa­mille en­va­his­sante

L’his­toire met en scène Serge, in­ter­pré­té par Fran­cis Du­charme, is­su d’une fa­mille de la classe moyenne qui, à l’aube de ses 30 ans, re­vient d’un long voyage en Eu­rope. « Il a pas­sé trois mois à Pa­ris, car il avait be­soin de

prendre un cer­tain re­cul par rap­port à sa fa­mille, an­nonce Gilles Re­naud. Sa fa­mille est très en­va­his­sante. »

Cette fa­mille, c’est un père de­ve­nu sourd quatre ans au­pa­ra­vant, au­quel s’ajoutent deux tantes plu­tôt en­com­brantes et quatre soeurs pos­ses­sives. L’une d’elles est dé­pen­dante aux mé­di­ca­ments, l’autre est bou­li­mique, tan­dis que la troi­sième se noie dans l’al­cool.

Quant à sa plus jeune soeur, Ni­cole (My­lène Ma­ckay), celle-ci oc­cupe une place par­ti­cu­lière dans son coeur. C’est l’amour in­ter­dit entre un frère et une soeur qui ren­ver­se­ra la fa­mille. Un cri d’amour étouf­fant qui se­ra condam­né par les siens.

31 ta­bleaux

Cette his­toire, où les pré­ju­gés sont au coeur de la pièce, et où l’on porte un re­gard sur la to­lé­rance, est com­po­sée de 31 ta­bleaux mis en scène par Claude Pois­sant, di­rec­teur ar­tis­ti­queau­théâ­tre­de­nise-pel­le­tier.c’est­la­pre­miè­re­fois­qu’il mon­te­ra une pièce de Mi­chel Trem­blay sur une scène pro­fes­sion­nelle. De plus, Bon­jour, là, bon­jour est sa pièce fé­tiche dans tout le ré­per­toire de Trem­blay.

Afin de nous faire prendre conscience de notre par­cours, Claude Pois­sant a choi­si de cam­per sa pièce dans le Pla­teau-mon­troyal, dans les an­nées 1970, à l’époque où elle a été écrite, soit entre la crise d’oc­tobre et l’élec­tion du Par­ti qué­bé­cois, au mo­ment où le Qué­bec vi­vait un bouillon­ne­ment iden­ti­taire.

[En 1974, lors de la créa­tion de la pièce], nous étions dans un uni­vers non réa­liste où trois per­son­nages dans la soixan­taine étaient joués par des co­mé­diens beau­cou ppl u sje unes. – Gilles Re­naud, co­mé­dien

PHO­TO COURTOISI ET HÉÂTRE DE­NISE-PEL­LE­TIER

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