« Ça va bien, ça va vite »

24 Heures Montreal - - La Une - – Ju­lien La­croix

À mille lieues de son per­son­nage de scène, qu is e veu tni ais à sou­hait, l’hu­mo­rist eju lien La­croix us ed ’une grande vi­va­cit éd ’es­prit pou rp ar­ve­nir à ses fins. En­core faut- ilq u’elle existe, l afi n.

Il n’y a pas as­sez d’heures dans une jour­née ni as­sez d’an­nées dans une vie pour abattre tout le tra­vail qu’il y a à faire, se­lon le jeune homme. Ce­lui qui se dé­crit comme un wor­ka­ho­lic au­rait eu ten­dance à rem­pla­cer le mot tra­vail par réa­li­sa­tions, s’il avait eu à écrire lui-même ces lignes. Comment vas-tu, Ju­lien ? « Ça va bien, ça va vite. Il y a tant de pro­jets que j’ai­me­rais faire pour la courte vie qu’on a », af­firme l’hu­mo­riste, qui n’a que 25 ans. « Je me suis tel­le­ment in­ves­ti pour ar­ri­ver où je suis au­jourd’hui et main­te­nant que ça va bien, je veux tout faire. J’ai plein d’idées de sé­ries, de films et de nu­mé­ros d’hu­mour que je veux réa­li­ser. »

Per­sé­vé­rance

Construite à la dure, à tra­vers un par­cours des plus si­nueux, la car­rière de l’hu­mo­riste ne s’est pas ré­vé­lée en un jour. Après avoir es­suyé de mul­tiples re­fus, dont ce­lui de l’école na­tio­nale de l’hu­mour, il s’est tour­né vers le web pour bâ­tir, pierre par pierre, le suc­cès qu’il connaît au­jourd’hui.

Il a pro­duit des cap­sules vi­déo le met­tant en ve­dette dans son per­son­nage de stand-up, un éter­nel mal­adroit à l’hu­mour un peu grin­çant. On l’a vu se réa­li­ser aux cô­tés de grandes poin­tures, dont Mar­tin Matte, Vé­ro­nique Clou­tier et Mike Ward, pour ne nom­mer que ceux-là. C’est en dé­cembre 2017, au ga­la Les Oli­vier, qu’il a été dé­voi­lé au grand jour en ra­flant trois prix, dont ce­lui du nu­mé­ro de l’an­née pour Lettre à mon ex, un prix dont il est par­ti­cu­liè­re­ment fier.

De­puis un bon mo­ment, il trim­balle – et teste – de nou­veaux sketches sur les planches d’à peu près tous les ca­ba­rets du Qué­bec. Dans cer­tains nu­mé­ros, il a brillé ; dans d’autres, il s’est plan­té. Il ra­conte qu’il s’est en­tê­té à jouer 45 soirs d’af­fi­lée un nu­mé­ro chan­té de­vant un pu­blic qui ne bron­chait pas. « Je vou­lais prou­ver aux gens que j’avais rai­son de gar­der le nu­mé­ro. Tu sais quoi ? J’ai fi­ni par réus­sir à trou­ver une fa­çon de le jouer pour faire rire le pu­blic ». Un peu comme tout le reste, la per­sé­vé­rance lui va à ra­vir.

Main­te­nant que tout va bien, il a le pied bien en­fon­cé sur l’ac­cé­lé­ra­teur. Au tour­nant de 2019, il pré­sen­te­ra son pre­mier one-man­show un peu par­tout au Qué­bec. De son propre aveu, il s’agit du pro­jet le plus dif­fi­cile qu’il a me­né. Peut-être pour tes­ter jus­qu’où il peut al­ler avec cette tour­née, il s’est amu­sé à l’in­ti­tu­ler Jus­qu’ici tout va bien.

« C’est tel­le­ment ris­qué comme titre, dit-il sans re­te­nue. Ima­gine que le len­de­main de la pre­mière, les titres des jour­naux an­noncent “Jus­qu’ici tout ne va pas si bien” ». Il rit.

« Parce que c’est un peu ça, l’idée, tant avec ma car­rière qu’avec mon per­son­nage de scène, tu ne sais ja­mais à quel mo­ment ça va prendre une autre tour­nure ou que ça n’ira plus bien ».

Mon ami Al­kha­li­dey

Peut-être pour se ras­su­rer que tout ira bien en­core long­temps, il mène de front d’autres pro­jets que son spec­tacle so­lo. Avec son com­plice de tous les ins­tants, l’hu­mo­riste Adib Al­kha­li­dey, il a créé de toutes pièces un film, Mon ami Wa­lid, dans le­quel les deux amis tiennent la ve­dette.

« Les re­fus que j’ai connus dans le pas­sé ne sont pas der­rière moi, ils font plu­tôt par­tie de moi. Ils m’ont per­mis d’évo­luer. Par exemple, si on avait pro­po­sé le film à une ins­ti­tu­tion, je se­rais sû­re­ment fâ­ché en ce mo­ment parce qu’on se­rait en­core dans l’at­tente de fi­nan­ce­ment et qu’on n’au­rait pas écrit le scé­na­rio », re­late-t-il.

Le tan­dem n’a pas at­ten­du. D’un com­mun ac­cord, il a choi­si d’au­to­fi­nan­cer le pro­jet, plu­tôt que de s’en re­mettre à un or­ga­nisme. Une dé­ci­sion na­tu­relle et évi­dente, un peu comme l’est leur ami­tié. « En huit ans de car­rière, c’est la re­la­tion la plus simple que j’ai eue. Quand on fait des bons coups, on est contents en­semble, et quand on fait des mau­vais coups, on s’écoute avec bien­veillance et sans ju­ge­ment », re­con­naît Adib Al­kha­li­dey.

Com­plé­men­taires dans tout, ils se sont im­pli­qués tout au long du pro­ces­sus de créa­tion, de l’écri­ture jus­qu’au mon­tage. Si le pre­mier s’est épa­noui dans le rôle de co­mé­dien, Abid Al­kha­li­dey s’est, quant à lui, ac­com­pli en tant que réa­li­sa­teur.

« C’est un mé­tier qui ras­semble toutes les joies de la vie. Je suis un grand fan de ci­né­ma, de té­lé­vi­sion, et quand tu réa­lises, tu es le pre­mier spec­ta­teur. L’en­fant en moi était bien heu­reux », s’ex­clame le prin­ci­pal in­té­res­sé.

Les deux aco­lytes ont dé­jà re­te­nu dans leur agen­da des dates pour écrire le scé­na­rio de leur pro­chain film, mais d’ici là, ils vont se pro­me­ner de salle en salle pour pré­sen­ter Mon ami Wa­lid.

PHO­TOS SÉ­BAS­TIEN ST-JEAN, AGENCE

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