Un ac­cès aux ser­vices de Mon­tréal

24 Heures Montreal - - Actualité - – Sa­rah Daoust-braun, 24h

Même si elle ne se dé­fi­nit plus comme une ville sanc­tuaire, Mon­tréal a l’in­ten­tion de mettre en place une po­li­tique « d’ac­cès sans peur », pour que les per­sonnes sans sta­tut ou à sta­tut pré­caire puissent louer un livre ou se bai­gner à la pis­cine sans la crainte d’être iden­ti­fiées.

La mai­resse de Mon­tréal, Va­lé­rie Plante, a pré­sen­té hier le pre­mier plan d’ac­tion sur trois ans de la Ville en ma­tière d’im­mi­gra­tion et d’in­té­gra­tion des nou­veaux ar­ri­vants, qui sou­haite of­frir les pro­grammes et les ser­vices mu­ni­ci­paux à tous les Mont­réa­lais, peu im­porte leur sta­tut.

« Pour les bi­blio­thèques, les camps de jour, les pis­cines, on veut s’as­su­rer que les gens n’au­ront pas be­soin de don­ner une adresse quand ils n’en ont pas », a in­di­qué la di­rec­trice du Bu­reau de l’in­té­gra­tion des nou­veaux ar­ri­vants à Mon­tréal (BINAM), Ma­rie-ch­ris­tine La­dou­ceur-gi­rard.

Elle a ex­pli­qué que la Ville étu­diait les meilleures fa­çons de faire et qu’elle re­gar­dait les pra­tiques des autres villes. Des or­ga­nismes com­mu­nau­taires qui connaissent bien les per­sonnes en ques­tion pour­raient, par exemple, at­tes­ter qu’elles ré­sident à Mon­tréal. Mo­ha­med Mi­moun, du Fo­rum Jeu­nesse de Saint-mi­chel, croit que cette me­sure se­ra bé­né­fique, si elle se concré­tise. « Ça va per­mettre aux gens d’al­ler cher­cher des ser­vices sans avoir peur d’être dé­non­cés. Je sais qu’ici, dans le quar­tier, il y a beau­coup de com­mu­nau­tés qui exercent un em­ploi pas re­con­nu par pa­pier. »

Cel­lules d’in­ter­ven­tion

La mé­tro­pole a aus­si l’in­ten­tion de créer des cel­lules d’in­ter­ven­tion et de pro­tec­tion, en col­la­bo­ra­tion avec les centres d’aide aux vic­times d’actes cri­mi­nels. « On veut faire une cel­lule où les per­sonnes qui veulent dé­non­cer des si­tua­tions d’abus vont pou­voir le faire sans craindre d’être ques­tion­nées sur leur sta­tut so­cial et ju­ri­dique », a af­fir­mé Va­lé­rie Plante.

Se­lon Mme La­dou­ceur-gi­rard, les deux me­sures sont ac­tuel­le­ment en chan­tier, et on es­père les lan­cer en 2019. Il n’existe pas de chiffres vé­ri­fiés, mais Mon­tréal comp­te­rait en­vi­ron 50 000 per­sonnes sans pa­pier ou à sta­tut pré­caire.

Nou­veau terme

Va­lé­rie Plante a dé­cla­ré que son ad­mi­nis­tra­tion n’uti­li­se­rait plus le terme « ville sanc­tuaire », et qu’elle dé­fi­ni­ra plu­tôt Mon­tréal comme une mé­tro­pole « res­pon­sable et en­ga­gée » pour ac­cueillir les im­mi­grants sans sta­tut.

Elle a ex­pli­qué vou­loir s’éloi­gner de cette ex­pres­sion ori­gi­naire des États-unis, qui ne cor­res­pond pas aux me­sures de pro­tec­tion du cadre lé­gis­la­tif ca­na­dien, et vou­loir évi­ter de créer un faux sen­ti­ment de sé­cu­ri­té.

« Je n’ai pas en­vie de dire aux gens dé­jà vul­né­rables qu’ils sont pro­té­gés. Quand ils se re­trouvent de­vant un po­li­cier, et que ce­lui-ci voit dans les fiches un avis d’ex­por­ta­tion, le po­li­cier doit res­pec­ter cet avis », a-t-elle sou­te­nu, sou­hai­tant don­ner l’heure juste et agir pour pro­té­ger les gens en fonc­tion des pou­voirs de la Ville.

Le chef de l’op­po­si­tion, Lio­nel Pe­rez, a ac­cueilli fa­vo­ra­ble­ment le plan d’ac­tion, et a sou­te­nu qu’il n’exis­tait pas une dé­fi­ni­tion uni­forme de la ville sanc­tuaire, alors que le conseil mu­ni­ci­pa­la­vai­ta­dop­téu­ne­dé­cla­ra­tion en ce sens en 2017.

– PHO­TO SA­RAH DAOUST-BRAUN/24H

Mo­ha­med Mi­moun, du Fo­rum Jeu­nesse de Saint-mi­chel, la mai­resse de Mon­tréal, Va­lé­rie Plante, Ste­phan Rei­ch­hold, de la Table de concer­ta­tion des or­ga­nismes en im­mi­gra­tion, et la res­pon­sable de la di­ver­si­té mont­réa­laise, Mag­da Po­pea­nu.

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