Fran­çois Le­gault tient au dé­co­rum

Le choix ves­ti­men­taire de cer­tains dé­pu­tés de Qué­bec so­li­daire a pro­vo­qué une ava­lanche de ré­ac­tions à l’as­sem­blée na­tio­nale. Le pre­mier mi­nistre Fran­çois Le­gault tient pour sa part au dé­co­rum au Par­le­ment.

24 Heures Montreal - - Actualité - GE­NE­VIÈVE LAJOIE

« Moi, je fais confiance [au pré­sident de l’as­sem­blée na­tio­nale] Fran­çois Pa­ra­dis, mais il doit y avoir un cer­tain dé­co­rum, je pense qu’on doit ça à la po­pu­la­tion », a-t-il lan­cé hier.

Les élus so­li­daires pro­fitent de l’ab­sence de code ves­ti­men­taire strict pour dé­pous­sié­rer les moeurs en por­tant jeans, es­pa­drilles et bottes « Doc Mar­tens » à l’as­sem­blée na­tio­nale.

Contrai­re­ment à la croyance po­pu­laire, le com­plet-cra­vate pour les hommes et le tailleur pour les dames ne sont pas exi­gés au Par­le­ment.

Il n’y a rien dans le rè­gle­ment sur la te­nue ves­ti­men­taire des dé­pu­tés, si ce n’est qu’ils doivent contri­buer au main­tien du dé­co­rum et por­ter des ha­bits qui s’ap­pa­rentent à une te­nue de ville.

Pour le pre­mier mi­nistre ca­quiste, l’ha­bille­ment est « une ques­tion de ju­ge­ment et de bon goût ».

Ré­flexion sou­hai­table

Une ré­flexion au su­jet du code ves­ti­men­taire des dé­pu­tés est sou­hai­table, es­time pour sa part le pré­sident de l’as­sem­blée na­tio­nale, Fran­çois Pa­ra­dis.

« Moi, ce ma­tin, je suis heu­reux parce que cette ré­flexion-là, elle est es­sen­tielle, elle est saine », a-t-il confié.

« C’est vrai que la ré­gle­men­ta­tion est très large, on parle de te­nue de ville contem­po­raine. Il y a 100 ans et au­jourd’hui, ce n’est pas la même chose, il y a des choses qui évo­luent », a pour­sui­vi hier le pré­sident Pa­ra­dis.

Le dé­pu­té ca­quiste de Lé­vis a sou­li­gné que cette ré­flexion sur le code ves­ti­men­taire des élus se fait par­tout à tra­vers le monde.

En France, les dé­pu­tés ont le droit de sié­ger à l’as­sem­blée na­tio­nale sans veste ni cra­vate de­puis l’an der­nier.

Est-ce que cet ac­ces­soire qui sym­bo­lise l’élé­gance pour­rait ne plus être obli­ga­toire au pres­ti­gieux Sa­lon bleu du Par­le­ment qué­bé­cois ? Fran­çois Pa­ra­dis n’a pas vou­lu se lan­cer dans l’ana­lyse de chaque mor­ceau de vê­te­ment.

« Je suis très ou­vert à tout ce qui peut être pro­po­sé, ça va faire par­tie des ave­nues po­ten­tielles, mais on va le faire en­semble pour dé­ter­mi­ner quelle de­vrait être la meilleure fa­çon de faire », a-t-il néan­moins glis­sé.

Pro­vo­ca­tion, dit Bar­rette

Du cô­té de l’op­po­si­tion, le dé­pu­té li­bé­ral Gaé­tan Bar­rette es­time quant à lui que le choix de vê­te­ments des dé­pu­tés so­li­daires s’ap­pa­rente à de la pro­vo­ca­tion.

« Il y a cer­tai­ne­ment un cô­té pro­vo­ca­teur là-de­dans, l’ha­bille­ment de­meure une forme de mes­sage et à Qué­bec so­li­daire, on est tou­jours prêt à en­voyer des mes­sages », a lan­cé hier le Dr Bar­rette, à l’en­trée de la réunion quo­ti­dienne de l’aile par­le­men­taire li­bé­rale.

Bé­ru­bé pour la cra­vate

Le chef in­té­ri­maire du Par­ti qué­bé­cois es­time pour sa part qu’on ne doit pas aban­don­ner le port de la cra­vate au pres­ti­gieux Sa­lon bleu du Par­le­ment.

« On pense que ça s’im­pose. Je pense qu’on peut se faire re­mar­quer au­tre­ment que par son ha­bille­ment, comme par la jus­tesse de ses idées, par la ri­gueur de ses in­ter­ven­tions. Il y a toutes sortes de fa­çons de gé­rer son image. Nous, on pré­fère se concen­trer sur le pro­pos », a dit Pas­cal Bé­ru­bé.

– PHO­TO SI­MON CLARK/AGENCE QMI

Le pre­mier mi­nistre d uqu ébec, Fran­çois Le­gault, hier, lors de la pé­riode des ques­tions a up ar­le­ment.

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