Des mo­ments té­lé né­ces­saires

24 Heures Montreal - - Weekend - - Yan Lau­zon, Agence QMI

En 2018, Ève Lan­dry a bai­gné « dans le gros drame, le gros mal-être in­té­rieur » pour la té­lé­vi­sion en pre­nant part aux der­niers tour­nages d’uni­té 9 sur ICI Ra­dio-ca­na­da et en amor­çant ceux de la nou­velle sé­rie M’en­tends-tu ? bien­tôt en ondes à Té­lé-qué­bec.

Quoique dif­fé­rents, ses per­son­nages de la dé­te­nue Jeanne Bi­ron et de Ca­ro­lanne, une femme is­sue d’un mi­lieu pauvre, ont un point en com­mun : ils ont per­mis la créa­tion de scènes né­ces­saires au pe­tit écran, se­lon l’ac­trice.

Si Ève Lan­dry confie avoir beau­coup pleu­ré à la lec­ture du texte d’uni­té 9 qui ra­conte com­ment Jeanne va sor­tir de chez elle la pe­tite fille qu’elle a été (un évé­ne­ment qu’on pour­ra voir dans l’épi­sode du 22 jan­vier), elle dit aus­si qu’elle avait bien hâte d’ar­ri­ver à ce mo­ment clé de l’in­trigue.

« J’ai l’im­pres­sion que le pu­blic l’at­tend de­puis l’an 1. Ce que je me fais dire dans la rue, c’est “mais quand Jeanne va-telle s’ai­mer ? Quand va-t-elle com­prendre qu’elle est fine ?” Je me fais ré­pé­ter ça de­puis huit ans en boucle dans la rue, tous les jours. J’ai tel­le­ment hâte que les gens voient cette scène-là. Je pense que ça va faire du bien au pu­blic de voir que Jeanne a en­fin com­pris que c’est d’elle dont elle doit prendre soin. »

En hé­ri­tage

Après toutes les an­nées pas­sées der­rière les bar­reaux de Liet­te­vile à in­car­ner une femme qui se bat contre une vie dif­fi­cile, Ève Lan­dry veut que son per­son­nage ins­pire à re­gar­der au-de­là des ap­pa­rences.

« J’es­père avoir in­ci­té les gens à al­ler vers le monde et à ne pas se faire une idée toute conçue... Le pu­blic a ra­pi­de­ment com­pris avec Jeanne que c’était une dé­lin­quante, qu’elle avait fait de la “marde”, mais il est tom­bé ra­pi­de­ment en amour avec elle parce qu’on lui per­met­tait de voir qu’il y avait quelque chose d’autre der­rière [la fa­çade]. »

Long­temps plon­gée dans le mi­lieu car­cé­ral pour les be­soins de cette fic­tion, l’ac­trice sou­haite aus­si ar­dem­ment qu’« on n’ou­blie plus ja­mais ces femmes en pri­son ». « Ce n’est pas parce qu’on les met entre quatre murs qu’elles n’existent plus », a-t-elle dit.

« Le plus beau com­men­taire que j’ai eu en huit ans, c’est une de mes amies qui m’a dit “je pense que je vais al­ler voir ma mère en pri­son”. Ç’a été le plus beau ca­deau », a-t-elle confié.

Un autre vi­sage

L’été der­nier, Ève Lan­dry s’est éga­le­ment glis­sée dans la peau d’un nou­veau per­son­nage, ce­lui de Ca­ro­lanne, dans la co­mé­die dra­ma­tique M’en­tends-tu ? s’in­té­res­sant à trois amies pro­ve­nant d’un mi­lieu pauvre.

Aux cô­tés de Flo­rence Long­pré – ins­ti­ga­trice du pro­jet – et Mé­lis­sa Bé­dard, l’ac­trice pro­po­se­ra une dif­fé­rente fa­cette de sa per­son­na­li­té. « On est to­ta­le­ment ailleurs. On est dans un mi­lieu qu’on ne voit pas sou­vent [à la té­lé]. On est dans des per­son­nages qu’on ne voit ja­mais, à qui on ne donne ja­mais la pa­role. En­core une fois, ça me parle beau­coup. »

Ève Lan­dry est ca­té­go­rique : l’émis­sion de­vait trou­ver sa place au pe­tit écran. « Il faut qu’on voie ça au Qué­bec. C’est pri­mor­dial de par­ler de ces gens et d’al­ler vers ce genre de té­lé », a-t-elle as­su­ré.

Les dé­buts de la sé­rie M’en­tends-tu? au­ront lieu le 16 jan­vier sur les ondes de Té­lé-qué­bec.

- PHO­TO TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Ève Lan­dry in­car­ne­ra Ca­ro­lanne dans M’en­tends-tu ?

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