Mon­tréal re­pousse en­core le pro­jet

24 Heures Montreal - - La Une - DO­MI­NIQUE CAM­BRON-GOU­LET

Près de huit ans après avoir été an­non­cé, le pro­jet de f our­rière mu­ni­ci­pale fait du sur­place. La Ville de Mon­tréal vient en­cor e de re­por­ter les tra­vaux e t so nge main­te­nant à ou­vri rp lu­sieurs pe­tits centre sp lu­tôt qu’un seul pour re­cueillir les ani­maux aban­don­nés ,aa ppris notre Bu­reau d’en­quête.

Ce pro­jet de re­fuge pour chats, chiens, mais aus­si pour la faune ur­baine comme les écu­reuils, ne cesse d’être re­pous­sé.

Un centre ani­ma­lier pou­vant ac­cueillir 12 000 ani­maux a été pro­mis en 2011 par le maire de l’époque, Gé­rald Trem­blay. Il de­vait être construit au parc An­gri­gnon en 2016 et coû­ter 23 mil­lions $.

Son em­pla­ce­ment a été mo­di­fié pour le quar­tier Saint-mi­chel par l’ad­mi­nis­tra­tion de l’ex-maire De­nis Co­derre. L’ou­ver­ture était pré­vue en 2018, puis 2019.

Tou­te­fois, le ter­rain choi­si, à l’angle du bou­le­vard PIE-IX et de la 47e Rue, est si conta­mi­né que les coûts ont grim­pé à plus de 40 M$, a consta­té notre Bu­reau d’en­quête.

En juillet, la Ville a an­nu­lé l’ap­pel d’offres pour la dé­con­ta­mi­na­tion du ter­rain, qui au­rait coû­té 12,5 M$.

Ce fai­sant, le pro­jet a été re­pous­sé une fois de plus.

Dans sa der­nière pla­ni­fi­ca­tion bud­gé­taire, l’ad­mi­nis­tra­tion de Va­lé­rie Plante a pré­vu que les trois quarts des 41 M$ re­quis pour la construc­tion d’une four­rière se­raient in­ves­tis après 2021.

« Nous avons bud­gé­té 8 M$ [en 2020 et 2021] pour pour­suivre les études et trou­ver un mo­dèle d’af­faires qui va mieux cor­res­pondre aux be­soins ac­tuels, sou­tient l’at­ta­chée de presse de la mai­resse, Ge­ne­viève Ju­tras. Le nombre d’ani­maux er­rants a bais­sé dans les der­nières an­nées et il y a moins d’ani­maux en re­fuge. »

Four­rières « sa­tel­lites »

Lors­qu’il était dans l’op­po­si­tion, le par­ti de Mme Plante, Pro­jet Mon­tréal, s’était dé­jà pro­non­cé contre le pro­jet d’un re­fuge cen­tral dans le quar­tier Saint-mi­chel, le ju­geant peu ac­ces­sible.

À la place d’un seul grand re­fuge, des four­rières « sa­tel­lites » pour­raient voir le jour dans plu­sieurs ar­ron­dis­se­ments.

« Pour l’ins­tant, on éva­lue dif­fé­rents scé­na­rios et l’op­tion de dé­cen­tra­li­ser le ser­vice est re­gar­dée », af­firme Mme Ju­tras.

Tou­te­fois, se­lon les in­ves­tis­se­ments pré­vus, ce­la ne se fe­ra pas avant 2022.

Le Ber­ger Blanc, mais sur­tout la So­cié­té pour la pré­ven­tion de la cruau­té en­vers les ani­maux (SPCA), s’oc­cu­pe­ront donc des ani­maux aban­don­nés pour en­core quelques an­nées.

Pas as­sez de moyens

« On va prendre notre mal en pa­tience, sou­pire la di­rec­trice gé­né­rale de la SPCA de Mon­tréal, Élise De­saul­niers. Ce n’est pas une si­tua­tion qu’on vou­drait main­te­nir à long terme. Ce qu’on re­çoit des ar­ron­dis­se­ments ne per­met pas de cou­vrir les coûts. Si on a un taux d’euthanasie de moins de 10 % et à ne pas dé­bor­der, c’est parce qu’on a des do­na­teurs pri­vés. »

Les ar­ron­dis­se­ments paient cha­cun entre 150 000 et 200 000 $ par an pour leurs ser­vices de re­fuge.

La SPCA s’oc­cupe des bêtes aban­don­nées dans 16 des 19 ar­ron­dis­se­ments.

« Ça in­clut no­tam­ment la pa­trouille pour al­ler cher­cher les ani­maux, l’hé­ber­ge­ment des ani­maux, la sté­ri­li­sa­tion et la mise en adop­tion », spé­ci­fie Mme De­saul­niers.

En 2017, 10 400 bêtes ont été re­cueillies par l’or­ga­nisme, dont 5800 chats et 1422 chiens.

« Le plus grand nombre, ce sont des chats er­rants cap­tu­rés par des ci­toyens, que nous sté­ri­li­sons et qui sont re­lâ­chés par les ci­toyens », illustre la di­rec­trice gé­né­rale de la SPCA.

– PHO­TO D’AR­CHIVES

Plus de la moi­tié des bêtes re­cueillies par la SPCA dans la mé­tro­pole sont des chats.

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