Un Mon­tréa­lais veut pour­suivre la Ville et un po­li­cier pour pro­fi­lage

24 Heures Montreal - - Actualité - – ÉTIENNE PA­RÉ, AGENCE QMI

Un Mon­tréa­lais d’ori­gine haï­tienne veut pour­suivre la Ville de Mon­tréal pour 15 000 $, s’es­ti­mant vic­time de pro­fi­lage ra­cial de la part d’un po­li­cier qui s’est mon­tré par­ti­cu­liè­re­ment in­sis­tant à son en­droit pour une his­toire de si­gna­li­sa­tion pié­tonne.

Le 4 fé­vrier 2016, Ri­ve­li­no Bé­li­zaire, qui est agent de sé­cu­ri­té au Cé­gep Ahunt­sic, a re­çu un constat d’in­frac­tion des mains d’éric Lo­cas, un agent du Ser­vice de po­lice de la Ville de Mon­tréal (SPVM), parce qu’il n’avait pas tra­ver­sé la rue au pas­sage pié­ton. Le ton a ra­pi­de­ment mon­té entre les deux hommes parce que M. Bé­li­zaire n’avait pas ses pièces d’iden­ti­té. Lors de l’échange, l’agent Lo­cas a con­si­dé­ré que son in­ter­lo­cu­teur lui a man­qué de res­pect, à un point tel qu’il a dé­ci­dé d’en­trer dans le col­lège pour al­ler in­for­mer le pa­tron de M. Bé­li­zaire de ce qui ve­nait de se pas­ser. Il n’a pas pu le ren­con­trer cette jour­née-là, mais il a tout de même cru bon de re­ve­nir le len­de­main.

L’agent de sé­cu­ri­té dit aus­si s’être sen­ti hu­mi­lié quand le po­li­cier lui a de­man­dé à quatre re­prises d’épe­ler son nom.

« Il dé­ni­grait mon nom. On voyait qu’il se mo­quait », a-t-il pour­sui­vi hier lors d’une confé­rence de presse, aux cô­tés du mi­li­tant bien connu Fo Nie­mi, le di­rec­teur gé­né­ral du Centre de re­cherche-ac­tion sur les re­la­tions ra­ciales (CRARR).

Blâ­mé à deux re­prises

Le CRARR re­pré­sente M. Bé­li­zaire dans ce dos­sier et de­mande 15 000 $ en dom­mages mo­raux à la Ville de Mon­tréal et 3000 $ en dom­mages pu­ni­tifs à Éric Lo­cas.

Les mon­tants sont ceux re­com­man­dés par la Com­mis­sion des droits de la per­sonne et des droits de la jeu­nesse, qui ap­puie leur ver­sion des faits dans un rap­port pré­sen­té aux mé­dias.

Quant au Co­mi­té de dé­on­to­lo­gie po­li­cière, il a aus­si sé­vè­re­ment blâ­mé le po­li­cier, qui a été sus­pen­du pour douze jours ou­vrables. Ce n’est pas la pre­mière fois que le po­li­cier Éric Lo­cas est sur la sel­lette pour son com­por­te­ment. De­puis 2002, il est pas­sé pas moins de cinq fois de­vant le co­mi­té de dé­on­to­lo­gie de sa pro­fes­sion. Après avoir été sanc­tion­né pour son in­ter­ven­tion au­près de Ri­ve­li­no Bé­li­zaire, il a été de nou­veau sus­pen­du, cette fois pour 20 jours. Cette fois-ci, on lui re­pro­chait no­tam­ment d’être en­tré en contact avec une femme qui avait dé­po­sé une plainte contre lui.

Cette der­nière est d’ori­gine arabe, et la plu­part des per­sonnes avec qui il a eu des dé­mê­lés au cours de sa car­rière étaient is­sues des com­mu­nau­tés cultu­relles, se­lon Fo Nie­mi qui y voit clai­re­ment un pat­tern.

L’agence QMI a contac­té di­manche le SPVM et la Fra­ter­ni­té des po­li­ciers, en vain. Il n’a donc pas été pos­sible de sa­voir si Éric Lo­cas était tou­jours en ser­vice.

RI­VE­LI­NO BÉ­LI­ZAIRE Plai­gnant

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