Des signes de vio­lence conju­ga lep ar­fois sub­tils

24 Heures Montreal - - Actualités - MAGALIE LAPO I N T E

L’homme qui a ar­ra­ché la vie à sa femme des 10 der­nières an­nées au terme d’une dis­pute, en Mon­té­ré­gie, sa­me­di, n’était pas né­ces­sai­re­ment un homme violent phy­si­que­ment, croient des ex­pertes.

« Il y a sou­vent des signes avant-cou­reurs. Ce qui dif­fé­ren­cie un conjoint violent ou contrô­lant d’un autre homme, c’est qu’il va ten­ter de cen­trer la vic­time sur ses propres be­soins à tous les ni­veaux. Il ne se­ra pas né­ces­sai­re­ment violent phy­si­que­ment », men­tionne la co­or­don­na­trice du Re­grou­pe­ment des mai­sons pour femmes vic­times de vio­lence conju­gale, Louise Rien­deau.

Sa­me­di après-mi­di, le corps sans vie de Lin­da La­londe, 48 ans, a été trou­vé dans la mai­son blanche du couple si­tuée sur la rue Ver­ner, à Sa­la­ber­ry-de-val­ley­field.

Il s’est ren­du à la po­lice

Son ma­ri, Sté­phane Masse 38 ans, s’est dé­non­cé aux au­to­ri­tés et a été ar­rê­té. Il au­rait tué sa femme à la suite d’une chi­cane sur un « su­jet ba­nal », se­lon des sources po­li­cières.

De­puis, c’est l’in­com­pré­hen­sion dans l’en­tou­rage du couple. Se­lon des proches du li­vreur de piz­za, il était tou­jours très amou­reux de sa femme.

Pour la di­rec­trice gé­né­rale d’en­traide pour hommes, Ge­ne­viève Lan­dry, il faut sur­tout res­ter alerte aux pe­tites ha­bi­tudes du conjoint.

« Est-ce que le gars change du jour au len­de­main ? Si on se dit qu’on ne le re­con­naît pas, qu’on re­marque qu’il n’a plus d’ap­pé­tit, qu’il ne dort plus, ça peut être des signes », ex­plique Mme Lan­dry.

Di­mi­nu­tion

Tou­jours se­lon des proches du couple, la fa­mille de Lin­da La­londe est tis­sée très ser­rée.

D’après eux, il est évident que si un membre du clan avait ob­ser­vé des chan­ge­ments d’at­ti­tude chez le tren­te­naire, ils n’au­raient pas hé­si­té à en par­ler.

« Quand on est face à un conjoint ja­loux qui dé­cide com­ment on doit s’ha­biller, que ça fait de la chi­cane quand on voit nos proches, qu’on n’a plus d’amis, c’est de la vio­lence », sou­tient Louise Rien­deau.

Mal­gré les cas d’hommes im­pli­qués dans le meurtre de leur conjointe ou an­cienne amou­reuse au cours des der­nières se­maines, Ge­ne­viève Lan­dry sou­tient que le nombre d’ho­mi­cides conju­gaux ne cesse de di­mi­nuer.

Sté­phane Masse doit com­pa­raître au pa­lais de jus­tice de Sa­la­ber­ry-de-val­ley­field, au­jourd’hui.

– PHO­TO PASCAL GI­RARD/AGENCE QMI

La mai­son de Lin­da La­londe et de Sté­phane Masse, sur la rue Ver­ner à Sa­la­ber­ry-de-val­ley­field, en Mon­té­ré­gie, dans la­quelle les po­li­ciers ont re­trou­vé le corps inerte de la femme sa­me­di après-mi­di.

LIN­DA LA­LONDE Dé­cé­déé

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