Chan­ger la vi­sion de Wi­ki­pé­dia

Des uni­ver­si­taires dé­fendent la per­ti­nence de l’en­cy­clo­pé­die en ligne Wi­ki­pé­dia, sou­vent vic­time d’une mau­vaise ré­pu­ta­tion, qui se­rait plu­tôt le ré­sul­tat d’un manque de connais­sances sur son uti­li­sa­tion.

24 Heures Montreal - - Actualités - BÉA­TRICE ROY-BRU­NET bea­trice.roy-bru­net@que­be­cor­me­dia.com

« Il y a plein de gens qui l’uti­lisent, mais per­sonne ne sait vrai­ment s’en ser­vir », avance Jean-michel La­pointe, bi­blio­thé­caire de ré­fé­rence à l’uni­ver­si­té du Qué­bec à Mon­tréal (UQAM). « Quand on com­prend com­ment ça fonc­tionne pour vrai, les gens sou­vent vont vou­loir s’in­ves­tir », ajoute ce­lui qui tra­vaille au­près du corps pro­fes­so­ral pour dé­mys­ti­fier Wi­ki­pé­dia

Même son de cloche du cô­té d’am­ber Ber­son, ex­perte Wi­ki­pé­dia en ré­si­dence à l’uni­ver­si­té Con­cor­dia. « Si on est ca­pable de mieux lire Wi­ki­pé­dia, si on est plus dans une vi­sion de com­prendre les sources et d’éva­luer les sources, notre re­cherche de­vient de plus en plus forte. »

Fausses in­for­ma­tions

Wi­ki­pé­dia est une en­cy­clo­pé­die par­ti­ci­pa­tive. Comme tout le monde peut se créer un compte et con­tri­buer au conte­nu, plu­sieurs craignent la pré­sence de fausses in­for­ma­tions. « Ça peut ar­ri­ver, mais il y a plu­sieurs mé­ca­nisme s de pro­tec­tion», s ou li­gnem.lap ointe.

Des « pa­trouilles » sur­veille­ront les mo­di­fi­ca­tions ef­fec­tuées sur un ar­ticle à l’aide d’alertes, per­met­tant de dé­tec­ter les er­reurs. Lors de l’ar­ri­vée d’un nou­veau contri­bu­teur, les 50 pre­mières mo­di­fi­ca­tions ef­fec­tuées se­ront éga­le­ment scru­tées à la loupe.

Ce ne sont pas tous les contri­bu­teurs qui pour­ront mo­di­fier un ar­ticle sur un su­jet plus contro­ver­sé. Par exemple, la page dé­diée au pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump est pla­cée sous pro­tec­tion éten­due. Ain­si, seuls les uti­li­sa­teurs en­re­gis­trés de­puis un cer­tain nombre de temps et ayant ef­fec­tué un nombre suf­fi­sant de mo­di­fi­ca­tions pour­ront y ajou­ter leur grain de sel.

Les uti­li­sa­teurs ayant réa­li­sé da­van­tage de mo­di­fi­ca­tions ont d’ailleurs da­van­tage de pou­voir. « Mal­heu­reu­se­ment, ça va être plu­tôt des hommes blancs, an­glo­phones, entre 20 et 45 ans. Ça ne re­pré­sente qu’une par­tie de la so­cié­té», nuance Mme Ber­son.

Con­tri­buer

Se­lon Jean-michel La­pointe, con­tri­buer à l’en­cy­clo­pé­die per­met entre autres de dé­ve­lop­per une culture nu­mé­rique qu’on n’ap­prend pas à l’école. « En tra­vaillant dans Wi­ki­pé­dia, on dé­ve­loppe des com­pé­tences pour être cri­tique par rap­port à l’in­for­ma­tion qu’on trouve en ligne. On est des créa­teurs d’in­for­ma­tions et on com­prend qu’on ne peut pas en créer n’im­porte com­ment. »

Con­tri­buer à la pla­te­forme se­rait éga­le­ment un ex­cellent moyen d’amé­lio­rer la pré­sence de la culture qué­bé­coise en ligne. « Wi­ki­pé­dia est un lieu im­por­tant pour la vi­si­bi­li­té de la culture qué­bé­coise en ligne. Qui va par­ler de la culture qué­bé­coise si ce n’est pas nous ? »

– PHOT O BÉ ATRICE ROY-BRU­NET/24H

Jean-michel La­pointe, bi­blio­thé­caire de ré­fé­rence à L’UQAM, tra­vaille au­prè sd u corps pro­fes­so­ral pou rd émys­ti­fier l’en­cy­clo­pé­di ee n ligne Wi­ki­pé­dia.

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