Les règles de­vront être plus sé­vères

24 Heures Montreal - - Santé - – Isabelle Huot, col­la­bo­ra­tion spé­ciale

De­puis le 17 oc­tobre der­nier, soit un an après la lé­ga­li­sa­tion du can­na­bis, les pro­duits co­mes­tibles dé­ri­vés du can­na­bis sont au­to­ri­sés au Ca­na­da. Pour­tant, au­cun pro­duit ali­men­taire n’est en­core dis­po­nible sur les ta­blettes de la SQDC. Le point sur ce dos­sier contro­ver­sé. Le cas du Qué­bec

Au qué­bec, on n’ ira pas de l’ avant si­tôt. Plu­sieurs in­quié­tudes sont sou­le­vées et le mi­nistre de la san­té et des ser­vices so­ciaux, lio­nel car­mant, de­mande une ré­gle­men­ta­tion plus sé­vère. Les me­sures pré­vues par le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral étant ju­gées in­suf­fi­santes pour per­mettre au Qué­bec d’at­teindre ses ob­jec­tifs en ma­tière de san­té et de sé­cu­ri­té pu­blique.

Pour ma part, en tant que nu­tri­tion­niste, je suis éga­le­ment en fa­veur d’une ré­gle­men­ta­tion plus sé­vère. en pra­tique, tout pro­duit co­mes­tible ne se­ra donc dis­po­nible qu’à la SQDC (et non dans les su­per­mar­ché set dé­pan­neurs) seule­ment quand la lé­gis­la­tion qué­bé­coise se­ra of­fi­ciel­le­ment adop­tée.

À l’ heure ac­tuelle, la lé­gis­la­tion qué­bé­coise de­vrait pré­voir les res­tric­tions sui­vantes :

• Ne peut conte­nir plus de 10 mg de THC par em­bal­lage (5 mg pour les li­quides)

• Ne peut conte­nir plus de 5 mg de

Can­na­bis vs chanvre

Bien qu'ils soient is­sus de la meme fa­mille, le can­na­bis Sa­ti­va L, le can-na­bis (ma­ri­jua­na) se dis­tingue du chanvre agri­cole par sa te­neur en THC (té­tra­hy­dro­can­na­bi­nol), la com­po­sante psy­cho­trope aux pro­prié­tés eu­pho­ri­santes. Le plant qui pro­dui­ra de la ma­ri­jua­na contient 5 a 20% de THC, contre moins de 0,2 % pour le plant de chanvre. Ce der­nier se­ra uti­lise pour les graines (ven­dues comme telles) ain­si que l'huile et la fa­rine qui en sont is­sues. Le chanvre agri­cole a plu­sieurs pro­prié­tés nu-tri­tives : it est no­tam­ment riche en pro­téines, en fibres et en acides Bras es­sen­tiels. Les fibres (dans la tige) du chanvre ont long­temps été uti­li­sées pour faire des ve­te­ments, du pa­pier, des voiles, des pa­ra­chutes. La pre-miere bible im­pri­mée l'au­rait ete str du pa­pier de chanvre. Son uti­li­sa­tion tex­tile a de­cline Ma suite de l'ex­ploi-ta­tion du co­ton et l'ar­ri­vée des fibres syn­thé­tiques Quant au plant de can­na­bis (ma­ri­jua­na), on uti­li­se­ra les fleurs fe­melles (co­cottes) et la ré­sine, où sont concen­trées les com­po­santes psy­choac­tives.

THC par uni­té (por­tion) •Ne peut être sous forme de frian­dises, gâ­teaux, cho­co­lats ou tout autre ali­ment at­ti­rant pour les en­fants Ce der­nier point dé­plai­ra aux consom­ma­teurs, puisque lors d’un son­dage conduit par De­loitte au­près de 2000 Ca­na­diens, ceux-ci dé­mon­traient une grande pré­fé­rence pour les pro­duits su­crés de type brow­nies, ju­jubes, chocolat et ca­ra­mel. La SQDC ven­dra sans doute plu­tôt des eaux ga­zeu­se­set du thé conte­nant jus­qu’ à 5 mg DETHC.

Lé­gis­la­tion

Bien u e, com­mer­cia­li­sa­tion des pro­duits ali­men­taires li au can­na­bis doit res­pec­ter un délai de 60 jours pour vendre les pro­duits of­fi­ciel­le­ment. Toute en­tre­prise dé­ten­trice d’une li­cence de trans­for­ma­tion fé­dé­rale pour­ra donc lan­cer, dès le 16 dé­cembre, des pro­duits conte­nant du can­na­bis co­mes­tible. Se­lon un son­dage conduit par l’uni­ver­si­té Dal­hou­sie en 2017, 39 % des Ca­na­diens se­raient prêts à com­man­der une bois­son au can­na­bis ou un plat cui­si­né avec can­na­bis au res­tau­rant, et 35,9 % se­raient ou­verts à ache­ter des pro­duits co­mes­tibles conte­nant du can­na­bis.

Les ef­fets du can­na­bis co­mes­tible

L’ef­fet de la consom­ma­tion de can­na­bis co­mes­tible se ma­ni­fes­te­ra de 30 mi­nutes à 4 heures après la consom­ma­tion, et les ef­fets pour­ront se pro­lon­ger de 12 à 24 heures. Comme les ef­fets tardent à se ma­ni­fes­ter, cer­taines per­sonnes peuvent avoir ten­dance à aug­men­ter les doses, pen­sant que la dose in­gur­gi­tée n’est pas suf­fi­sante. Mieux vaut tes­ter sa to­lé­rance avec de pe­tites concen­tra­tions (2,5 mg) afin de bien éva­luer les ef­fets qui va rient si­gni­fi­ca­ti­ve­ment se­lon les per­sonnes, et même d’une consom­ma­tion à l’autre.

Un son­dage Lé­ger ef­fec­tué pour la Fon­da­tion Jean La­pointe et pu­blié le 15 oc­tobre der­nier re­late que trois pa­rents sur quatre sont in­quiets de la lé­ga­li­sa­tion du can­na­bis co­mes­tible. D’ailleurs, les cas d’hos­pi­tal sa­tion our in­toxi­ca­tion à la suite de ’in­ges­tion ac­ci­den­telle ont si­gni­fi­ca­ti­ve­ment aug­men­té de­puis la lé­ga­li­sa­tion de la drogue au pays. 93 % des pa­rents ne se sentent pas ou­tillés pour en­ga­ger un dia­logue ons­truc­tif fant­surle can­na­bis.

Par­mi les ef­fets a court terme ation de can, o note l’eu­pho­rie, l’an, if­fi­cul­té de mé­mo­ri­sa­tion et les ré­ac­tions lentes. À long terme, en consom­ma­tion quo­ti­dienne, il y a risque de dé­pen­dance, des pro­blèmes de mé­moire, de concen­tra­tion et de la dif­fi­cul­té à pen­ser et prendre des dé­ci­sions. Les pro­duits qui contiennen­t à la fois du THC et du CBD (Can­na­bi­diol) se­raient mieux to­lé­rés du fait de la na­ture re­laxante de cette der­nière com­po­sante.

Chose cer­taine, les pro­duits co­mes­tibles de can­na­bis ne dé­montrent au­cun in­té­rêt nu­tri­tion­nel. En es­pé­rant que leur ar­ri­vée sur le mar­ché n’in­dui­ra pas de hausse mar­quée de nou­veaux consom­ma­teurs ré­gu­liers.

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