Un po­li­cier de La­val com­plo­tiste

Un agent de la po­lice de La­val, qui vé­hi­cule sans gêne sur les ré­seaux so­ciaux que la pan­dé­mie n’existe pas et que les masques sont in­utiles, a été re­ti­ré de la pa­trouille jus­qu’à ce qu’une en­quête dis­ci­pli­naire soit com­plé­tée.

24 Heures Montreal - - Actualités - – ROXANE TRUDEL, AGENCE QMI

« Je l’ai sor­ti de la route de fa­çon ur­gente », as­sure Pierre Bro­chet, di­rec­teur du Ser­vice de po­lice de La­val (SPL).

De­puis mar­di soir, plu­sieurs ci­toyens ont dé­non­cé les dé­cla­ra­tions de Maxime Oui­met, un pa­trouilleur de 12 ans d’ex­pé­rience, après qu’il eut te­nu des pro­pos contro­ver­sés sur les ré­seaux so­ciaux, ac­co­lés à une pho­to de lui en uni­forme. «Je suis à 100% sur le ter­rain de­puis le dé­but de la crise et il n’y a pas de pan­dé­mie. (Je ne dis pas que [la] COVID n’existe pas.) Les hô­pi­taux sont vides. [...] Les ur­gences ne sont pas dé­bor­dées », peu­ton lire dans une de ses pu­bli­ca­tions sur Fa­ce­book.

« Mettre des masques, [on] le fait juste de­vant té­moins et pu­blic pour res­pec­ter la loi, pour don­ner l’exemple.

On s’en [fout] ben raide entre nous », pour­suit-il.

Ce­lui qui se dé­crit comme une « re­la­tion pu­blique di­plo­ma­tique entre le peuple et la po­lice » ex­plique qu’il re­fuse de re­mettre des constats concer­nant les me­sures sa­ni­taires sous pré­texte qu’il s’agit de « ma­gouilles » vi­sant à « contrô­ler et faire peur au peuple ».

Contraire au code d’éthique

Or, ces dé­cla­ra­tions ne re­flètent pas « du tout » l’état d’es­prit des po­li­ciers et sont contraires au code d’éthique, dé­nonce le SPL, qui s’est aus­si­tôt dis­so­cié des pro­pos de son em­ployé sur Fa­ce­book, mer­cre­di ma­tin. Le com­mu­ni­qué a ce­pen­dant été re­ti­ré après quelques heures en rai­son de nom­breux com­men­taires né­ga­tifs, al­lant même jus­qu’aux me­naces à l’égard du corps de po­lice.

Oui­met a ra­pi­de­ment été af­fec­té à des tâches ad­mi­nis­tra­tives, le temps d’une en­quête in­terne, ajoute M. Bro­chet.

L’en­quête dis­ci­pli­naire pour­rait me­ner jus­qu’à une des­ti­tu­tion.

« Avec son état d’es­prit, je ne pense pas que ce po­li­cier-là puisse pa­trouiller et émettre des constats d’in­frac­tion », dit-il. D’au­tant plus que ces ré­centes dé­cla­ra­tions semblent in­co­hé­rentes avec la de­mande de congé sans solde ef­fec­tuée par Oui­met il y a quelques se­maines, parce qu’il crai­gnait de don­ner le vi­rus à sa fa­mille, se­lon nos sources.

« Moi, j’ai le droit de ne pas y croire à cette fa­meuse pan­dé­mie-là, mais par contre [...] vous dites que c’est dan­ge­reux. Je vis avec des per­sonnes âgées. Si c’est tant dan­ge­reux, je de­mande un sans solde pour pro­té­ger deux per­sonnes âgées », s’es­til dé­fen­du à TVA Nou­velles.

« Il y a des gens qui meurent, d’autres qui ont des sé­quelles graves. C’est inquiétant parce que [Maxime Oui­met] a un sta­tut [qui lui ap­porte] une cer­taine cré­di­bi­li­té, et il va ral­lier des com­plo­tistes », sou­pire quant à lui le di­rec­teur du SPL.

Si plu­sieurs in­ter­nautes ont éton­nam­ment mon­tré leur ap­pui à l’agent de po­lice, d’autres ont plu­tôt fait va­loir leur désac­cord, en cor­ri­geant ses pu­bli­ca­tions ou en l’in­vi­tant à ve­nir consta­ter par lui­même l’am­pleur de la crise sur le ter­rain.

– PHO­TO ET CAP­TURE D’ÉCRAN TI­RÉES DES COMPTES FA­CE­BOOK PO­LI­CIER DU PEUPLE POUR LE PEUPLE ET MICROBEAU

Maxime Oui­met, po­li­cier de­puis une dou­zaine d’an­nées au Ser­vice de po­lice de La­val, a te­nu des pro­pos contro­ver­sés concer­nant la COVID-19 sur Fa­ce­book (en mor­taises).

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