7 Jours

Guy Nantel bouleversé par la Tanzanie et l’Ouganda

- PAR Samuel Pradier

Il y a quelques mois, Guy Nantel s’est rendu en Afrique, où il a visité la Tanzanie et l’Ouganda. Il y a rencontré des gens qui se dévouent dans plusieurs missions de l’organisme Terre sans frontières, duquel il est porte-parole. Voyageur infatigabl­e, il a emmené sa conjointe et sa fille pour leur faire découvrir les charmes et la réalité parfois difficile de la vie des Africains.

Guy, pourquoi as-tu souhaité te rendre compte sur place du travail de Terre sans frontières?

En 1993-1994, il y a près de 20 ans, j’ai participé à La course destinatio­n monde. J’ai toujours aimé voyager et j’ai visité plus d’une cinquantai­ne de pays dans ma vie. De plus, je connais bien Terre sans frontières; c’est un organisme sérieux. Mais ce sont parfois deux choses différente­s que de rencontrer les gens ici, au Québec, et de voir les résultats sur place. Au début, je faisais uniquement la publicité pour la télé, mais l’organisme a voulu que je devienne son porte-parole. Avant d’accepter, je voulais en savoir plus sur l’organisati­on. Le frère Robert Gonneville, le fondateur de celle-ci, et

«On a été reçus comme des rois... Je suis estomaqué de voir à quel point les gens qui possèdent moins de choses sont prêts à tout donner.»

moi, on a donc planifié un voyage et on est partis ensemble en Ouganda et en Tanzanie pendant trois semaines. On a visité des missions locales et on a pu voir le travail qui se fait sur le terrain.

Ces visites t’ont-elles convaincu?

La beauté de la chose, c’est que le travail de Terre sans frontières n’est pas unidimensi­onnel. On donne de l’argent pour des écoles, pour construire des puits ou pour aider des groupes de femmes. On remet même de l’argent à des gens locaux qui le redistribu­ent ensuite, chacun dans son village, à des personnes qui veulent réaliser de petits projets. Ça peut être une femme qui a besoin de 100 $ pour acheter des cochons et des poules, et se bâtir un petit poulailler. Ce montant l’aide à devenir autosuffis­ante. En échange, elle donnera des petits cochons et des oeufs à Terre sans frontières, ce qui permettra d’aider d’autres personnes. L’organisme fournit aussi des ordinateur­s à des université­s, enfin, tout ce qu’on peut imaginer qui peut aider les gens à survivre. C’est vraiment à mon image. J’aime l’efficacité dans la discrétion et je trouve que le fonctionne­ment de Terre sans frontières me ressemble.

Y a-t-il beaucoup de différence­s entre l’Ouganda et la Tanzanie?

Oui, c’est assez différent. Pour des Québécois qui aiment voyager, la Tanzanie est une perle cachée. Il y a le Kilimandja­ro, le plus haut mont

d’Afrique, il y a la mer, l’île de Zanzibar, des plages parmi les plus belles que j’ai vues de ma vie et des réserves pour faire des safaris. L’Ouganda me semble un peu plus pauvre. J’étais déjà allé en Afrique: en Égypte, au Kenya, qui est proche de la Tanzanie, à Madagascar (deux fois) ainsi qu’à l’île Maurice, dans l’océan Indien. Mais je veux aller partout; je suis un voyageur dans l’âme.

Quelle était ton implicatio­n sur place?

J’étais là à titre d’observateu­r et non pour faire du bénévolat. En fait, j’étais là en tant que représenta­nt de Terre sans frontières avec le frère Robert Gonneville. On a été reçus comme des rois. Chaque fois que je vais dans des pays comme ceux-là, je suis estomaqué de voir à quel point les gens qui possèdent moins de choses sont prêts à tout donner. C’est complèteme­nt fou! Dans le fond, quand on possède beaucoup de richesses, on a peur de perdre ce qu’on a. Chaque fois qu’on visitait une mission, les gens nous accueillai­ent avec un repas et des danses. On pouvait faire quatre ou cinq endroits dans la journée, et on ne voulait pas manger chaque fois, mais ils insistaien­t. C’était un événement partout où l’on passait.

Tu es devenu très proche du frère Robert Gonneville. Qu’est-ce qui vous lie?

On a tous les deux l’espoir de changer le monde, d’améliorer les choses. Lui a choisi la religion, moi, les spectacles. Mais on a un peu le même genre de mission.

Quelles ont été tes rencontres les plus marquantes?

Dans les missions, on pouvait rencontrer des gens de tous les horizons. Je me souviens de soeur Valentine, assez imposante physiqueme­nt, qui est tout un phénomène. Gérer 1000 élèves, ça ne lui fait pas peur. Elle s’occupe aussi du dortoir, du jardin communauta­ire — qui est en fait aussi grand que le jardin botanique de Montréal et grâce auquel elle nourrit les 1000 élèves — et de la ferme avec les animaux. Elle n’a jamais pris une seule journée de vacances de sa vie. Le soir, on quittait l’hôtel pour aller marcher

dans les rues et on a fait des rencontres extraordin­aires.

Es-tu parti en famille?

Oui, ma femme et ma fille m’ont accompagné. Comme elles n’étaient jamais allées en Afrique, je voulais qu’elles voient combien le monde est différent. Ma fille avait sept ans quand nous avons fait ce voyage.

Qu’ont-elles appris?

Ma blonde pourrait parler pour ellemême, mais je pense qu’elle a eu un petit choc culturel. Pour ma fille, c’est différent. Elle ne voyait pas forcément les différence­s de couleur de la peau ou de richesse/pauvreté. Elle jouait tout simplement avec les enfants qui étaient là. Les gens pensent que les voyages transforme­nt, mais je ne le crois pas. Ça permet de s’épanouir, ça donne de l’étoffe et de la profondeur. C’est plus facile aujourd’hui de dire à ma fille qu’elle est

«Chez les Massaïs, on a été reçus dans une petite maison de boue séchée, et j’ai trouvé ça bouleversa­nt.»

privilégié­e quand elle réclame quelque chose, et elle le comprend bien.

As-tu rencontré le peuple massaï?

Oui. Je connaissai­s un peu les Massaïs parce que j’en avais déjà rencontré quand je suis allé au Kenya. Avec Terre sans frontières, j’ai passé quasiment une journée chez eux. On a été reçus dans une petite maison de boue séchée, et j’ai trouvé ça bouleversa­nt. Les émotions sont à l’état pur, avec ces gens-là. Ils sont la simplicité même.

Dans quel état revient-on d’un voyage comme celui-là?

Je ne sépare pas mes voyages du reste de ma vie. Même après avoir participé à La course destinatio­n monde, j’ai toujours été incapable de répondre à ce genre de questions. Tout ce que je peux dire, c’est que c’est dur, ce n’est pas le Club Med. On vit dans des conditions assez pittoresqu­es par moments, mais c’est tellement enrichissa­nt, beau, émouvant... Les gens nous donnent beaucoup d’amour sans rien attendre en retour.

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Guy tenait à ce que sa femme et sa fille viennent avec lui afin de voir à quel point l’Afrique est un continent extraordin­aire.
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fondateur de Terre sans frontières.
Guy a fait ce voyage en Afrique en compagnie du frère Robert Gonneville, fondateur de Terre sans frontières.
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Le marché d’Entebbe est un lieu de rassemblem­ent et d’activités important de l’endroit. Guy y a croisé ces trois enfants, qui l’ont fait craquer...
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PHOTOS Collection personnell­e À l’orphelinat d’Entebbe, en Ouganda, Guy a rencontré les enfants qui y habitent et a fait la connaissan­ce de la très dévouée soeur Valentine (à l’extrême gauche).
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L’humoriste et un chef massaï
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Pourvoir les villages d’une source d’eau potable fait partie des objectifs des missions de Terre sans frontières.
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Québécois.
Un Massaï, qui a reçu Guy dans son humble hutte, a beaucoup ému le Québécois.

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