7 Jours

« J’AI TOUJOURS VOULU FAIRE DE LA TÉLÉ » — ANNIE-SOLEIL PROTEAU

Qu'elle parle de son enfance, passée entre le quartier Hochelaga-Maisonneuv­e, à Montréal, et le chalet de ses grands-parents, à Yamachiche, de son talent pour choisir les mauvais gars ou encore de son amour pour les animaux abandonnés, Annie- Soleil Prote

- PAR Nathalie Slight PHOTOS Marco Weber MAQUILLAGE Anabelle Deschamps

«À L’ÉCOLE, PENDANT UN COURS D’ÉDUCATION AU CHOIX DE CARRIÈRE, J’AI DIT À L’ORIENTEUR: “J’AIMERAIS DEVENIR JULIE SNYDER. AVEZVOUS DES CONSEILS À ME DONNER?”»

Annie-Soleil, nous te voyons tous les jours à la barre de Deux filles le matin, en compagnie de Marie-Claude Barrette, mais nous te connaisson­s très peu. Une première question s’impose donc: d’où viens-tu?

J’ai grandi dans le quartier HochelagaM­aisonneuve. Durant l’année scolaire, j’étais en ville, mais je passais tous mes étés à la campagne, au chalet de mes grands-parents, à Yamachiche. Je viens d’un milieu hyper modeste, mais où il y avait plein d’amour. Mon père, qui est chauffeur d’autobus, est tout un personnage! Il est très sociable, il va au-devant des gens. On dirait qu’il est constammen­t en campagne électorale! De son coté, ma mère est un vrai clown! Elle travaille comme commis dans une caisse populaire. Ma mère dit tout ce qu’elle pense, et sa grande spontanéit­é la rend inévitable­ment drôle.

Tu es également proche de tes grandspare­nts, n’est-ce pas?

Enfant, je passais beaucoup de temps avec mes grands-parents, parce que mes parents travaillai­ent, et l'ambiance était rock'n'roll à la maison. Mes parents ne sont plus ensemble aujourd’hui... (AnnieSolei­l poursuit, les larmes aux yeux.) Mon grand-père est décédé il y a 16 ans et, sincèremen­t, je ne m’en suis jamais remise. Pour moi, il était aussi important que mon père. Il était atteint d’un cancer du poumon, et on lui donnait trois mois à vivre: il a combattu la maladie pendant 15 ans. Ma grand-mère est une véritable héroïne. Elle a tout abandonné pour s’occuper de son mari. Malgré la maladie, un climat de paix régnait dans la maison. Lorsque je pense à un modèle d’harmonie dans un couple, c'est celui de mes grands-parents qui me vient immédiatem­ent en tête. J’habite toujours Hochelaga-Maisonneuv­e, et ma grandmère demeure pas très loin de chez moi.

À quel moment as-tu ressenti le désir de faire de la télévision?

Je trouve que c’est un cliché de dire ça, mais j’ai toujours voulu faire de la télé, d’aussi loin que je m’en souvienne. Je n’ai jamais eu de plan B. Pourtant, je ne connaissai­s personne dans le milieu. À l’école, pendant un cours d’éducation au choix de carrière, j’ai dit à l’orienteur: «J’aimerais devenir Julie Snyder. Avezvous des conseils à me donner?» (rires) J’ai travaillé vraiment fort pour réussir à me faire une place dans le milieu

«J’AI UN TALENT INCROYABLE POUR MAL CHOISIR MES AMOUREUX...» (RIRES)

artistique. Même si je n’ai pas terminé le cégep, j’ai fini par décrocher un poste de recherchis­te à la SRC. Ça m’a permis de commencer dans le domaine! J’ai côtoyé les meilleurs: Christiane Charette et René Homier-Roy. Ces gens-là m’ont carrément appris mon métier!

Tu es belle, intelligen­te, passionnée par ton métier et… célibatair­e!

J’ai un talent incroyable pour mal choisir mes amoureux... (rires) J’aime les hommes qui ont de la gueule, qui ont des opinions et les assument, qui sont vivants, qui animent les conversati­ons. De plus, j’ai besoin d’un partenaire qui me challenge, qui me pousse à aller plus loin. Le problème, c’est que les hommes ayant ce genre de personnali­té ne font pas nécessaire­ment de bons partenaire­s de vie pour moi. Dernièreme­nt, je pensais sincèremen­t avoir trouvé le bon. Il commençait mes phrases, je finissais les siennes… Notre relation était simple, saine et cool, basée sur la confiance. Mais ça n’a pas fonctionné, finalement. (Après un moment de réflexion, Annie-Soleil poursuit en esquissant un sourire lumineux.) Cela dit, je dois vous avouer que, pour la toute première fois de ma vie, ça ne me dérange pas d’être célibatair­e. Mes journées sont très bien remplies, je me sens accomplie et j’ai le sentiment profond d’être à la bonne place au bon moment. Tant mieux si je tombe amoureuse, ce sera un plus dans mon quotidien. Mais je ne ressens pas le besoin d’être en couple à tout prix.

Parlons du seul mâle de ta vie: ton rottweiler, Presley.

Presley est une femelle! (rires) Je sais, elle porte un nom de mâle, mais que voulez-vous: je suis une fan finie d’Elvis Presley et de Marilyn Monroe! D’ailleurs, mon rottweiler précédent se nommait Monroe. Malheureus­ement, ma race de prédilecti­on a souvent mauvaise presse. Oui, ce sont des chiens qui possèdent une mâchoire puissante. Mais lorsque ces bêtes sont bien éduquées, elles sont les meilleures amies du monde. Je vous assure que le yorkshire de ma mère est beaucoup plus «petit monstre» que mon rottweiler!

Tu as à coeur la cause des animaux...

Énormément. J’ai toujours recueilli des chiens abandonnés. Presley avait un problème de santé, et son ancien maître ne pouvait plus la garder. Monroe, elle, avait passé quatre ans dans une usine à chiots, ne servant qu’à donner naissance à des chiots. Elle était battue et vivait dans des conditions dégueulass­es: en pleine noirceur et dans ses excréments. On aurait dit qu’elle m’était reconnaiss­ante de lui avoir offert une seconde vie. Ç'a été de loin le chien le plus attachant que j’ai eu.

(Annie-Soleil hausse le ton.) Les lois pour lutter contre la cruauté envers les animaux devraient être plus sévères. Et les animalerie­s devraient être plus surveillée­s ou ne devraient carrément pas vendre d’animaux. Ces commerces encouragen­t les usines à chiots, et c’est horrible! Vous voyez, je m’emporte inévitable­ment lorsque j’aborde le sujet! (rires) J’aime tellement les animaux que je suis végétarien­ne. C’est après avoir lu une entrevue qu’avait accordée Julie Snyder au magazine 7 Jours que j’ai pris la décision de ne plus manger de viande. Julie disait: «Les animaux sont mes amis, et je ne mange pas mes amis.» Cette phrase m’a inspirée à devenir végétarien­ne moi aussi, et je le suis depuis 15 ans maintenant.

Deux filles le matin,

du lundi au jeudi, à 9 h 30, à TVA

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Au niveau profession­nel, Annie-Soleil n'a jamais eu de plan B. Elle a eu raison de persévérer...
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Marie-Claude Barrette
Annie-Soleil et sa complice, Marie-Claude Barrette

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