Alice Mo­relMi­chaud

GRAN­DIR SOUS LES PRO­JEC­TEURS

7 Jours - - Sommaire - Par Steve Mar­tin PHO­TOS: BRU­NO PETROZZA • MA­QUILLAGE-COIF­FURE: ANABELLE DES­CHAMPS

Co­mé­dienne et you­tu­beuse, cette jeune femme qui cu­mule 15 ans d’ex­pé­rience à l’écran a une ma­tu­ri­té hors du com­mun. Un trait qui lui a cer­tai­ne­ment ser­vi quand est ve­nu le temps d’abor­der la gros­sesse de Cla­ra, un per­son­nage qui au­ra mar­qué son pas­sage de l’ado­les­cence à l’âge adulte.

Alice, c’est vrai que tu vas cé­lé­brer tes 20 ans le jour de l’Hal­lo­ween?

Oui! C’était le fun quand j’étais pe­tite parce que j’al­lais cher­cher des bon­bons, mais au­jourd’hui je di­rais que c’est plu­tôt lé­gè­re­ment dé­ran­geant. Quand je veux or­ga­ni­ser quelque chose pour ma fête, il faut que ce soit des par­tys d’Hal­lo­ween, ou bien mes amis ne sont pas dis­po­nibles parce qu’ils ont des soi­rées ailleurs. C’est un peu tan­nant. (rires)

Ce pas­sage à la ving­taine ar­rive à un mo­ment sym­bo­lique pour toi. Après avoir joué les en­fants et les ados, avec la gros­sesse de Cla­ra, on peut dire que tu viens de pas­ser à des per­son­nages ré­so­lu­ment adultes.

C’est cer­tain que c’est un chan­ge­ment pour moi. C’est une des rai­sons pour les­quelles j’ai ac­cep­té de jouer dans L’heure bleue. J’ai eu le rôle à 17 ans et je trou­vais in­té­res­sante l’idée que je joue­rais peu­têtre Cla­ra jus­qu’à la ving­taine. Je me suis dit que ce se­rait une belle tran­si­tion aux yeux du pu­blic qui me voyait jusque-là comme une pe­tite fille. Si­non, en tant que co­mé­dienne, c’est cer­tain que le per­son­nage de Cla­ra m’a aus­si fait évo­luer.

Di­sons qu’on est loin de ton per­son­nage de Ka­boum!…

Oui! Et j’en suis bien contente. Je me sen­tais prête à jouer des choses comme ça, à re­le­ver ce genre de dé­fi.

Est-ce que tu sa­vais en com­men­çant les tour­nages que ton per­son­nage al­lait vivre une gros­sesse?

Pas du tout, mais j’avais l’im­pres­sion que ça al­lait ar­ri­ver. Dans une sé­rie, ce n’est pas rare qu’un per­son­nage tombe en­ceinte. Je me suis dit: «Je pense que ça va être Cla­ra!»

As-tu fait un pa­ri?

Je n’ai pas ga­gé, mais je di­sais aux gens que j’étais cer­taine que ça al­lait lui ar­ri­ver. Quand, après avoir lu les scé­na­rios, j’ai ap­pris que Cla­ra al­lait ef­fec­ti­ve­ment tom­ber en­ceinte, j’étais très contente. Je me suis dit: Yes! C’est une his­toire in­té­res­sante à ex­plo­rer. Ça im­plique beau­coup d’émo­tions…

Com­ment c’est, tour­ner avec une pro­thèse? Ça doit faire drôle, la pre­mière fois qu’on se re­garde dans le mi­roir.

«Ma mère a eu un choc quand elle m’a vue avec ma be­daine de neuf mois!»

Oui, c’était bi­zarre. C’est as­sez en­com­brant, mais ça ai­dait parce que je n’avais pas d’autre choix que de chan­ger ma dé­marche, ma fa­çon de m’as­seoir, de me le­ver. Et puis, je n’ai ja­mais été en­ceinte! Je ne sa­vais pas vrai­ment com­ment ça af­fec­tait le corps. Avec la pro­thèse, je n’avais pas le choix. Ma mère a eu un choc quand je lui ai en­voyé une pho­to. J’avais ma be­daine de neuf mois et, en plus, je por­tais une ja­quette d’hô­pi­tal. Elle m’a dit: «Ah, mon dieu, j’ai l’im­pres­sion de te voir dans quelques an­nées!»

Des jeunes femmes sont-elles ve­nues te par­ler de leur propre vé­cu de­puis que Cla­ra a dû ap­prendre à com­po­ser avec cette si­tua­tion?

Non. Pas en­core. Ce­la dit, j’ai à peine 20 ans, mais il com­mence à y avoir des filles avec qui je suis al­lée au pri­maire qui dé­cident d’avoir un en­fant. C’est sûr qu’il y a des jeunes de mon âge qui y pensent. Ce sont plus des pa­rents, des mères sur­tout, qui me disent: «J’ai une fille de ton âge. Je ne peux ima­gi­ner com­ment je ré­agi­rais!» Je pense que les pa­rents s’iden­ti­fient beau­coup à An­neSo­phie et Ber­nard, à leur dilemme. Ils veulent ai­der leur fille, mais en même temps, ils n’ap­puient pas sa dé­ci­sion, alors qu’est-ce que tu fais dans une si­tua­tion comme celle-là?

Ton père est mu­si­cien, ta mère, dan­seuse. As-tu pen­sé, à un cer­tain mo­ment, faire plu­tôt car­rière en mu­sique?

Non, ç’a tou­jours été le mé­tier de co­mé­dienne pour moi. Ma fa­mille est très ar­tis­tique, alors j’ai gran­di dans des stu­dios de danse, à ac­com­pa­gner ma mère. J’ai moi-même fait de la danse pen­dant neuf ans. Le monde de la mu­sique, pour moi, ça n’est pas in­con­nu. Je suis sou­vent al­lée voir des spec­tacles grâce à mon père. Ça m’a per­mis d’être en­tou­rée de dif­fé­rentes formes d’art. Mon pe­tit rêve, d’ailleurs, ça se­rait de jouer dans une co­mé­die mu­si­cale. Ça re­join­drait plu­sieurs choses avec les­quelles j’ai gran­di.

Tu as une soeur. C’est aus­si une ar­tiste?

Pas du tout. Elle fait des études en sciences hu­maines. Elle tra­vaille pour un or­ga­nisme de co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale.

Tu as tra­vaillé sur des émis­sions jeu­nesse, mais aus­si dans des sé­ries dra­ma­tiques. Ça t’a fait gran­dir plus vite, de cô­toyer tant d’adultes de­puis que tu as cinq ans?

Oui. Ce­la dit, j’ai vé­cu une ado­les­cence nor­male, je suis al­lée à l’école, mais au ni­veau de l’éthique de tra­vail, de la ri­gueur, ça m’a ap­pris à être à mon af­faire. C’est sûr que j’ai dé­ve­lop­pé ça très jeune. J’ad­mi­rais les gens avec qui je tra­vaillais et je vou­lais être à leur ni­veau. Quand j’avais huit ans, j’haïs­sais ça quand on me trai­tait comme une en­fant sur un pla­teau de tour­nage!

Je suis cer­tain que tu avais dé­jà du ca­rac­tère!

Oui! Je vou­lais vrai­ment être trai­tée comme tout le monde. Je me suis for­cée à être su­per sé­rieuse. J’étais pré­pa­rée, je ne fai­sais pas de crises. C’était très im­por­tant.

Tu sembles aus­si ai­mer les voyages. Tu as d’ailleurs col­la­bo­ré avec l’or­ga­nisme pour le­quel ta soeur tra­vaille.

Oui. Avec ARO Coo­pérAc­tion In­ter­Na­tio­nal, l’or­ga­nisme pour le­quel elle tra­vaille, je suis al­lée au Cos­ta Ri­ca, à Cu­ba et plus ré­cem­ment en Équa­teur. Ç’a été de si belles ex­pé­riences! J’ai eu un coup de coeur pour l’Équa­teur. J’ai dé­jà hâte d’y re­tour­ner.

Tu es aus­si très ac­tive sur les ré­seaux so­ciaux YouTube, Fa­ce­book, Twit­ter et Ins­ta­gram, où tu as d’ailleurs plus de 100 000 abon­nés et sur les­quels tu te per­mets d’abor­der des en­jeux im­por­tants.

J’ai tou­jours été très in­té­res­sée par la po­li­tique. Pour moi, c’est comme na­tu­rel d’en par­ler. Si j’avais 50 abon­nés, j’en par­le­rais quand même. Ça fait par­tie de moi. Ce­la dit, comme j’ai une pla­te­forme im­por­tante, c’est sûr que je vais plus pe­ser mes mots, choi­sir mes su­jets, ce que je pu­blie ou non… J’aime ça et les gens s’y in­té­ressent. Cer­tains pensent que les jeunes sont su­per­fi­ciels, qu’ils vont sur Ins­ta­gram pour voir des filles en bi­ki­ni. Au contraire. Chaque fois que je parle de po­li­tique, d’en­jeux, d’ac­tua­li­té, on m’écrit, on me pose des ques­tions. Les gens qui me suivent sont su­per ou­verts et ils veulent amor­cer une conver­sa­tion. C’est pour­quoi j’ai lan­cé ma chaîne YouTube. Je vou­lais faire part de mes opi­nions, par­ler de su­jets qui m’in­té­ressent. C’est ce que je fais de­puis deux ans. Et j’aime vrai­ment ça.

L’an­née der­nière, Alice s’est ren­due à Cu­ba avec l’or­ga­nisme ARO Coo­pérAc­tion In­ter­Na­tio­nal, pour le­quel tra­vaille sa soeur.

La jeune femme est en couple avec le co­mé­dien An­tho­ny Ther­rien, qu’on peut no­tam­ment voir dans L’Aca­dé­mie 2, of­ferte sur Club illi­co.

Elle te­nait le rôle d’Es­telle dans la sé­rie Nos étés. Ici aux cô­tés de Jean-Fran­çois Pi­chette.

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