Éric La­pointe

Le chan­teur Éric La­pointe l’a échap­pé belle le 29 oc­tobre en re­ve­nant de Qué­bec: il s’est en­dor­mi au vo­lant et son vé­hi­cule est sor­ti de la route. Le ro­ckeur n’avait au­cu­ne­ment bu d’al­cool. Ren­contre avec le chan­teur, qui nous ra­conte ce qui s’est pas­sé e

7 Jours - - Sommaire - PAR PA­TRICK DE­LISLE-CRE­VIER • PHO­TO: JU­LIEN FAUGÈRE

Éric, le 29 oc­tobre, tu l’as échap­pé belle à la suite d’un ac­ci­dent de la route. Qu’est-ce qui t’est ar­ri­vé?

Je re­ve­nais de Qué­bec, il était tard et je me suis en­dor­mi au vo­lant. J’ai fait une sor­tie de route. Heu­reu­se­ment, ma voi­ture a éco­pé, mais moi je m’en sors sans le moindre bleu.

As-tu eu peur d’y lais­ser ta peau?

Je n’ai sin­cè­re­ment rien vu, car je dor­mais au vo­lant. J’étais seul dans la voi­ture et je n’au­rais ja­mais dû prendre la route parce que j’étais fa­ti­gué. J’au­rais dû cou­cher à Qué­bec pour des­cendre, frais et dis­pos, le len­de­main. J’ai été chan­ceux, car ça au­rait pu être pire.

Tu es ve­nu au lan­ce­ment de ton pro­té­gé, Tra­vis Cor­mier. On sent que c’est im­por­tant pour toi d’être pré­sent...

C’est une étoile et j’ai l’im­pres­sion, dans les der­niers mois, d’avoir vu naître en­core plus cette étoile. Tra­vis, c’est un vrai, il a tout ce qu’il faut pour me­ner une grande car­rière, au­tant au Qué­bec qu’à l’échelle mon­diale. Le spec­tacle qu’il a don­né à son lan­ce­ment m’a je­té par terre. C’est une star, et bien­tôt on le ver­ra dans les plus grands stades et aré­nas de la pla­nète. Il est né pour faire ce mé­tier.

Tu as vu naître peu à peu les chan­sons de cet al­bum...

Oui, comme il ha­bi­tait chez moi, j’ai été le té­moin pri­vi­lé­gié de tout ça. Je ne par­ti­cipe pas au disque en tant que tel, mais j’ai été té­moin, à l’ar­riè­res­cène, de la nais­sance des chan­sons puis­qu’il me les fai­sait écou­ter au fur et à me­sure que ça pro­gres­sait. J’ai été té­moin de ses an­goisses, de ses re­mises en ques­tion. Tout ça, c’est nor­mal pour un ar­tiste comme lui. Tra­vis est un ar­tiste en­tier, il fait ce mé­tier pour les bonnes rai­sons et il est in­tègre comme pas un. Il a des goûts bien dé­fi­nis qui semblent par­fois ve­nir d’une autre époque et, en même temps, il y a une touche plus contem­po­raine dans tout ça. J’ai un coup de foudre pour lui, j’ai vite sen­ti le ta­lent brut et na­tu­rel de ce gars-là. Il a pris son temps pour faire ce disque, et c’est une bonne chose. Il est plus ma­ture, il a de l’ex­pé­rience et cet al­bum est ex­cellent. Il est prêt à conqué­rir le monde.

Et toi, comment va ton au­tomne?

J’ai un nou­veau clip pour mon deuxième ex­trait, Rien ne s’en­dort, qui com­mence à faire son che­min dans les ra­dios. J’aime beau­coup cette chan­son. Les spec­tacles vont su­per bien, les gens sont au ren­dez­vous et les ré­ac­tions aux nou­velles chan­sons sont su­per bonnes. J’ai aus­si les en­re­gis­tre­ments de la pro­chaine sai­son de La Voix qui com­mencent.

Tu fais les choses de fa­çon dif­fé­rente cette an­née, puisque tu pour­suis tes spec­tacles en même temps que La Voix...

Je trou­vais ça trop dif­fi­cile de mettre la scène de cô­té. Je vais faire au moins un spec­tacle par se­maine en même temps que les en­re­gis­tre­ments. J’ai dé­ci­dé ça pour ne pas perdre la main, et parce que c’est sain pour ma san­té men­tale de conti­nuer de faire de la scène. J’ai aus­si un pe­tit pro­jet se­cret qui me trotte der­rière la tête.

C’est quoi, ce pro­jet se­cret?

Je l’ai en tête de­puis quelque temps et il pour­rait vrai­ment se réa­li­ser. Je com­mence à tra­vailler des­sus pro­chai­ne­ment et il y a de grandes chances qu’au prin­temps, je pro­pose un al­bum qui au­ra pour titre La­pointe chante Az­na­vour. Je suis un grand fan et j’ai été très pei­né par sa mort. Je me consi­dère comme chan­ceux d’avoir pu le ren­con­trer. À mon sens, il est la plus grande plume de l’his­toire de la chan­son fran­çaise. Il donne une le­çon d’écri­ture à tous les au­teurs. Sans par­ler de son im­mense ta­lent de mé­lo­diste. Le seul obs­tacle pour moi est de sa­voir si je suis ca­pable de m’ap­pro­prier ses chan­sons ou pas. Je suis tel­le­ment im­pré­gné de son oeuvre que ce se­ra dif­fi­cile pour moi de sor­tir des ver­sions ori­gi­nales. Je vais quand même ten­ter ma chance.

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