CHARLES-ALEXIS «Si je ne danse pas, je meurs...»

Charles-Alexis a su se dé­mar­quer du­rant l’étape des face-à-face alors qu’il af­fron­tait Mer­ryn et Roxanne, un duo de dan­seuses contem­po­raines. Le jeune homme a lit­té­ra­le­ment mis le feu aux poudres. En­tre­vue avec ce jeune homme qui risque de faire par­ler de

7 Jours - - Actualités - PAR PA­TRICK DE­LISLE-CRE­VIER

Charles-Alexis, as-tu été sur­pris de rem­por­ter l’étape des face-à-face?

J’es­saie de ne pas avoir trop d’at­tentes, de res­ter groun­dé. J’étais confiant et je sen­tais que ça al­lait bien al­ler. Mais ce fut tout de même une belle sur­prise de ga­gner et de re­ce­voir d’aus­si bons com­men­taires. Les deux filles ont été très fortes. Ça au­rait pu être elles au­tant que moi. Ce n’était pas dans la poche.

Que re­tiens-tu de ce mo­ment?

Qu’il y a un cô­té ani­mal et com­pé­ti­tif qui res­sort dans une telle com­pé­ti­tion. Je ne suis pas ha­bi­tué à ça puisque ha­bi­tuel­le­ment, je danse en so­li­taire. Je suis un peu com­pé­ti­tif dans la vie, mais ça a al­lu­mé un feu en moi, et j’étais vrai­ment dé­ter­mi­né. C’est un beau dé­fi d’al­ler dans ces eaux-là.

Parle-moi de ton mo­ment Ré­vo­lu­tion... As-tu dû le pré­pa­rer lon­gue­ment?

Le jour des pra­tiques sans pu­blic, je me suis ren­du compte que mon mo­ment Ré­vo­lu­tion ne mar­chait pas à mon goût. J’ai donc dé­ci­dé de le chan­ger. J’ai op­té pour un saut écart et, pour en aug­men­ter l’ef­fet, j’ai dé­ci­dé d’uti­li­ser mon bas­sin.

Pour­quoi avoir dé­ci­dé de faire Ré­vo­lu­tion?

Ça s’est dé­ci­dé sur un coup de tête. Au dé­but, j’ai im­pro­vi­sé quelque chose à l’au­di­tion. Je pro­viens d’un uni­vers plus contem­po­rain, et c’est une nou­veau­té pour moi de faire un concours et en­core plus qu’il soit té­lé­vi­sé. Mais ça donne une belle vi­si­bi­li­té et c’est le fun d’ex­plo­rer ça!

Comment te dé­cri­rais-tu en tant que dan­seur?

Je suis de na­ture très so­liste. Je suis aus­si à la fois très ex­plo­sif et re­lâ­ché. Je suis cor­ky, un ani­mal avec un pe­tit cô­té weird. J’aime ce genre d’es­thé- tisme qui donne l’illu­sion que mon corps bouge tout seul. Je suis aus­si un dan­seur in­ves­ti et in­tense.

À l’âge de 20 ans, tu as tout quit­té pour al­ler suivre une for­ma­tion à New York. Que re­tiens-tu de cette ex­pé­rience?

J’avais es­sayé quelques trucs au Qué­bec, mais je n’étais pas aus­si bon et je vou­lais al­ler suivre une for­ma­tion. J’avais aus­si be­soin de m’en al­ler seul avec mon sac à dos. Ce fut un tour­nant pour moi dans ma car­rière. Ça m’a don­né de l’as­su­rance, et ce­la m’a per­mis d’ob­te­nir une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle. New York est une ville folle, il s’y passe beau­coup de choses, c’est magique d’être là, mais c’est bien aus­si de pou­voir s’en éloi­gner un peu après un cer­tain temps.

Pour­quoi es-tu re­ve­nu au Qué­bec?

Je n’avais pas de vi­sa de tra­vail et j’avais aus­si épui­sé mes éco­no­mies. J’avais aus­si en­vie de re­ve­nir et de re­cons­truire quelque chose chez nous. En­suite, je suis al­lé deux ans à To­ron­to. Je suis re­ve­nu à Qué­bec où j’ai tra­vaillé pour un spec­tacle du Cirque du Soleil et, fi­na­le­ment, je me suis ins­tal­lé à Mon­tréal. À tra­vers ça, j’ai été en Asie et j’ai dan­sé en Inde.

De quoi es-tu le plus fier dans ton par­cours?

Je te di­rais que c’est d’avoir réus­si à me frayer un che­min en tant qu’au­to­di­dacte et d’ar­ri­ver à être pro­fes­sion­nel sans suivre la ligne tra­cée par une école. J’ai aus­si pré­sen­té un spec­tacle de mon cru l’été der­nier. Pour moi, c’est un bel ac­com­plis­se­ment.

Tu pro­viens d’une fa­mille de dan­seurs, qu’est-ce qui t’a ame­né à pour­suivre dans la danse?

Ma soeur en­seigne de­puis qu’elle est ado et, à un mo­ment don­né, j’ai sui­vi un de ses cours, vers l’âge de 17 ou 18 ans. Ç’a été une ré­vé­la­tion pour moi. Je dis sou­vent que si je ne danse pas, je meurs; ça fait par­tie de ma vie et c’est an­cré en moi. C’est l’air que je res­pire. Dans notre fa­mille, c’est dans nos veines puisque mon frère est aus­si dan­seur, mais dans le style po­pu­laire.

As-tu dé­jà son­gé à faire autre chose?

Ja­mais ça ne m’a trot­té dans la tête de faire autre chose. Mais j’ai des plans pour le fu­tur; je sais bien qu’avec la danse il y a par­fois une date de pé­remp­tion. J’ai­me­rais faire du bo­dy work, je m’in­té­resse aus­si à l’art du mas­sage, à la re­la­tion d’aide. Je me ver­rais ex­plo­rer l’os­téo­pa­thie et la mas­so­thé­ra­pie.

Tu as une grande dis­ci­pline de vie,

«Je suis fier d’avoir réus­si à me frayer un che­min sans suivre la ligne tra­cée par une école.»

tu ne prends ja­mais d’al­cool et tu es vé­gane. Est-ce dif­fi­cile pour toi, un tel ré­gime?

La viande ne me manque pas, et ce n’est pas du tout dif­fi­cile. J’ai dé­ci­dé il y a sept ans de ne plus man­ger de viande par éthique. Pour l’al­cool, il m’ar­rive de boire un peu, par­fois. Mais je ne me sens pas bien le len­de­main, alors, ça ra­len­tit mes élans.

Ar­rives-tu à bien ga­gner ta vie avec la danse?

J’en­seigne la danse, je danse et je suis aus­si cho­ré­graphe. Donc, en com­bi­nant tout ça, je m’en sors bien.

Si tu gagnes Ré­vo­lu­tion, que fe­ras-tu avec les 100 000 $?

J’ai­me­rais don­ner au sui­vant; je ne suis pas le genre de gars à mettre ça sur un condo. J’ai­me­rais créer ma com­pa­gnie, trou­ver un lo­cal avec pi­gnon sur rue et en­sei­gner la danse. Il y a une vo­lon­té très com­mu­nau­taire der­rière tout ça.

«J’aime ce genre d’es­thé­tisme qui donne l’illu­sion que mon corps bouge tout seul.»

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