Jean-Ma­rie La­pointe

«3 choses que j’ai ap­prises...»

7 Jours - - Être Bien Avec Julie Bélanger -

À une époque où on mise beau­coup sur l’image, sur le pa­raître, quel­qu’un comme Jean-Ma­rie La­pointe fait du bien: re­ve­nir au vrai, à l’es­sen­tiel, à l’ac­cep­ta­tion de soi et des autres. On sent tout le tra­vail que ce gars-là a fait sur lui et on ne peut que s’ins­pi­rer de son par­cours et de sa fa­çon d’en­trer en contact avec les autres.

1 # LES GENS SONT FON­DA­MEN­TA­LE­MENT BONS

Je crois que les gens sont fon­da­men­ta­le­ment bons dans le fond de leur âme. Pour moi, c’est même de­ve­nu une croyance, une foi. J’ai ap­pris avec le temps que les gens sont bons, même lorsque leurs com­por­te­ments sont moins bons. Sou­vent, je me rends compte que si je gratte un peu, dans le fond, la per­sonne est fine, mais elle ne sait peut-être juste pas qu’elle est une bonne per­sonne. Elle est peut-être mal­adroite, ou bles­sée, ou son ego est peut-être sim­ple­ment dé­me­su­ré. J’ai ap­pris ça avec le temps, dans ma vie, que les gens sont bons. Mal­gré nos com­por­te­ments et nos bles­sures, nous sommes des êtres fon­da­men­ta­le­ment bons. Par exemple, en fai­sant Face à la rue avec les gens de la rue, j’ai été té­moin de gestes d’une très grande bon­té. Oui, il y a beau­coup de gens qui souffrent de ma­la­die men­tale, de dé­pen­dances, etc., mais mal­gré l’in­con­fort de leur vie, mal­gré la pré­ca­ri­té, les gens conti­nuent de par­ta­ger et sont so­li­daires. Et de croire en la bon­té des gens, ça fait de moi un homme qui est beau­coup moins dans la mé­fiance, ça fait de moi un homme plus libre, un homme qui n’est pas di­ri­gé par la peur.

2 LA PEUR N’EST # PAS UN BON MO­TEUR DANS LA VIE

La peur n’est pas un bon mo­teur dans la vie. Les suc­cès se rem­portent mal­gré la peur, pas grâce à elle. Si tu veux être heu­reux dans la vie, tu ne peux pas faire de la peur ton mo­teur. On n’est plus à l’époque pré­his­to­rique où un mam­mouth pou­vait nous cou­rir après. À cette époque-là, la peur exis­tait pour nous ai­der à fuir ou nous battre. Mais main­te­nant, la peur, pour moi, c’est une créa­tion de l’es­prit. La grande ma­jo­ri­té de nos peurs sont celles que nous nous créons nous-mêmes, ce sont des pièges de l’es­prit: peur de man­quer d’ar­gent, peur d’être aban­don­né, peur de perdre sa job, son char, son per­mis de conduire, peur que notre en­fant tombe ma­lade, peur de mou­rir. Toutes ces peurs, c’est nous qui nous les créons et c’est nous qui nous nous les in­fli­geons. Les peurs peuvent nous conduire jus­qu’à la dé­pres­sion ou au burn-out. Ce n’est pas un bon mo­teur pour nous dans la vie.

3 # RIEN N’AR­RIVE JA­MAIS POUR RIEN DANS LA VIE

La foi, c’est de croire à la lu­mière, même quand on ne la voit plus, quand on est dans le tun­nel, dans la noir­ceur to­tale. Dans les pé­riodes de troubles, d’in­cer­ti­tudes, de stress, d’an­goisses, dans les mo­ments où on se de­mande ce qui va nous ar­ri­ver, c’est un peu comme le pas­sage de la che­nille au pa­pillon. On vit une tran­si­tion. Et de pas­ser de la che­nille au pa­pillon, ça se fait dans un cer­tain in­con­fort. Même chose avec le ho­mard qui doit, à un mo­ment don­né dans son exis­tence, se li­bé­rer de sa ca­ra­pace parce qu’elle est trop ser­rée et qu’il y vit à l’étroit. Se li­bé­rer de sa ca­ra­pace, c’est un acte de foi, parce qu’une fois qu’il n’a plus de ca­ra­pace, le ho­mard de­vient ex­trê­me­ment vul­né­rable, il doit donc se ca­cher, se mettre à l’abri pour ne pas que les pré­da­teurs le mangent. Et en at­ten­dant que la nou­velle ca­ra­pace se re­forme, le ho­mard doit faire un acte de foi, il n’a pas le choix s’il veut gran­dir et évo­luer. C’est la même chose qui nous ar­rive, à nous les êtres hu­mains, quand on vit des tran­si­tions. Les tran­si­tions, ça fait peur, c’est in­con­for­table, mais on doit faire ce saut-là parce que si on ne le fait pas, on va mou­rir à pe­tit feu. Il y a quelque chose de plus grand qui nous at­tend et on doit sau­ter dans le vide et nous li­bé­rer de nos peurs, qui sont nos ca­ra­paces pour gran­dir. Et c’est quand on re­trouve une nou­velle vie, un nou­vel équi­libre, qu’on com­prend qu’on de­vait pas­ser par cette étape-là, cette étape de tran­si­tion in­con­for­table. Moi, par exemple, j’ai vé­cu des an­nées dif­fi­ciles sur les plans pro­fes­sion­nel et fi­nan­cier, mais, main­te­nant, je com­prends pour­quoi j’ai vé­cu ça. Parce qu’au­jourd’hui je ne pour­rais ja­mais tendre la main à un gars dans la rue si je n’avais pas moi aus­si res­sen­ti et vé­cu le vide, la dé­pen­dance, les idées noires, la so­li­tude. C’est par mes ex­pé­riences pas­sées dif­fi­ciles que je peux moi aus­si ser­vir l’autre. La vie m’a donc ap­pris que rien n’ar­rive pour rien.

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