Éric Ber­nier

De re­tour au théâtre dans Le Mys­tère d’Ir­ma Vep ERIC BER­NIER

7 Jours - - Sommaire - PAR MI­CHÈLE LE­MIEUX

Cet au­tomne, l’ac­teur a re­pris sa ky­rielle de per­son­nages dans Le mys­tère d’Ir­ma Vep, une pièce qui avait connu un suc­cès phé­no­mé­nal lors de sa créa­tion il y a 15 ans. Compte te­nu de sa ren­trée par­ti­cu­liè­re­ment char­gée, l’ac­teur n’a né­gli­gé au­cun ef­fort pour être au som­met de sa forme dans tous ses pro­jets.

«Cette pro­duc­tion a été un mo­ment im­por­tant dans ma vie. Je n’ai ja­mais vé­cu un tel plai­sir avec le pu­blic.»

Éric, vous avez plu­sieurs pro­jets pro­fes­sion­nels au pro­gramme. À quoi a res­sem­blé votre au­tomne? J’ai vé­cu une grosse ren­trée.

Pour la pre­mière fois de ma vie, en une seule se­maine, j’ai par­ti­ci­pé à quatre pro­jets dif­fé­rents. J’ai tour­né un court-mé­trage qui se­ra com­plé­té en dé­cembre, M. Cash­mire, et le len­de­main, j’ai tour­né la troi­sième sai­son de Lâ­cher prise. Je suis donc pas­sé d’un ex­plo­ra­teur à un ani­ma­teur de té­lé pré­ten­tieux et cen­tré sur lui. La troi­sième jour­née, j’ai en­chaî­né avec les tour­nages de la sé­rie Mme Le­brun et, la qua­trième, avec des ré­pé­ti­tions pour la pièce

Le mys­tère d’Ir­ma Vep. Tout ça dans la même se­maine! C’était très agréable, mais il fal­lait que je me pré­pare bien. C’est ça, notre mé­tier: par­fois, tout ar­rive en même temps et, à d’autres pé­riodes, c’est plus tran­quille. Tout mon été a ser­vi à me pré­pa­rer à la ren­trée. Ç’a été une pé­riode tran­quille, mais avec beau­coup de mé­mo­ri­sa­tion à faire.

Avez-vous tra­ver­sé des mo­ments de stress en son­geant à ce qui vous at­ten­dait?

C’est une ques­tion de dis­ci­pline. Le fait d’être bien pré­pa­ré à l’ar­ri­vée sur le pla­teau en­lève l’an­goisse. C’est une belle gym­nas­tique pour un ac­teur: pas­ser de Mme Le­brun à Lâ­cher prise, c’est deux mondes! Je suis très heu­reux de pou­voir le faire.

Étiez-vous en­thou­siaste à l’idée de re­prendre Ir­ma Vep?

Oui, et 15 ans plus tard, nous tra­vaillons avec la même équipe. Tout le monde te­nait à faire ce show. Cette pro­duc­tion a été un mo­ment im­por­tant dans notre vie. Je n’ai ja­mais vé­cu un tel plai­sir avec le pu­blic. Lors de la pre­mière, plu­sieurs billets avaient été don­nés, car le spec­tacle ne se ven­dait pas beau­coup. La se­maine sui­vante, il y avait des files à la porte: il avait fal­lu ou­vrir des places aux bal­cons! Cer­tains re­ve­naient voir la pièce le len­de­main. Ç’a été un réel suc­cès. Le texte a été adap­té pour le Qué­bec: il y a des ré­fé­rences à des gens d’ici que le pu­blic re­con­naît. La base est sé­rieuse, dra­ma­tique, an­gois­sante, avec énor­mé­ment de mo­ments de fo­lie. C’est une pièce sur la trans­for­ma­tion: il y a des loups-ga­rous, des vam­pires, comme une part d’ombre que les gens es­saient de ca­cher. La pièce porte aus­si sur l’ac­cep­ta­tion de soi. Un en­fant qui a vu la pièce a tel­le­ment ri qu’à la fin il a dit: «C’est trop pour un corps d’en­fant…» C’est une pièce unique. D’ailleurs, je me suis en­traî­né trois mois pour bien m’y pré­pa­rer.

Et pour­quoi donc?

C’est un vé­ri­table tour de force, parce que c’est un spec­tacle dif­fi­cile: nous cou­rons sans ar­rêt pen­dant deux heures. Serge et moi sommes très ri­gou­reux. Nous avons une chi­mie unique sur scène. Pour la pièce, je me suis mis à écou­ter RuPaul’s Drag Race et je suis de­ve­nu com­plè­te­ment ob­sé­dé! La sé­rie se dé­cline sur 10 sai­sons. Il y a quelque chose d’in­té­res­sant dans le fait de vou­loir faire ac­cep­ter ce phé­no­mène par la so­cié­té. Ça me fait du bien. Ça m’ins­pire pour le show.

De quelle fa­çon vous êtes-vous pré­pa­ré?

Je me suis en­traî­né tout l’été. J’ai un cha­let; j’y al­lais, je me bai­gnais, j’ap­pre­nais des textes... Je me suis pré­pa­ré à mon au­tomne comme un ath­lète: j’ai consul­té des na­tu­ro­pathes et j’ai ar­rê­té l’al­cool du­rant cette pé­riode. Je me ré­veillais frais et dis­pos le ma­tin, prêt à al­ler m’en­traî­ner. Je suis ri­gou­reux, je ne fais pas les choses à moi­tié. Je me suis ache­té un pu­ri­fi­ca­teur d’air pour contrer les grandes al­ler­gies dont je souffre. Je l’ai ins­tal­lé dans ma chambre. Je pen­sais m’être fait avoir lorsque je l’ai ache­té, mais, dès le len­de­main, j’ai consta­té que ma vie avait com­plè­te­ment chan­gé. De­puis, je res­pire mieux et je dors mieux. Cette ges­tion de ma san­té, c’était pour être le plus libre et le plus per­for­mant pos­sible dans mes pro­jets. Lâ­cher prise, de re­tour à l’hi­ver, à Ra­dio-Ca­na­da.

La qua­trième sai­son de Mme Le­brun se­ra pré­sen­tée au cours de 2019, à Su­per Écran.

Éric, dans la peau de la do­mes­tique Jane.

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