Ka­rine Gon­thierHynd­man

C’est avec grand bon­heur que l’on re­trouve la co­mé­dienne Ka­rine Gon­thier-Hynd­man dans la nou­velle sé­rie Les in­vi­sibles, dif­fu­sée à TVA. Un autre beau pro­jet qui s’est pré­sen­té à celle qu’on peut aus­si voir dans O’ et Like-moi!.

7 Jours - - Sommaire - Par Da­niel Dai­gneault

Ka­rine, par­lez-moi du tour­nage de la sé­rie Les in­vi­sibles...

Après 104 jours de tour­nage, on a ter­mi­né tous les épi­sodes de la pre­mière sai­son, en no­vembre der­nier. J’ai vu les quatre pre­miers épi­sodes et c’est fran­che­ment bien. Il y a deux grandes forces dans ce pro­jet: l’écri­ture de Ca­the­rine Lé­ger, qui a bien adap­té la sé­rie pour le Qué­bec, et Alexis Du­rand-Brault, qui a fait un su­per tra­vail à la fois comme di­rec­teur pho­to et comme réa­li­sa­teur. Je suis pas mal fière de ce qu’on a fait, je pense que ça va plaire aux gens.

Votre per­son­nage d'Alexan­dra, dans Les in­vi­sibles, a-t-il des points com­muns avec vos autres per­son­nages?

C’est sûr qu’on ne me de­mande ja­mais de jouer les jeunes pre­mières, on m’offre gé­né­ra­le­ment des rôles de femmes fortes, qui sont soit un peu cy­niques ou né­vro­sées. Mais avec le per­son­nage d’Alexan­dra, j’ai es­sayé de faire quelque chose de dif­fé­rent de ce que j'ai fait dans Les Si­mone, par exemple. Alexan­dra est une femme qui a des quêtes com­plè­te­ment dif­fé­rentes de ce que j’ai fait avant. C’est

la pre­mière fois que j’in­ter­prète un per­son­nage qui est dans une quête vrai­ment in­di­vi­duelle. C’est une wor­ka­ho­lic, un peu mésa­dap­tée so­ciale, qui n’a pas beau­coup de dons en amour. C’était in­té­res­sant pour moi de bai­gner dans cet uni­vers-là.

Alexan­dra est-elle une ar­tiste man­quée qui se réa­lise par l’en­tre­mise des clients de l’agence?

Non, pas du tout. Elle n’a pas la fibre pour être une ar­tiste, mais plu­tôt celle d’une agente, d’une ven­deuse. C’est une femme d’af­faires. Elle com­prend très bien le monde des arts et les ar­tistes.

Vous avez sou­vent ex­pri­mé vos craintes de ne pas tra­vailler suf­fi­sam­ment. Com­ment vi­vez-vous main­te­nant avec cette re­con­nais­sance du grand pu­blic et des gens du mi­lieu?

Ça ne change pas grand-chose dans une vie, si­non que je tra­vaille plus. Pour moi, la re­con­nais­sance des pairs est im­por­tante parce qu’on est cri­tique entre nous. Et quand tu sens que les gens de ton mi­lieu aiment ce que tu fais, c’est sûr que c’est gri­sant et ré­con­for­tant. J’ai beau­coup tra­vaillé au cours de la der­nière an­née, je ne suis pas beau­coup sor­tie et je n’ai pas l’im­pres­sion que ma vie a chan­gé dras­ti­que­ment. Je ne suis pas Pas­cale Bus­sières non plus, alors quand je marche dans la rue, il n’y a per­sonne qui se rue sur moi pour me de­man­der mon au­to­graphe. (rires)

On vous a vue dans plu­sieurs émis­sions de té­lé­vi­sion (Like-moi!, Les Si­mone, O’) au cours de la der­nière an­née. Avez-vous par­fois peur que tout s’ar­rête et que la roue tourne?

Je pense que c’est un dan­ger qui nous guette tout le temps, mais c’est en même temps un mo­teur pour se re­nou­ve­ler dans le tra­vail et faire les choses au­tre­ment. J’ai en­core cette crainte et je vais tou­jours l’avoir, parce que mon corps est comme mar­qué par les an­nées où je n’ai pas tra­vaillé.

Quel bi­lan faites-vous de votre an­née 2018, qui a été fort char­gée?

Je constate que je suis ca­pable d’at­ta­quer plu­sieurs pro­jets de front. J’ai aus­si ap­pris à me connaître dans le mi­lieu du tra­vail et je sais que j’ai les épaules pour me­ner plu­sieurs pro­jets en même temps. Ça de­mande beau­coup de dis­ci­pline, et je dois dire que ce rythme-là me plaît vrai­ment. J’adore ça, en fait. C’est pro­ba­ble­ment pour ça que j’ai tou­jours un peu peur que ça s’ar­rête...

2019 s’an­nonce-t-elle aus­si char­gée?

Non, j’ai du temps, pour qui veut bien l’en­tendre!

Avec toutes les émis­sions sur les­quelles vous avez tra­vaillé, avez-vous eu le temps de nouer des ami­tiés?

C’est la por­tion que je trouve dif­fi­cile, soit d’en­tre­te­nir les liens avec mes amis que j’aime beau­coup, mais avec qui je ne tra­vaille pas. Ap­pro­fon­dir les liens avec les gens avec qui on tra­vaille, c’est fa­cile, parce qu’on passe beau­coup de temps en­semble. Mais, je trouve que je né­glige un pe­tit peu mes vrais bons amis de longue date et j’ai l’in­ten­tion de me rat­tra­per quand je vais être en congé. Je compte écrire in­di­vi­duel­le­ment à toutes mes co­pines que j’adore et que je n’ai pas eu le temps de voir.

Êtes-vous du genre à mul­ti­plier les rêves et à voir grand?

Mon Dieu, oui! J’ai­me­rais faire plus de ci­né­ma, tra­vailler à l’étran­ger et, par­fois, je me de­mande si je ne de­vrais pas al­ler voir ce qui se passe en France,

«Je rêve qu’on me confie un rôle qui va me de­man­der de chan­ger quelque chose phy­si­que­ment ou dans ma fa­çon de par­ler»

même si je veux conti­nuer à tra­vailler au Qué­bec et que j’adore ce qu’on fait ici. Je me dis aus­si que je de­vrais per­fec­tion­ner mon an­glais, parce qu’on a quand même de beaux pro­jets an­glo­phones, au Ca­na­da. J’ai aus­si en­vie de jouer des rôles qui consti­tue­raient des dé­fis. Je rêve qu’on me confie un rôle qui va me de­man­der de chan­ger quelque chose phy­si­que­ment ou dans ma fa­çon de par­ler, qui va me de­man­der une pré­pa­ra­tion en amont ou en­core d’ap­prendre un ins­tru­ment de mu­sique, la danse... Je rêve en fait d’avoir un vrai de vrai dé­fi phy­sique, n’im­porte quoi qui sort des sen­tiers bat­tus. Même tour­ner à l’étran­ger dans des condi­tions dif­fi­ciles. Je pense qu’il est bon pour un ar­tiste de sor­tir de sa zone de confort, et le dan­ger, quand on fait des rôles qui peuvent se res­sem­bler, est de tou­jours re­tour­ner dans ce que l’on connaît, dans nos forces. Ça prend un autre genre d’écri­ture, un autre for­mat, une autre réa­li­sa­tion pour al­ler ailleurs.

On a ap­pris ré­cem­ment que vous vous étiez re­mise à la plon­gée pour par­ti­ci­per à l’émis­sion Les flots, avec Pierre-Yves Lord…

Oui, j’avais fait un cours de plon­gée il y a en­vi­ron 12 ans et je n’avais pas re­plon­gé de­puis. Je suis donc al­lée à Ta­hi­ti, en dé­cembre, pour le tour­nage de cette émis­sion. C’est chouette!

Vous par­ta­gez éga­le­ment une pas­sion pour la ré­no­va­tion avec votre com­pa­gnon de vie, n’est-ce pas?

Oui, la mai­son est ar­ri­vée à terme en dé­cembre. Ç’a été un gros pro­jet dans ma vie, qui a pris presque tout mon temps libre au cours de la der­nière an­née. C’est un pro­jet qu’on a fait avec des amis, qui sont ar­chi­tectes, et l’idée était vrai­ment d’ha­bi­ter cette mai­son. Cet hi­ver, il y a quand même trois bons mois où je n’ai rien, alors s’il n’y a pas de tra­vail qui se pré­sente, je songe à par­tir en voyage, à faire quelque chose pour moi.

Quels sont les en­droits que vous rê­vez de vi­si­ter?

Il y en a plein! Je veux al­ler en Grèce et je suis dé­jà al­lée en Ita­lie, mais je veux y re­tour­ner, car je veux faire le tour de ce pays. Je veux aus­si al­ler au Pa­kis­tan, en Inde, et je veux ab­so­lu­ment vi­si­ter le Ja­pon et la Chine.

On a sou­vent l’im­pres­sion, sans doute en rai­son de vos rôles, que vous êtes une femme sé­rieuse, in­tense et très ré­flé­chie. Je me trompe?

Je pense que je suis une per­sonne as­sez terre à terre et sé­rieuse, si­non je ne tra­vaille­rais pas au­tant. Mais oui, je suis aus­si ta­quine (c’est Flo­rence Long­pré, qui était avec elle lors de l’en­tre­vue, qui a re­le­vé ce trait de ca­rac­tère de son amie), et je suis une ri­go­leuse dans la vie. Je suis un pe­tit clown, plus que quel­qu’un de sé­rieux. Mais c’est vrai que je ne me fais pas tel­le­ment ap­pro­cher par les gens. Si je marche dans la rue avec Guillaume Lam­bert, par exemple, c’est as­su­ré­ment lui qui va se faire abor­der avant moi. Peu­têtre parce que je suis grande, je ne sais pas! Les gens ont peut-être l’im­pres­sion que je suis sé­vère, que je suis snob, mais je ne le suis pas.

Et quand vous vou­lez lâ­cher votre fou, quelle est la meilleure op­tion?

Je di­rais que c’est de par­tir en voyage. On peut lâ­cher prise sur tout, man­ger au res­tau­rant, sor­tir, faire du ba­teau. J’aime aus­si par­tir en week-end entre amis, dans un cha­let, faire des grosses bouffes avec les gens que j’aime. Le sport est aus­si bé­né­fique, je fais mon yo­ga de­puis tou­jours. Ça me fait du bien, ça me per­met de dé­cro­cher un pe­tit peu.

Les in­vi­sibles, lun­di 21 h, à TVA. O', mar­di 20 h, à TVA.

La qua­trième sai­son de Like-moi!, une sé­rie ori­gi­nale de Té­lé-Qué­bec, se­ra of­ferte en pri­meur sur Club illi­co cet hi­ver.

Ka­rine Gon­thier-Hynd­man in­carne Alexan­dra, une wor­ka­ho­lic un peu mésa­dap­tée so­ciale, dans la toute nou­velle sé­rie Les in­vi­sibles.

La qua­trième sai­son de Li­ke­moi! se­ra of­ferte dès cet hi­ver. Son fa­bu­leux rôle d’Éli­za­beth La­pierre (Les Si­mone) en a fait rire plus d’un. La co­mé­dienne dans le rôle de Mé­la­nie Cham­bord, dans O’.

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