7 Jours

- Entertainment · Arts · Movies · Montreal · Vancouver · Dr. House · Europe

Théo­dore, quel sou­ve­nir gardes-tu du tour­nage de Sou­ter­rain?

Le pre­mier sou­ve­nir qui me vient est l’image de ma pre­mière jour­née à Val-d’Or, une ville que je dé­cou­vrais pour la pre­mière fois. C’était aus­si un plai­sir de re­trou­ver la réa­li­sa­trice So­phie Du­puis, avec qui j’avais tour­né sur Chien de garde. J’aime la voir à l’oeuvre. Elle ir­ra­die un tel bon­heur et un tel amour pour le monde avec qui elle tra­vaille que c’est une grande joie de jouer sous sa di­rec­tion.

Ton per­son­nage dans ce film re­pré­sen­tait-il un dé­fi d’ac­teur?

Ç’a été sin­gu­lier, parce que So­phie vou­lait que mon per­son­nage ait une dif­fi­cul­té lan­ga­gière et un han­di­cap phy­sique, des sé­quelles d’un ac­ci­dent dont il a été vic­time. Mais on ne sa­vait pas exac­te­ment quel han­di­cap pou­vait fonc­tion­ner avec le type d’ac­ci­dent qu’il avait eu. On a donc ren­con­tré des or­tho­pho­nistes et des phy­sio­thé­ra­peutes pour es­sayer de le dé­ter­mi­ner. Une fois que ç’a été fait, je suis al­lé ren­con­trer des gens au Théâtre Apha­sique de Mon­tréal, un or­ga­nisme qui aide les gens apha­siques, et ça m’a beau­coup ai­dé à construire mon per­son­nage.

À quoi ont res­sem­blé tes der­niers mois?

J’étais ici, à Mon­tréal. Je suis ex­trê­me­ment pri­vi­lé­gié parce que je n’ai pas per­du de tra­vail. Je ne tra­vaille pas pré­sen­te­ment, mais mes pro­jets ont sim­ple­ment été re­por­tés. J’ai pas­sé mon temps à man­ger, à lire et à re­gar­der des sé­ries té­lé! J’ai aus­si pas­sé du temps à m’édu­quer sur le site de l’école en ligne Khan Aca­de­my. J’ai aus­si en­re­gis­tré une pièce au­dio pour le TNM; ça a fait du bien de tra­vailler un peu et de faire quelque chose de concret. Quand on a été dé­con­fi­nés, je me suis ren­du à Van­cou­ver pour ter­mi­ner le tour­nage du film There’s So­meone In­side Your House, un film d’hor­reur ba­sé sur le ro­man du même titre de Ste­pha­nie Per­kins. Ce

qui est in­té­res­sant, avec mon per­son­nage, c’est qu’on ne sait pas trop qui il est. Il re­pré­sente à la fois le dan­ger et la ro­mance dans l’his­toire. J’ai eu beau­coup de plai­sir à tour­ner ce film-là.

Tu tournes beau­coup en an­glais. Est-ce dif­fé­rent que de jouer en fran­çais?

Non, plus main­te­nant, mais c’est cer­tain que ça me fait tou­jours du bien de jouer en fran­çais et de tra­vailler ici, à la mai­son. C’est vrai­ment un plai­sir. Mais il y a aus­si quelque chose de très ex­ci­tant à l’idée de jouer dans une langue dif­fé­rente de la mienne. Je com­mence aus­si à sen­tir que j’at­teins, en an­glais, une li­ber­té qui est de plus en plus ap­pa­ren­tée à celle que j’ai quand je joue en fran­çais.

On te voit de plus en plus dans des pro­duc­tions étran­gères. Est-ce que c’était ton ob­jec­tif d’avoir une car­rière in­ter­na­tio­nale?

C’était très vo­lon­taire. Il faut dire qu’au­jourd’hui, avec la tech­no­lo­gie, c’est de plus en plus fa­cile de pas­ser une au­di­tion. Il suf­fit sou­vent de se fil­mer soi-même et d’en­voyer la vi­déo. Il y a un peu par­tout des pro­duc­tions qui m’in­té­ressent et des ar­tistes aux quatre coins du monde avec qui j’ai en­vie de tra­vailler. C’est avant tout pour cette rai­son que j’as­pi­rais à une car­rière in­ter­na­tio­nale.

Quels sont tes pro­jets à ve­nir?

Je de­vrais tour­ner dans la deuxième sai­son de la sé­rie On Be­co­ming a God in Cen­tral Flo­ri­da, dif­fu­sée sur Show­time, en 2021. Je fe­rai par­tie de la dis­tri­bu­tion d’une pièce de théâtre pré­sen­tée ici, à Mon­tréal, et je de­vrais tour­ner un film en Eu­rope, mais comme rien n’est en­core concret, je ne peux pas en par­ler.

Comment en es-tu ve­nu à pra­ti­quer ce mé­tier?

J’ai fait mes études se­con­daires à l’École Ro­bert-Gra­vel, qui a une vo­ca­tion en art dra­ma­tique; j’ai vrai­ment eu du plai­sir à faire du théâtre. C’était un truc dans le­quel je me sen­tais bien; je fai­sais par­tie d’un groupe, je me sen­tais va­lo­ri­sé et j’avais en­fin trou­vé un do­maine dans le­quel j’étais per­for­mant. Au dé­but, je me suis for­mé moi-même en re­gar­dant des films et en li­sant des textes de théâtre. Puis c’est de­ve­nu une pas­sion: ana­ly­ser le jeu des ac­teurs et es­sayer de com­prendre comment ils tra­vaillaient. Ex­plo­rer cette ca­pa­ci­té qu’ils avaient de jouer quel­qu’un d’autre qu’eux est de­ve­nu une ob­ses­sion. C’est main­te­nant ma quête.

As-tu son­gé à suivre une for­ma­tion dans une école de théâtre?

Oui, et j’ai­me­rais tou­jours le faire. J’en ai tou­jours eu en­vie, mais fi­na­le­ment je n’ai ja­mais ar­rê­té de tra­vailler. J’ai eu mon pre­mier rôle dans 30 vies à 16 ans, et en­suite, tout s’est en­chaî­né. Je suis tout de même al­lé me cher­cher une cer­taine for­ma­tion en tra­vaillant avec des men­tors et en sui­vant des cours ici et là.

Ta mère est la dan­seuse et cho­ré­graphe Ma­rie Choui­nard. As-tu dé­jà son­gé à suivre ses traces dans la danse?

Un peu quand j’étais pe­tit. À 20 ans, je me sou­viens de m’être dit que j’au­rais dû être dan­seur parce que j’au­rais peut-être pré­fé­ré la vie de dan­seur. Ça de­mande vrai­ment un dé­voue­ment à son art qui est as­sez par­ti­cu­lier et que je res­pecte beau­coup. Mais je ne suis pas dan­seur, pas plus que je ne suis peintre, comme mon père (son père est le peintre qué­bé­cois De­nis Pel­le­rin), mais mes deux pa­rents m’ont in­fluen­cé à leur fa­çon. Ils m’ont en­cou­ra­gé, peu im­porte ce que je vou­lais faire. J’ai de bons pa­rents, et c’est cer­tain qu’ils teintent, cha­cun à leur fa­çon, ma dé­marche ar­tis­tique.

On peut te voir en ce mo­ment dans la sé­rie amé­ri­caine On Be­co­ming a God in Cen­tral Flo­ri­da, dans la­quelle tu tiens la ve­dette avec Kirs­ten Dunst. C’est comment de tour­ner dans une grande sé­rie amé­ri­caine?

Ça se passe très bien, et j’adore ça. J’aime beau­coup tour­ner avec Kirs­ten. Je campe un beau per­son­nage qui m’amène à jouer de belles scènes. J’ai ra­re­ment pu tra­vailler avec une ac­trice aus­si gé­né­reuse et aus­si in­ves­tie dans ses scènes. Ma car­rière amé­ri­caine est ar­ri­vée par ha­sard, un peu par chance. Je n’y te­nais pas ab­so­lu­ment.

Est-ce que la po­pu­la­ri­té et le star­sys­tème amé­ri­cain te font peur?

Non, parce que je ne fais pas ce mé­tier pour de­ve­nir po­pu­laire. Je ne me sens pas obli­gé de nour­rir cette bête qu’est le star-sys­tème. Je ne cherche pas à tout prix à jouer dans de grands films à suc­cès; je me plais tout au­tant à par­ti­ci­per à des films plus poin­tus. J’ai dit non à des boîtes de pro­duc­tion im­por­tantes qui me pro­po­saient de pas­ser une au­di­tion, sim­ple­ment parce que ce qu’elles font ne me plaît pas pour le mo­ment. Je suis prêt à prendre ce risque. Je me sens beau­coup plus libre et heu­reux ain­si.

 ??  ??
 ??  ?? La sor­tie du film Sou­ter­rain a été re­por­tée à une date ul­té­rieure.
L’ac­teur aux cô­tés de Kirs­ten Dunst dans une scène de la sé­rie amé­ri­caine On Be­co­ming a God in Cen­tral Flo­ri­da.
La sor­tie du film Sou­ter­rain a été re­por­tée à une date ul­té­rieure. L’ac­teur aux cô­tés de Kirs­ten Dunst dans une scène de la sé­rie amé­ri­caine On Be­co­ming a God in Cen­tral Flo­ri­da.

Newspapers in French

Newspapers from Canada