7 Jours

- Alternate Weeks (and Half the Vacation) · Nero

Je com­mence à peine à avoir des nuits de som­meil conve­nables quand je ne prends rien. Je me donne du temps.

Est-ce que le fait de consul­ter a aus­si été une belle ave­nue pour toi?

Oui. Consul­ter a été né­ces­saire. Il fal­lait par­ler. Ça m’a fait dé­cou­vrir plein de choses im­por­tantes. Du­rant les pé­riodes lourdes, il faut pou­voir par­ler et s’ex­té­rio­ri­ser.

Et à ton avis, est-ce que ça t’a évi­té la dé­pres­sion?

Oui, mais consul­ter n’est pas tout: il faut se sti­mu­ler et se for­cer à faire des choses. La dé­pres­sion vient quand on a trop de temps pour ré­flé­chir et creu­ser ses bo­bos. Il faut se chan­ger les idées. Cet été, j’ai jar­di­né. J’ai plan­té 100 vi­vaces! Ça m’a per­mis de re­con­nec­ter avec la na­ture.

Une fois la tem­pête pas­sée, as-tu sen­ti un grand apai­se­ment?

Oui, sur­tout que je pleu­rais tous les jours. À tra­vers tout ce­la, des gens m’ont en­cou­ra­gée, même ceux que je ne connais­sais pas! J’ai sen­ti beau­coup d’amour, ça m’a pro­fon­dé­ment tou­chée. Mon meilleur ami, le père de ma fille, a été là pour moi, et sa femme aus­si. Jean-Marc ne m’a pas lais­sée m’écra­ser. Il m’a beau­coup ai­dée avec Ema­nuelle. J’avais peur pour ma fille. Je l’avais une se­maine sur deux. En même temps, je trou­vais que je lui don­nais une le­çon de vie ex­tra­or­di­naire. Nous ne sommes pas dans la pau­vre­té, mais nous avons vé­cu dans un luxe pas or­di­naire qui n’est plus le nôtre au­jourd’hui. Ema­nuelle a vu sa mère tom­ber et elle en­ten­dait dire des choses à son su­jet. À tra­vers tout ce­la, ç’a été une an­née ex­tra­or­di­naire pour elle. Elle est de­ve­nue co­mé­dienne, elle a ga­gné des prix à l’école. Tout ça a été pos­sible parce que j’avais l’ap­pui de son père et de sa bel­le­mère. Notre fille est choyée d’avoir deux pa­rents qui s’en­tendent. Nous sommes au­jourd’hui de grands amis. Mes amies vou­draient toutes avoir un Jean-Marc dans leur vie! (rires)

Est-ce que ta fa­mille a aus­si été pré­sente pour toi?

Mes pa­rents sont de vrais bons pa­rents: ils ont été là pour moi. À la base, ce sont eux qui m’ont don­né des ailes. Pour eux, il n’y avait pas de li­mite. Ma force de ca­rac­tère me vient d’eux. Ça m’a per­mis de fon­cer, de me réa­li­ser. Leur pré­sence a été né­ces­saire. Quand on tombe, on re­de­vient un en­fant... J’ai pleu­ré dans les bras de ma mère. J’ai aus­si pleu­ré dans les bras de ma soeur. Sen­tir sa com­pas­sion a été ex­tra­or­di­naire. C’est ça, une soeur...

Ca­ro­line, avec ton al­liée et amie Ju­lie, tu as mis sur pied Sym­bol­lia, qui oeuvre dans le do­maine fu­né­raire. Comment ça se passe avec ton en­tre­prise?

Pour Bi­joux Ca­ro­line Né­ron, je me suis bat­tue jus­qu’à la der­nière mi­nute. Jus­qu’à la faillite. Un jour, je n’ai plus eu le droit de me battre: je ne pou­vais même plus en­trer dans mon en­tre­prise. Ç’a été un grand lâ­cher-prise. Ça m’a dé­bar­ras­sée d’un poids. Une se­maine après, j’ai re­com­men­cé à être ins­pi­rée. Nous sommes tout de suite re­par­ties en af­faires, Ju­lie et moi, avec Sym­bol­lia. Ce sont des boîtes d’ins­pi­ra­tion qui sont aus­si des boîtes re­li­quaires. On peut y mettre les cendres d’un être cher et une phrase en sou­ve­nir de la per­sonne dé­cé­dée. Il faut com­prendre aus­si que la marque Né­ron existe tou­jours, le public qué­bé­cois n’a ja­mais ces­sé de m’en­cou­ra­ger. Je tra­vaille d’ailleurs ac­tuel­le­ment sur le ra­chat de l’en­tre­prise.

Que pou­vons-nous te sou­hai­ter pour les mois à ve­nir?

De conti­nuer d’être sur mon X. Je suis mon coeur et je veux juste que ça conti­nue...

La déesse des mouches à feu, en salle dans les ci­né­mas en de­hors des zones rouges.

Né­ron inc.: La force de l’épreuve est en vente en li­brai­rie.

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