7 Jours

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Bian­ca, qu’est-ce qui at­tend Ma­rie-Louise dans L’Échap­pée?

Je peux juste men­tion­ner que la sai­son se ter­mine sur un très gros punch! Ce qui est in­té­res­sant cette an­née, c’est qu’on s’in­quiète beau­coup pour Ri­chard, qui met sa fa­mille en pé­ril. Il est dés­illu­sion­né par rap­port à la po­lice; il a le sen­ti­ment d’être tra­hi. Avec un ami d’en­fance qui a l’ha­bi­tude de faire des ma­gouilles, il semble être sur le point de tom­ber du cô­té des mé­chants. Ma­rie-Louise a adop­té deux en­fants dont elle ne veut pas perdre la garde, alors, ses va­leurs pro­fondes vont être ébran­lées. Elle voit l’homme qu’elle aime être sur le point de se lais­ser at­ti­rer par les forces du mal. Elle veut le rai­son­ner, faire en sorte qu’il se ré­veille avant qu’il ne soit trop tard, mais ça ne semble pas fonc­tion­ner. Elle est pro­fon­dé­ment par­ta­gée entre l’homme qu’elle aime et ses en­fants. Elle de­vra faire des choix.

C’est la sai­son du grand dé­chi­re­ment?

Oui. Comme elle est fa­mille d’ac­cueil pour une ado­les­cente qui ré­clame son au­to­no­mie, on di­rait qu’après qu’elle s’est beau­coup in­ves­tie au­près de son homme et de cette jeune fille, tout le monde la dé­serte. Elle se re­trouve seule, et c’est souf­frant.

Est-ce qu’on te parle beau­coup de ton per­son­nage?

Au dé­but, les gens avaient beau­coup de mal à la sai­sir. Lorsque je fai­sais mon épi­ce­rie et que les gens pas­saient des com­men­taires sur elle, je sen­tais qu’ils ne l’ai­maient pas. Cer­tains me di­saient même qu’ils avaient en­vie de la chi­ca­ner. Pour­tant, ce n’était pas un per­son­nage dé­tes­table... En fait, j’ai fi­ni par com­prendre qu’elle était trop par­faite. Ma­rie-Louise est droite, sans com­pro­mis, sans faille. Elle est su­per in­tel­li­gente, elle ré­sout les enquêtes et elle a un bon ins­tinct. En­suite, on l’a vue cra­quer, adop­ter un en­fant, puis le perdre parce que la mère bio­lo­gique est re­ve­nue dans le dé­cor. À par­tir de ce mo­ment-là, les com­men­taires à l’épi­ce­rie ont com­plè­te­ment chan­gé… Je suis pas­sée de «Vous, on ne vous aime pas!» à «Ve­nez que je vous prenne dans mes bras!». On ne m’ar­rête pas en m’ap­pe­lant Bian­ca, mais

Ma­rie-Louise…

Grâce à son hu­ma­ni­té, les gens se sont mis à l’ai­mer fi­na­le­ment...

Oui, les gens ont be­soin de voir que le per­son­nage a des failles. Dans ma car­rière, il y a vrai­ment eu un avant et un après Ma­rie-Louise. Grâce à elle, j’ai ga­gné un ca­pi­tal de sym­pa­thie. Elle a vé­cu tant de grands drames! Le fait de faire par­tie de la vie des gens de­puis cinq ans a créé un beau lien entre nous.

En quoi te sens-tu proche ou dif­fé­rente de Ma­rie-Louise?

Ça peut sem­bler éton­nant, mais, sur pa­pier, je ne me se­rais pas of­fert le rôle. Ç’a été un ca­deau dans ma car­rière. Moi, on ne m’offre pas sou­vent des rôles; la plu­part du temps, je passe des au­di­tions. Ma­rie-Louise a été un ca­deau. Je suis plus émo­tive qu’elle, qui est plu­tôt prag­ma­tique. Je suis aé­rienne. Elle, elle est en­ra­ci­née. Avec mon per­son­nage, j’ai ap­pris à faire des fouilles de po­lice. La ges­tuelle et le non­ver­bal sont très forts. In­ter­pré­ter autre chose que ce que je suis dans la vie, ça fait tel­le­ment de bien! Dans la vie, je suis bub­bly, lo­ve­ly; mais si je n’in­car­nais que ça, ça de­vien­drait vite in­si­pide.

À quel mo­ment es-tu re­tour­née sur les pla­teaux?

Nous n’avons pas été les pre­miers à re­com­men­cer les tour­nages, mais nous avons été par­mi les pre­miers à l’été 2020. Ça s’est bien pas­sé. Des pro­to­coles hy­per stricts sont ap­pli­qués. Ça pour­rait nous sem­bler contrai­gnant, mais nous sommes tel­le­ment pri­vi­lé­giés de pou­voir tra­vailler que nous sommes heu­reux! Cer­tains ac­teurs n’ont pas tra­vaillé de­puis un an... C’est évident que ça peut être par­fois frus­trant de com­po­ser avec un plexi­glas. C’est comme un mi­roir: je vois plus mon re­flet que ma par­te­naire de jeu, mais nous sommes ca­pable de conti­nuer à ra­con­ter des his­toires. Je crois que nous avons une uti­li­té en­core plus per­ti­nente qu’avant.

L’adap­ta­tion s’est donc faite fa­ci­le­ment?

Oui, même si au dé­but, j’ai pen­sé que les pro­to­coles al­laient nous éloi­gner: avec le port du masque et de la vi­sière, ne plus dî­ner en­semble, ne plus nous ra­con­ter nos week-ends. Fi­na­le­ment, ça nous a plu­tôt sou­dés. C’est comme si nous al­lions à la guerre en­semble. Chaque jour de tour­nage de­vient une grande réus­site. Pier­reYves Car­di­nal est de­ve­nu un frère pour moi. Ça fait cinq sai­sons que nous tra­vaillons en­semble. Il m’a vue por­ter mon en­fant, puis avec Bo­wie dans les bras. J’ai vu ses filles gran­dir. C’est tou­chant de pou­voir suivre de près l’évo­lu­tion de nos col­lègues de tra­vail pen­dant si long­temps. C’est la beau­té des sé­ries qui se pro­longent sur plu­sieurs an­nées: ça de­vient une fa­mille. Même chose pour For­mat fa­mi­lial. Ce n’est pas mon équipe tech­nique, c’est ma fa­mille. Lorsque l’aven­ture se ter­mi­ne­ra, j’au­rai une peine d’amour gar­gan­tuesque…

As-tu de la dif­fi­cul­té avec les fins de pro­jets, les deuils, les adieux?

Pro­fon­dé­ment! J’évite d’al­ler re­con­duire mes proches à l’aé­ro­port. Je quitte sou­vent les par­tys la pre­mière sans dire au re­voir. Les fins de va­cances en fa­mille, le re­tour au quo­ti­dien, c’est dif­fi­cile pour moi. Les tran­si­tions et les fins, j’ai bien de la dif­fi­cul­té à com­po­ser avec ça. Sur For­mat fa­mi­lial, j’ai le pri­vi­lège d’ani­mer avec Sé­bas­tien. Comme il est mon ma­ri et que nous sommes dans la même bulle, nous étions tou­jours col­lés. Sé­bas­tien a eu un per­son­nage dans Les pays d’en haut. Ça m’a don­né des op­por­tu­ni­tés for­mi­dables! En théo­rie, je n’au­rais ja­mais joué avec mon ma­ri en tant qu’ac­teur! On ne nous au­rait ja­mais pro­po­sé ça! Nous avons tous les deux dé­cro­ché un per­son­nage lors d’au­di­tions Zoom que nous avons pas­sées dans le bu­reau de Sé­bas­tien. Pour Sé­bas­tien et moi, jouer dans Les pays d’en haut, ç’a été une belle op­por­tu­ni­té qui nous a per­mis de dé­cou­vrir que nous avons aus­si une belle chi­mie à titre d’ac­teurs à l’écran. Du cô­té de Sé­bas­tien, je dé­couvre que jouer est na­tu­rel pour lui. Ça marche!

Ça vous per­met d’at­teindre un autre ni­veau de com­pli­ci­té?

Oui. Et j’aime le fait que, con­trai­re­ment à d’ha­bi­tude où c’est moi qui vais dans son monde — l’ani­ma­tion et la réa­li­sa­tion —, c’est lui qui vient dans le mien. Je tiens à sou­li­gner son courage. Sou­vent, quand des gens ac­ceptent un man­dat d’ac­teur, c’est mal re­çu. Il au­rait pu perdre sa cré­di­bi­li­té. Nous avons des ma­nières très dif­fé­rentes de tra­vailler. Lui est très ins­tinc­tif, moi je me pré­pare à l’avance. Au dé­but, j’ai es­sayé de le coa­cher, mais il trou­vait que je lui don­nais trop d’in­for­ma­tions. Je me suis ren­du compte qu’il fal­lait que je le laisse al­ler. Ma job comme blonde, c’était de lui dire: «Al­lez, vas-y, fonce!» (rires) Au fi­nal, il était su­per bon!

L’Échap­pée, lun­di 20 h, à TVA. For­mat fa­mi­lial, mer­cre­di 19 h 30, à Té­lé-Qué­bec.

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Bian­ca a te­nu à sou­li­gner le courage de son conjoint de jouer dans Les pays d’en haut à ses cô­tés. «Ma job comme blonde, c’était de lui dire: “Al­lez, vas-y, fonce! “»
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Au cô­té de Pier­reYves Car­di­nal, son par­te­naire de jeu de­puis cinq ans dans L’Échap­pée,. «Pierre-Yves est de­ve­nu un frère pour moi.»

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