7 Jours

Louis-Oli­vier Mauf­fette

- PAR SA­MUEL PRA­DIER

Avec tous les rôles qu’il a joués, tant au théâtre qu’à la té­lé­vi­sion, Louis-Oli­vier Mauf­fette a un CV bien rem­pli. Il est d’ailleurs dans la nou­velle ver­sion de Ca­mé­ra ca­fé, dif­fu­sée à TVA. Le co­mé­dien est aus­si un homme de fa­mille, pa­pa d’une grande fille de 12 ans et d’un pe­tit gar­çon de 3 ans, qu’il a eu avec son amou­reuse, Ma­rie So­leil Dion.

J’ÉTAIS UN EN­FANT JOYEUX

En­fant, j’étais heu­reux et j’avais sur­tout hâte aux va­cances. J’ai­mais l’école pour le cô­té so­cial, mais ma mère me ra­conte qu’elle de­vait me pré­pa­rer au re­tour à l’école dès le 1er août, et pa­reil après les deux se­maines de va­cances à Noël. Je rê­vais beau­coup aux va­cances, aux jeux, au temps qu’on pas­sait en fa­mille. Di­sons que je ca­drais moyen­ne­ment bien dans le sys­tème sco­laire. J’avais des notes as­sez moyennes. Ma mère s’est dé­jà fait ap­pe­ler par des pro­fes­seurs pour se faire dire que je ne pen­sais qu’à jouer… et j’en ai fait une car­rière! Quand j’étais jeune, mes pa­rents nous em­me­naient au théâtre d’été, et j’ai­mais beau­coup ça. C’est seule­ment plus tard que j’ai com­pris que je pou­vais faire ça moi aus­si.

JE VIVAIS POUR LE CAMP MINOGAMI

Toute ma jeu­nesse s’est pas­sée à ce camp. J’y suis al­lé de 6 à 18 ans, et j’y ai en­suite tra­vaillé de 19 à 23 ans. Je ne vivais que pour ça. C’est un camp de ca­not-cam­ping. On nous forme à par­tir de 6 ans à faire du ca­not et du cam­ping et, à par­tir de 17 ans, on de­vient un pion­nier. À ce mo­ment-là, on nous laisse dans le bois et on a un mois pour re­ve­nir au camp. J’ai ado­ré cet en­droit! Dès que ç’a été pos­sible, j’y suis al­lé pour y tra­vailler. J’ai com­men­cé à l’ate­lier d’ex­pres­sion, puis je suis de­ve­nu ani­ma­teur et j’ai mon­té dans la hié­rar­chie. Mo­ni­teur de camp de va­cances et co­mé­dien, ce sont les deux seules jobs que j’ai eues dans ma vie. Le camp m’a ap­pris à vivre en so­cié­té, à ac­cep­ter l’opi­nion des autres, à vivre dans une com­mu­nau­té tis­sée ser­rée… Je pense aus­si m’être dé­mar­qué comme un lea­der po­si­tif.

ADO, LES FILLES M’INTÉRESSAI­ENT BEAU­COUP…

... mais j’al­lais dans un col­lège de gars! J’ai d’ailleurs presque tou­jours été en couple, et chaque fois pen­dant as­sez long­temps. Quand je ren­con­trais une fille, j’étais convain­cu que c’était la femme de ma vie. L’ado­les­cence s’est donc plu­tôt bien pas­sée. J’étais ca­pi­taine de l’équipe de foot­ball, je fai­sais par­tie de l’équipe de bal­lon-ba­lai, j’étais pré­sident de ma classe en cin­quième se­con­daire... Il n’y a que les cours qui étaient plus dif­fi­ciles. Ma fille est main­te­nant en pre­mière an­née du se­con­daire, et j’ai du mal à l’ai­der pour les ma­thé­ma­tiques. Lire un pro­blème, ça me donne juste en­vie de vo­mir. Heu­reu­se­ment, ma blonde est une pre­mière de classe, tout comme la mère de ma fille. La mère de Ma­rie So­leil, qui est sou­vent à la mai­son, est une an­cienne prof, et son père, un an­cien di­rec­teur d’école. Nos en­fants sont bien en­tou­rés. Ils s’oc­cupent des de­voirs, et moi, je fais à man­ger!

MA MÈRE EST TOUT POUR MOI

Dans mon uni­vers, ma mère est comme Dieu. Par­fois, je suis dans mon au­to, je ré­flé­chis et je me pro­jette beau­coup trop loin dans ma vie. Je me mets à être triste en pen­sant que mon père va mou­rir un jour, mais c’est comme si c’était im­pos­sible que ma mère n’existe plus. Dans la dy­na­mique de notre fa­mille, ma mère, c’est le chef. C’est un peu comme dans mon couple à moi, avec Ma­rie So­leil. Je ne suis pas le chef, mais comme mon père, je suis le meilleur sol­dat au monde. Nous sommes tous le s deux bien dans ces po­si­tions-là. Mes deux pa­rents sont ma­gni­fiques, sym­pa­thiques et en avance sur leur temps. Je les ad­mire vrai­ment beau­coup, ils nous ont tout don­né. On est une fa­mille très proche, on n’ha­bite pas loin les uns des autres. Ma mère et mon père ont long­temps été mes confi­dents. Je leur di­sais tout ce qui se pas­sait dans ma vie, ce sont des amis pa­rents.

MA­RIE SO­LEIL ET MOI, ON SE COM­PLÈTE TO­TA­LE­MENT

C’est as­sez fas­ci­nant de voir la ma­nière dont on est com­pa­tibles. Je suis un gars de mai­son, de la­vage, d’épi­ce­rie; elle n’est même pas ca­pable de faire bouillir de l’eau et ne sau­rait pas com­ment par­tir la laveuse. Par contre, je suis in­ca­pable d’ou­vrir du cour­rier ou de faire les im­pôts. Je ne suis même pas ca­pable d’al­ler dans mon compte de banque. Ma­rie So­leil fait les ho­raires, elle gère les agen­das, et je dois qua­si­ment lui de­man­der si je tra­vaille le len­de­main. J’exa­gère dans la ca­ri­ca­ture, mais tous les deux, on a réus­si à créer une équipe du tonnerre. On s’en­traide beau­coup pour ne pas avoir à faire les choses qu’on n’aime pas. Au­jourd’hui, je ne me vois pas vivre sans elle.

JE RÊVE DE FAIRE LA ROUTE DES VINS EN FRANCE

Mon rêve ul­time se­rait de faire la tour­née des vi­gnobles en Bour­gogne, dans le Beau­jo­lais ou le Bor­de­lais. J’aime le vin rouge; c’est une pas­sion as­sez ré­cente, mais mon père est un col­lec­tion­neur de vin. Il a eu une cave du­rant toute ma jeu­nesse. L’ar­ri­vée des vins na­ture m’a beau­coup al­lu­mé. J’aime les vins très rus­tiques, quand ils ne sont qua­si­ment pas trans­for­més. Ça ne me dé­range pas d’être dé­çu par une bou­teille ou une autre dans une caisse, parce qu’il n’y a pas eu d’ajout de sul­fites. Re­ve­nir aux sources par rap­port aux vins rouges, même si ça goûte le che­val, j’aime ça. Je me suis mon­té une pe­tite cave et je suis aus­si les gens qui écrivent là-des­sus. Je m’y in­té­resse beau­coup, mais je ne m’y connais pas tant que ça.

J’AI EU DEUX EN­FANTS DANS DES CONTEXTES DIF­FÉ­RENTS

Quand j’ai eu ma fille, qui a main­te­nant 12 ans, je connais­sais sa mère de­puis seule­ment deux mois. On est tom­bés en amour et on a vou­lu faire un en­fant. C’était un en­fant dé­si­ré. On s’est fi­na­le­ment sé­pa­rés quand Béa­trice avait deux ans. J’ai donc vé­cu une sé­pa­ra­tion avec un en­fant en bas âge, et ça m’a énor­mé­ment res­pon­sa­bi­li­sé, parce que j’avais ma fille une se­maine sur deux et que j’étais seul avec elle. Il fal­lait que je gagne de l’ar­gent pour as­su­mer tout ça. J’ai beau­coup ap­pris du­rant cette pé­riode. Léon, qui a main­te­nant trois ans, je l’ai eu avec Ma­rie So­leil dans un contexte dif­fé­rent. J’avais des rôles à la té­lé, je ga­gnais mieux ma vie. Le contexte fa­mi­lial était par­fait, j’étais en couple avec Ma­rie So­leil de­puis deux ans et de­mi avant de faire un bé­bé; on se connais­sait bien. J’ai eu deux en­fants dans des contextes très dif­fé­rents, mais les deux m’ont per­mis de dé­tour­ner mon re­gard de mon nom­bril. J’ai tou­jours Béa­trice en garde par­ta­gée, et ça se passe su­per bien, je m’en­tends très bien avec sa ma­man.

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Ado, ce même camp lui a per­mis de créer de so­lides ami­tiés.
Le camp Minogami était le pa­ra­dis pour le pe­tit Louis-Oli­vier. Ado, ce même camp lui a per­mis de créer de so­lides ami­tiés.
 ??  ?? Un en­fant heu­reux qui ne pen­sait qu’à jouer. Il en a fait son mé­tier!
Un en­fant heu­reux qui ne pen­sait qu’à jouer. Il en a fait son mé­tier!
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Louis-Oli­vier peut comp­ter sur une fa­mille très sou­dée. «Ma ma­man est comme Dieu pour moi.»
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«Au­jourd’hui, je ne me vois pas vivre sans Ma­rie So­leil.»
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De­puis en­vi­ron cinq ans, le co­mé­dien se pas­sionne pour le vin na­ture.
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 ??  ?? Avec son fils, Léon, trois ans.
Avec son fils, Léon, trois ans.

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