7 Jours

Catherine De Léan

- PAR Daniel Daignault

Catherine De Léan confie d’emblée que son rôle de Véronique Lenoir dans District 31 a été un très beau cadeau dans son parcours de comédienne. Catherine multiplie les défis et s’emballe rapidement lorsqu’il est question des projets auxquels elle est associée et de ceux qui l’amènent à explorer diverses avenues de son métier.

Catherine, tu vas bientôt reprendre les tournages de District 31, n’est-ce pas?

Effectivem­ent. On ne sait jamais à quoi s’attendre avec District 31, mais je sais que Véronique Lenoir veut aller en cassation pour faire invalider les mandats d’écoute, et elle ira même à la défense de Chiasson. J’ai l’impression qu’elle est là pour ce bout-là, du moins.

Quel a été l’impact de ce personnage sur ta carrière?

Je me fais beaucoup reconnaîtr­e et, pour moi, ce rôle est un cadeau. C’est tellement une belle grande visibilité, je sais que les gens aiment beaucoup le personnage. Ça m’apporte beaucoup d’être plus connue du grand public. À cause de la pandémie, les cotes d’écoute de District ont monté, c’était comme un besoin essentiel. Les gens avaient besoin de cette fiction qui nous rassemblai­t.

As-tu l’impression que les gens te redécouvre­nt grâce à ce personnage?

Oui, ça donne un coup de pouce à une Catherine qui a 40 ans. Ça me donne un autre souffle. J’ai l’impression que c’est l’impact que ce rôle a eu, et j’aime beaucoup ce personnage, j’aime le fréquenter.

Est-ce l’un des personnage­s les plus importants que tu as eu à jouer?

Oui, à la télé surtout. J’ai fait beaucoup de théâtre, beaucoup de cinéma, mais je n’ai pas fait tant de personnage­s marquants à la télé. J’ai souvent eu des rôles, mais ils étaient plus en marge. Là, avec Véronique, j’ai senti l’empathie du public, surtout quand mon personnage a planté Mélissa Corbeil!

Y a-t-il des points communs entre ce personnage et toi?

Je ne pense pas être capable d’avoir du chien comme elle, mais on n’a vraiment pas la même vie non plus. Je m’inspire toujours d’éléments autour de moi et, comme elle, j’ai peut-être un peu une tête de cochon... Parfois ça m’a nui, mais ça m’a surtout servi.

As-tu noué des amitiés sur ce plateau?

Je suis devenue amie avec CatherineA­udrey Lachapelle, je la trouve vraiment cool, ça a connecté entre nous.

«Longtemps, je ne me suis pas souciée de ce que les gens pouvaient penser de moi.»

Pour tout dire, j’ai vraiment été bien accueillie par toute la gang. Gildor est un trooper, même chose pour VincentGui­llaume, Michel et Sébastien.

J’ai aussi beaucoup de plaisir avec Geneviève Brouillett­e, qui est vraiment drôle. On a bien ri ensemble. Ça demeure le show le plus écouté et on le sent quand on est là. Il y a une fierté à y prendre part, à porter ces personnage­slà, à voir qu’autant de gens adhèrent à l’histoire et nous aiment.

Accordes-tu de l’importance à l’image que le public a de toi?

Longtemps, je ne me suis pas souciée de ce que les gens pouvaient penser de moi. Mais après, j’ai réalisé que j’aurais dû plus m’en soucier pour avoir un peu plus de contrôle sur mon image, parce que finalement, on est dans un monde d’images. Si tu ne contrôles pas ton image, il y a quand même une image de toi qui existe, qui circule, et qui va moins te plaire que si tu y mettais ton grain de sel. Mais ce qui m’a toujours intéressée avant tout, c’est la matière et les rencontres humaines autour des projets.

As-tu d’autres tournages en vue?

Oui, et j’ai aussi des projets de théâtre.

Je tourne cet été dans un film de Patrick Boivin, Écho à Delta, un film grand public qui se passe à hauteur d’enfant. On y suit un petit garçon de 10 ans et on découvre toute la magie de son imaginaire. Je joue le rôle de sa mère. C’est un rôle secondaire, mais super important dans l’histoire. J’ai vraiment hâte de tourner, ce sera une douzaine de jours en juillet. Et ensuite, ce sera District à la fin juillet.

Tu as aussi travaillé pour la première fois avec Luc Picard, n’est-ce pas?

Oui, j’ai joué dans Gallant: Confession­s d’un tueur à gages, qui met en vedette Luc Picard, qui est aussi le réalisateu­r. J’ai joué la mère du personnage principal lorsqu’il était jeune. J’ai adoré ce tournage-là, j’ai eu une grande rencontre avec Luc Picard et ça a vraiment cliqué fort. Aussi, ça m’intéresser­ait d’avoir une formation en doublage, j’aimais beaucoup ça au Conservato­ire. Ce serait vraiment agréable de faire plus de voix.

Peux-tu me parler de tes projets au théâtre?

En ce moment, je suis en tournée avec la pièce Oleanna, de David Mamet. C’est une pièce à deux personnage­s et je joue avec Raymond Cloutier. C’est une grande oeuvre de ce dramaturge américain, l’une de ses meilleures. Ça raconte l’histoire d’une étudiante qui va confronter son professeur, qui va s’affranchir du patriarcat qu’il impose à l’ensemble des élèves. C’est un duo d’acteurs, et c’est vraiment comme une partie de tennis théâtrale, on se relance, on s’interrompt, c’est très sportif à jouer et c’est du bon théâtre. On a 25 shows à venir; on va aller sur la rive nord de Montréal, sur la Rive-Sud, et on va aussi faire toute la Gaspésie et la Côte-Nord.

C’est un beau privilège de jouer aux côtés de Raymond Cloutier, n’est-ce pas?

Oui, j’ai beaucoup de plaisir à jouer avec lui. Je le connaissai­s déjà parce que je suis allée au Conservato­ire avec son fils, Émile (Proulx-Cloutier). C’est très agréable et impression­nant d’être sur scène avec lui. Aussi, dans le cadre du Festival internatio­nal de la littératur­e, qui aura lieu du 24 septembre au 3 octobre, je fais une adaptation d’un livre de la journalist­e biélorusse Svetlana Alexievitc­h. Elle a recueilli des centaines de témoignage­s à travers l’URSS, sur la fin du communisme. Elle a même eu un prix Nobel de littératur­e pour ce livre, La fin de l’homme rouge. Je l’ai dévoré il y a cinq ans et j’ai eu l’idée de l’adapter au théâtre. J’en signe la mise en scène et ce sera une mise en lecture, mais je souhaite que ça devienne un véritable spectacle théâtral.

En terminant, que peux-tu nous dire sur ton associatio­n avec l’organisme Éducaloi?

Je suis devenue porte-parole d’Éducaloi pour un an, et je vais participer à plusieurs événements avec lui. J’ai fait des voix sur des balados, on a aussi fait une capsule qui passe à la télé. L’organisme m’a sollicitée grâce à mon personnage de Véronique Lenoir, et j’embrasse complèteme­nt sa mission de faire de l’éducation juridique et de la vulgarisat­ion du droit. Il intervient à travers son site Web, donc n’importe qui peut poser une question d’ordre juridique et il va leur répondre. On peut aller chercher beaucoup d’informatio­ns et de réponses sur ce site.

C’est un fait que nous sommes à peu près tous ignorants des lois, il est parfois difficile de s’y retrouver…

Oui, c’est vrai, et grâce à Éducaloi, on peut se renseigner sur une foule de sujets, comme la consommati­on d’alcool chez les jeunes et leurs droits s’ils se font arrêter par des policiers, par exemple. Les informatio­ns sont sur le site, et elles sont mises à jour régulièrem­ent. Éducaloi fait aussi, un peu partout au Québec, de l’interventi­on auprès de population­s ciblées, comme les femmes autochtone­s, les femmes en prison ou les jeunes filles qui vont devenir mères. Il intervient aussi auprès des jeunes, il fait des activités dans les écoles, et ça m’intéresser­ait vraiment d’y participer.

«Il y a une fierté à prendre part à District 31, à porter ces personnage­s-là.»

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PHOTOS: JULIEN FAUGÈRE • MAQUILLAGE-COIFFURE: VÉRONIQUE PRUD’HOMME
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«Je ne pense pas être capable d’avoir du chien comme Véronique, mais comme elle, j’ai peut-être un peu une tête de cochon», dit la comédienne.

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