LES LI­BÉ­RAUX EN BONNE PO­SI­TION

Acadie Nouvelle - - LA UNE - si­mon.de­lattre@aca­die­nou­velle.com @Si­mon2De­lattre

Le Par­ti li­bé­ral au pou­voir dé­tien­drait tou­jours une confor­table avance sur les pro­gres­sistes-conser­va­teurs à moins de quatre mois des élec­tions pro­vin­ciales, se­lon des don­nées pu­bliées par Cor­po­rate Re­search As­so­ciate.

Le der­nier coup de sonde tri­mes­triel de la firme néo-écos­saise ne re­brasse pas les cartes: le Par­ti li­bé­ral et son chef, Brian Gal­lant, de­meurent en tête des son­dages.

Si des élec­tions avaient eu lieu le mois der­nier, les li­bé­raux au­raient pu comp­ter sur 45% des voix par­mi les élec­teurs dé­ci­dés. C’est deux points de pour­cen­tage de plus que trois mois plus tôt.

De leur cô­té, les pro­gres­sistes-conser­va­teurs au­raient dû se conten­ter de 31% des votes (+1 point). Le Nou­veau Par­ti dé­mo­cra­tique au­rait re­cueilli la fa­veur de 13% de l’élec­to­rat, six points de­vant le Par­ti vert (-4 points).

L’Al­liance des gens du Nou­veau-Bruns­wick peut comp­ter sur l’ap­pui de 4% des élec­teurs dé­ci­dés (+1 point).

Ce­pen­dant, 31% des per­sonnes in­ter­ro­gées se disent en­core in­dé­cises, et 6% des son­dés re­fusent de dé­voi­ler leur pré­fé­rence.

Le pre­mier mi­nistre, Brian Gal­lant, de­meure le chef fa­vo­ri des élec­teurs à 32% (in­chan­gé), sui­vi par le chef du Par­ti pro­gres­siste-conser­va­teur, Blaine Higgs, à 20% (+1). La cote de po­pu­la­ri­té du chef du Par­ti vert, le dé­pu­té Da­vid Coon, di­mi­nue lé­gè­re­ment (11%, -1), tout comme celle de Jen­ni­fer McKen­zie, la cheffe du NPD (9%, -1). Kris Aus­tin ferme la marche (5%, +1).

Fi­na­le­ment, le taux de sa­tis­fac­tion de la po­pu­la­tion par rap­port à la per­for­mance du gou­ver­ne­ment est aus­si res­té à peu près stable au cours de la der­nière an­née.

Par­mi les par­ti­ci­pants au son­dage, 50% se sont dits «com­plè­te­ment sa­tis­faits» ou «plu­tôt sa­tis­faits» du tra­vail du gou­ver­ne­ment, en baisse de trois points en douze mois. 39% d’entre eux af­firment être «plu­tôt in­sa­tis­faits» ou «com­plè­te­ment in­sa­tis­faits» du gou­ver­ne­ment, soit deux points de moins par rap­port à l’an der­nier.

Le coup de sonde a été réa­li­sé du 10 au 31 mai au­près de 800 Néo-Bruns­wi­ckois.

«BEAU­COUP DE CHOSES PEUVENT SE PAS­SER»

Les pro­chaines élec­tions au­ront lieu le 24 sep­tembre 2018. Est-il en­core pos­sible de voir les pro­gres­sistes-conser­va­teurs re­mon­ter la pente et es­pé­rer ra­vir le pou­voir?

Ma­rio Lé­vesque, pro­fes­seur en science po­li­tique à l’Uni­ver­si­té Mount Al­li­son croit qu’une vic­toire des bleus n’est pas à écar­ter pour le mo­ment. Les li­bé­raux ont beau main­te­nir une lon­gueur d’avance sur leurs ri­vaux, les jeux sont en­core loin d’être faits, es­time le po­li­to­logue.

«Beau­coup de choses peuvent se pas­ser au cours des pro­chains mois», lance-t-il. L’af­faire Ch­ris Col­lins, ex­pul­sé du cau­cus par le pre­mier mi­nistre à la suite d’al­lé­ga­tions de har­cè­le­ment, pour­rait-elle de­ve­nir une épine dans le pied de Brian Gal­lant? Tout dé­pen­dra des ré­sul­tats de l’en­quête in­dé­pen­dante, ré­pond Ma­rio Lé­vesque.

«Ça pour­rait l’af­fec­ter un peu, mais je pense qu’ac­tuel­le­ment les li­bé­raux sont bien ai­dés par la ré­ponse de la pro­vince aux inon­da­tions du fleuve Saint-Jean. Les au­to­ri­tés ont très bien com­mu­ni­qué et ç’a mis de la lu­mière sur le gou­ver­ne­ment.»

Ces ré­sul­tats flat­teurs pour l’équipe au pou­voir contrastent avec ceux de la firme Re­cherche MQO pu­bliés le mois der­nier. Le son­dage pla­çait pour la pre­mière fois les pro­gres­sistes-conser­va­teurs de Blaine Higgs de­vant les li­bé­raux de Brian Gal­lant, avec une avance de sept points de pour­cen­tage.

L’uni­ver­si­taire dit ac­cor­der da­van­tage de cré­dit aux chiffres de Cor­po­rate Re­search As­so­ciate.

«Je me fie da­van­tage à CRA qui a suf­fi­sam­ment de don­nées pour dé­ga­ger une ten­dance»

LE TEMPS EST VE­NU POUR L’OP­PO­SI­TION D’ABATTRE SES CARTES

De­puis plu­sieurs se­maines, le gou­ver­ne­ment Gal­lant mul­ti­plie les an­nonces et les dé­pla­ce­ments. Ces ef­forts pour oc­cu­per le ter­rain et at­ti­rer l’at­ten­tion mé­dia­tique sont-ils payants ou contre-pro­duc­tifs?

«C’est une bonne stra­té­gie, avance M. Lé­vesque. Tous les gou­ver­ne­ments le font à l’ap­proche des élec­tions parce qu’ils ont plus de res­sources. Ce n’est pas très juste pour les autres par­tis qui doivent at­tendre un peu plus.»

Se­lon le po­li­to­logue, les concur­rents ont in­té­rêt à com­men­cer à faire connaître leur pla­te­forme le plus tôt pos­sible. Alors que la lutte s’an­nonce ser­rée dans les cir­cons­crip­tions du sud de la pro­vince, l’op­po­si­tion of­fi­cielle a en­core fort à faire pour sé­duire dans les ré­gions fran­co­phones, sou­ligne-t-il.

«On a vu Blaine Higgs plu­tôt en re­trait pour le mo­ment, peut-être parce qu’il n’est pas le plus po­pu­laire. À l’ap­proche de l’élec­tion, il va fal­loir que M. Higgs sorte de sa ca­chette et parle plus aux ci­toyens. Même chose pour Jen­ni­fer McKen­zie, on ne la voit presque ja­mais dans les mé­dias. Quelles sont les po­si­tions de son par­ti, ses idées? Elle a dé­jà dit qu’elle vou­lait se pla­cer plus à gauche que Do­mi­nic Car­dy, mais comment ce­la va se tra­duire dans la pla­te­forme élec­to­rale?»

RÉ­AC­TIONS CONVENUES DES PAR­TIS

Le di­rec­teur gé­né­ral de l’As­so­cia­tion li­bé­rale du Nou­veau-Bruns­wick, Keiller Zed, se dit tout de même en­cou­ra­gé par les ré­sul­tats du coup de sonde. Il y voit une va­li­da­tion des prio­ri­tés adop­tées par le gou­ver­ne­ment, à sa­voir la créa­tion d’em­plois ain­si que des in­ves­tis­se­ments en san­té et en édu­ca­tion.

Ma­rie-Phi­lippe Ga­gnon Gau­thier, por­te­pa­role au NPD, sou­ligne le tra­vail en­tre­pris par Jen­ni­fer McKen­zie pour se faire connaître.

«Les gens qu’elle ren­contre aiment vrai­ment qu’elle soit une per­sonne ami­cale et terre-à-terre qui com­prend les pro­blèmes aux­quels ils sont confron­tés, comme le sa­laire mi­ni­mum, les gar­de­ries et l’édu­ca­tion», écri­telle.

Les pro­gres­sistes-conser­va­teurs af­firment se concen­trer da­van­tage sur l’échéance élec­to­rale à ve­nir.

«Les son­dages vont et viennent. le seul vé­ri­table test au­ra lieu en sep­tembre», note Rick La­france.

Lors des élec­tions de 2014, le Par­ti li­bé­ral a ré­col­té 42,5% des suf­frages ex­pri­més contre 34,5% pour le Par­ti pro­gres­siste-conser­va­teur, 12,9% pour le NPD, 6,6% pour le Par­ti vert et 2,1% pour l’Al­liance. Ce­la a per­mis aux li­bé­raux de faire élire 27 dé­pu­tés, 21 pour les pro­gres­sistes-conser­va­teurs et un pour les verts.

À trois mois des élec­tions, le pre­mier mi­nistre Brian Gal­lant est le chef de par­ti le plus po­pu­laire au Nou­veau-Bruns­wick. - Ar­chives

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