Un obs­tacle de taille pour les ar­tistes qui veulent voya­ger aux États-Unis

Les exemp­tions d’im­pôt pour les ar­tistes étran­gers qui se pro­duisent aux États-Unis se­ront plus dif­fi­ciles à ob­te­nir. Cette nou­velle bar­rière éco­no­mique pour­rait désa­van­ta­ger les mu­si­ciens à re­ve­nu mo­deste, no­tam­ment de l’Aca­die, ten­tés par une tour­née ch

Acadie Nouvelle - - ARTS ET SPECTACLES - Syl­vie.mous­seau@aca­die­nou­velle.com @Syl­vieMous­seau1

À comp­ter du 1er oc­tobre, le re­ve­nu des ar­tistes non ré­si­dents des États-Unis qui se pro­duisent en spec­tacle sur le ter­ri­toire amé­ri­cain de­vra at­teindre au moins 10 000$ (par ar­tiste et pour chaque membre d’un groupe), pour être ad­mis­sible à une exemp­tion d’im­pôt.

Do­ré­na­vant, l’IRS (In­ter­nal Re­ve­nu Ser­vice) n’ac­cep­te­ra plus les en­tentes pré­pa­rées par l’agence CWA (Cen­tral Wi­th­hol­ding Agree­ment), si un ar­tiste ne pré­voit pas ga­gner un mi­ni­mum de 10 000$. Par le pas­sé, ces en­tentes vi­saient à ré­duire ou même à éli­mi­ner le pré­lè­ve­ment au­to­ma­tique des im­pôts sur le re­ve­nu, don­nant ain­si ac­cès à un fonds de rou­le­ment plus éle­vé pour l’ar­tiste. Sans ac­cord d’exemp­tion, les ar­tistes doivent ver­ser au­to­ma­ti­que­ment 30% d’im­pôt au fisc amé­ri­cain. Cette me­sure touche aus­si les ath­lètes.

Les membres de l’in­dus­trie mu­si­cale ont ap­pris cette mau­vaise nou­velle par le biais d’une lettre de l’agence CWA qui pré­pare les en­tentes de dé­ro­ga­tion pour les ar­tistes. L’Aca­die Nou­velle a ob­te­nu une co­pie de la lettre.

L’agence CWA qui ex­plore di­verses so­lu­tions pour les ar­tistes à faible re­ve­nu es­time que cette me­sure au­ra un im­pact né­ga­tif sur les tour­nées aux États-Unis.

Cette nou­velle a fait ré­agir des gens du mi­lieu mu­si­cal en Aca­die. Les agents d’ar­tistes sou­lignent que c’est dé­jà très dis­pen­dieux et com­plexe d’al­ler en tour­née aux États-Unis, donc avec cette me­sure, la tâche se­ra d’au­tant plus ar­due.

Cer­tains fes­ti­vals comme le Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de Loui­siane à La­fayette au­ront peut-être plus de dif­fi­cul­té à at­ti­rer des ar­tistes aca­diens et d’ailleurs.

«Dé­jà que c’est com­pli­qué et que c’est cher pour les per­mis de tra­vail, en plus quand 30% de ton ca­chet dé­colle en taxe, il faut vrai­ment que tu veuilles al­ler aux États-Unis», a dé­cla­ré Ca­rol Dou­cet de Le Gre­nier Mu­sique.

Son col­lègue et au­teur-com­po­si­teu­rin­ter­prète Joey Ro­bin Ha­ché es­time que les tour­nées aux États-Unis se­ront de moins en moins viables éco­no­mi­que­ment. Rares sont les ar­tistes et les groupes de l’Aca­die qui ar­rivent à ga­gner 10 000$ en tour­nant aux États-Unis. L’agente d’ar­tiste Ca­role Choui­nard abonde dans le même sens. Com­ment les ar­tistes de l’Aca­die réus­si­ron­tils à ne pas être dé­fi­ci­taires en al­lant aux ÉtatsU­nis?

«C’est 10 000$ par ar­tiste et par mu­si­cien d’un groupe. Di­sons que pour les Hô­tesses d’Hi­laire, il fau­drait qu’il fasse 50 000$ pour avoir la dé­ro­ga­tion qu’on avait avant. C’est sûr qu’ils ne fe­ront pas 50 000$, en tout cas, pas tout de suite aux États-Unis», a com­men­té Ca­role Choui­nard.

Celle qui re­pré­sente les Hô­tesses d’Hi­laire sou­tient que les coûts sont très éle­vés. La der­nière fois que la for­ma­tion aca­dienne a joué en Loui­siane, les per­mis de tra­vail ont coû­té au-de­là de 3000$, en plus des frais de trans­port, de sub­sis­tance et tout ce qui en­toure le tra­vail des ar­tistes. Les ca­chets dé­passent ra­re­ment 5000$.

«En plus de mettre une taxe sur les pro­duits qui entrent aux É.-U., ils taxent les ar­tistes à plein. Au­to­ma­ti­que­ment, il va y avoir 30 pour cent du ca­chet qui se­ra re­te­nu pour le ver­ser à l’agence du re­ve­nu amé­ri­caine. Il ne res­te­ra pas grand-chose pour l’ar­tiste. C’est comme une taxe in­si­dieuse qui vient juste d’en­trer.»

Sans la dé­ro­ga­tion, les ar­tistes de­vront ap­pli­quer pour un nu­mé­ro de taxe amé­ri­caine et es­pé­rer par la suite, avoir un rem­bour­se­ment en émet­tant une dé­cla­ra­tion d’im­pôt à la fin de l’an­née, a fait sa­voir Joey Ro­bin Ha­ché.

Ca­rol Dou­cet dé­plore cette me­sure. Les ar­tistes aca­diens se pro­duisent ré­gu­liè­re­ment en Nou­velle-An­gle­terre.

«Je trouve que c’est un peu plate parce que la libre cir­cu­la­tion des ar­tistes se­rait tel­le­ment avan­ta­geuse sur­tout pour nos ar­tistes ici au Nou­veau-Bruns­wick. En gé­né­ral, il peut y avoir un fes­ti­val qui paie un gros ca­chet, met­tons 5000$, puis deux ou trois pe­tites salles, un centre cultu­rel, une école, mais avant qu’on monte à 40 000$ US, nos ar­tistes ne sont pas ren­dus là», a-telle ajou­té. ■

À comp­ter du 1er oc­tobre, le re­ve­nu des ar­tistes non ré­si­dents des États-Unis qui se pro­duisent en spec­tacle sur le ter­ri­toire amé­ri­cain de­vra at­teindre au moins 10 000$ (par ar­tiste et pour chaque membre d’un groupe), pour être ad­mis­sible à une...

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