Les tra­vailleurs pa­ra­mé­di­caux exigent d’être mieux payés

Acadie Nouvelle - - ACTUALITÉS - Pa­trick.la­celle@aca­die­nou­velle.com

Un groupe de tra­vailleurs pa­ra­mé­di­caux du Nou­veau-Bruns­wick ré­clame un re­clas­se­ment de leur pro­fes­sion et un chan­ge­ment de syn­di­cat. Ils ont amas­sé plus de 10 000$ en trois jours pour re­te­nir les ser­vices d’une firme d’avo­cat et en­ta­mer le pro­ces­sus.

Aux yeux de la loi provinciale, les tra­vailleurs pa­ra­mé­di­caux sont clas­sés comme du per­son­nel de ser­vice aux pa­tients re­pré­sen­té par la sec­tion lo­cale 1252 du Syn­di­cat ca­na­dien de la fonc­tion pu­blique (SCFP).

Il s’agit du même syn­di­cat qui re­groupe les in­fir­mières auxi­liaires et les com­mis à l’en­tre­tien dans les hô­pi­taux, par exemple.

Or, un groupe de tra­vailleurs pa­ra­mé­di­caux me­né par Joel Mat­ta­tall, af­firme que leur mé­tier a gran­de­ment évo­lué. Ils plaident pour que la loi soit mo­di­fiée afin qu’ils soient consi­dé­rés comme des pro­fes­sion­nels de la san­té.

M. Mat­ta­tall est l’un de ces su­per am­bu­lan­ciers pou­vant faire de «pe­tites chi­rur­gies sur le bord de la route» avant de trans­por­ter le pa­tient à l’hô­pi­tal. Il en­seigne aus­si le mé­tier.

«La tâche dans les an­nées 1970 était le trans­port de base vers l’hô­pi­tal. Les am­bu­lan­ciers se ren­daient chez vous. Ils vous ins­tal­laient à l’ar­rière du ca­mion et ils vous trans­por­taient à l’hô­pi­tal. C’était alors vu comme un ser­vice au pa­tient. Au cours des an­nées, l’éten­due des res­pon­sa­bi­li­tés des tra­vailleurs pa­ra­mé­di­caux s’est gran­de­ment élar­gie.»

Les tra­vailleurs pa­ra­mé­di­caux de­mandent donc que leur clas­si­fi­ca­tion soit mo­di­fiée pour re­flé­ter l’évo­lu­tion de leur pro­fes­sion, ce qui leur per­met­trait de joindre le Syn­di­cat du Nou­veauB­runs­wick, comme l’ont fait les tech­no­logues en car­dio­lo­gie en 2012.

«Nous vou­lons être as­sis à la même table de né­go­cia­tions que les autres pro­fes­sion­nels de la san­té. En tant que tra­vailleurs pa­ra­mé­di­caux et pro­fes­sion­nels de la san­té, nous avons de dif­fé­rents be­soins qu’un com­mis à l’en­tre­tien. Le SCFP fait un très bon tra­vail à pro­cu­rer la base comme un fond de re­traite. On ne veut pas né­ces­saire al­ler contre le SCFP, c’est seule­ment qu’au cours des 40 der­nières an­nées, le ser­vice est pas­sé du trans­port de pa­tient à un tra­vailleur pa­ra­mé­di­cal qui vous offre des trai­te­ments à la mai­son», a ex­pli­qué M. Mat­ta­tall.

Ce­la se­rait aus­si la meilleure ave­nue pour ré­gler la «crise du ser­vice am­bu­lan­cier» au Nou­veau-Bruns­wick, se­lon lui. Cette pé­nu­rie de tra­vailleurs se­rait di­rec­te­ment liée au sa­laire ju­gé non com­pé­ti­tif.

Un tra­vailleur pa­ra­mé­di­cal gagne en­vi­ron 50 000$ par an­née et un tra­vailleur pa­ra­mé­di­cal en soins avan­cés a un sa­laire d’en­vi­ron 58 000$.

«Nous fai­sons presque que les mêmes tâches qu’un mé­de­cin dans la salle d’ur­gence. Évi­dem­ment, ils ont plus d’édu­ca­tion que nous, mais je peux quand même faire un trou dans votre gorge, in­sé­rer une ai­guille dans votre poi­trine et vous en­dor­mir sur le bord de la route si je le juge né­ces­saire. Tout ça pour un sa­laire moindre que plu­sieurs autres pro­fes­sions qui ont moins de res­pon­sa­bi­li­tés.»

Le Nou­veau-Bruns­wick est aus­si en mau­vaise pos­ture pour ten­ter de re­cru­ter des pro­fes­sion­nels d’autres pro­vinces en rai­son de la com­pen­sa­tion sa­la­riale peu at­trayante.

«Un tra­vailleur pa­ra­mé­di­cal en soins avan­cés au Qué­bec fait en­vi­ron 80 000$ par an­née. Ils ne vien­dront pas au Nou­veau-Bruns­wick pour 58 000$!»

Joel Mat­ta­tall n’est pas seul à vou­loir chan­ger la pro­fes­sion de l’in­té­rieur au Nou­veau-Bruns­wick. Pour l’ai­der, lui et son co­mi­té à mo­di­fier la loi, il a lan­cé une cam­pagne de so­cio­fi­nan­ce­ment pour re­te­nir les ser­vices d’une firme d’avo­cat. En neuf jours, plus de 250 per­sonnes ont contri­bué à sa col­lecte de fonds pour un to­tal de 10 680$. ■ Joel Mat­ta­tall

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