Iron­man: Marc Ar­se­neau s’at­tend de souf­frir

Acadie Nouvelle - - SPORTS - Ro­bert La­ga­cé ro­bert.la­gace@aca­die­nou­velle.com @RobLa­gace

Le 23 sep­tembre, per­du dans ses pen­sées alors qu’il dé­am­bu­lait sur la route à plus de 35 ki­lo­mètres à l’heure sur son vé­lo, Marc Ar­se­neau frappe de plein fouet une bar­ri­cade pu­bli­ci­taire. La chute est spec­ta­cu­laire et ça lui pren­dra un bon 20 mi­nutes avant qu’il puisse se re­le­ver.

Sur le coup, le tri­ath­lète ex­trême de Ba­thurst a même cru que sa par­ti­ci­pa­tion aux Cham­pion­nats mon­diaux d’Iron­man, à Kai­lua-Ko­na dans l’État d’Ha­waï, ve­nait de s’en­vo­ler.

Heu­reu­se­ment pour lui, des ra­dio­gra­phies vien­dront le ré­con­for­ter dans son mal­heur. Il n’y avait rien de cas­sé. Sauf qu’il a mal au dos. Mal­gré la phy­sio­thé­ra­pie, le mal per­siste et, avec rai­son, l’in­quiète. Pas as­sez tou­te­fois pour l’em­pê­cher de se pré­sen­ter sur la ligne de dé­part, sa­me­di ma­tin, avec les 2400 autres par­ti­ci­pants.

«Ça peut al­ler pour la nage et le vé­lo, même si je res­sens une cer­taine dou­leur, mais pour le ma­ra­thon ça risque de faire mal. Chaque fois que je lève la jambe gauche, c’est comme si j’avais une crampe dans le dos. C’est dou­lou­reux», af­firme Marc Ar­se­neau.

«Mais je vais le faire. Nous avons 17 heures pour com­plé­ter ce Iron­man et je pré­vois prendre en­vi­ron sept heures pour faire la nage et le vé­lo. Ça va donc me lais­ser plus ou moins 10 heures pour le ma­ra­thon et je mar­che­rai tout le long s’il le faut. Dans le fond, ce n’est pas si grave, il y en a qui font des ma­ra­thons sans jambes. Mais j’ai quand même hâte de voir à quoi je vais res­sem­bler après cinq heures de vé­lo», ré­vèle ce­lui qui en en se­ra ce wee­kend à son 17e Iron­man à vie.

Lors­qu’on de­mande à l’homme âgé de 50 ans s’il pour­rait en­vi­sage de ne pas ter­mi­ner l’épreuve, la ré­ponse ne se fait pas at­tendre.

«C’est une pos­si­bi­li­té, mais je ne veux même pas l’en­vi­sa­ger. Si j’aban­donne, ce ne se­ra pas parce que je ne veux pas, ce se­ra parce que mon corps ne peut plus. Si ja­mais ça ar­rive, tu peux être sûr que je vais trou­ver une fa­çon de me qua­li­fier de nou­veau pour ve­nir ici. Et la pro­chaine fois, je se­rai en san­té», men­tionne Ar­se­neau, qui en est à sa pre­mière par­ti­ci­pa­tion aux Mon­diaux de Ko­na.

Ce­la dit, en dé­pit de ses maux de dos, Marc Ar­se­neau dit pro­fi­ter plei­ne­ment de son pas­sage sur l’île d’Ha­waï.

«L’am­biance qu’il y a ici est exac­te­ment ce que je pen­sais que ça se­rait. Il y a dé­jà des ca­mé­ras par­tout et sa­me­di, il est pré­vu que des hé­li­co­ptères se pro­mè­ne­ront au-des­sus des par­ti­ci­pants pour cap­ter des images. Il y au­ra aus­si des ca­me­ra­men sous l’eau lors de l’épreuve de nage. C’est com­plè­te­ment fou», dit-il.

QUATRE MON­DIAUX EN UN AN

Une autre rai­son pour­quoi il tient à prendre part à l’épreuve de sa­me­di mal­gré son dos en­do­lo­ri, c’est qu’il s’est qua­li­fié pour les quatre cham­pion­nats du monde de son sport dans la der­nière an­née.

En juillet, il a par­ti­ci­pé aux Mon­diaux de longue dis­tance ITU à Fyn, au Da­ne­mark, où il a pris le 15e rang dans son groupe d’âge (50-54 ans) avec un chro­no de 6h50m03s.

Il est de plus dé­jà qua­li­fié pour les Mon­diaux de triath­lon sprint qui au­ront lieu à Lau­sanne, en Suisse, du 29 août au 1er sep­tembre, ain­si qu’aux Mon­diaux du de­miI­ron­man qui se­ront pré­sen­tés le 7 sep­tembre à Nice, en France.

Pour Marc Ar­se­neau, c’est un ac­com­plis­se­ment dont il est fier.

«Je ne suis pas un ath­lète na­tu­rel, confie-til. Ce que j’ai réus­si jus­qu’ici, c’est grâce au tra­vail que j’ai mis dans l’en­traî­ne­ment. Et ce qui m’en­cou­rage, c’est que je conti­nue de m’amé­lio­rer même à 50 ans. Je veux voir jus­qu’où ça va me me­ner.»

«En­core au­jourd’hui, c’est un peu sur­réel de me voir sur un po­dium. Ja­mais je n’avais pen­sé que je pour­rais y ar­ri­ver quand j’ai com­men­cé à faire des tri­ath­lons. Le triath­lon a chan­gé ma vie. Je suis plus en san­té au­jourd’hui que je ne l’étais à 35 ans. Le plus drôle c’est que je ne fais pas ça pour les vic­toires. Pour­tant, chaque fois qu’on me donne un tro­phée je me sens quand même comme un ti-cul de 13-14 ans. C’est pour­quoi je ne peux pas m’ima­gi­ner ar­rê­ter ça un jour. C’est de­ve­nu un mode de vie pour moi», ajoute Marc Ar­se­neau. ■

Marc Ar­se­neau - Gra­cieu­se­té

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