Tué deux mi­nutes avant l’ar­mis­tice…

Acadie Nouvelle - - JOUR DU SOUVENIR -

Quelques ins­tants avant l’ar­mis­tice met­tant fin à la Pre­mière Guerre mon­diale, le 11 no­vembre 1918, une balle de ti­reur d’élite a cou­pé l’air du ma­tin. Elle a frap­pé un sol­dat ca­na­dien à la poi­trine alors qu’il sor­tait d’une mai­son d’un pe­tit vil­lage belge. George La­wrence Price est dé­cé­dé quelques mi­nutes plus tard à 10h58 - deux mi­nutes avant la fin des hos­ti­li­tés.

Il est de­ve­nu le der­nier sol­dat de l’Em­pire bri­tan­nique à mou­rir dans une guerre qui a coû­té la vie à des mil­lions de per­sonnes, dont près de 67 000 Ca­na­diens et Terre-Neu­viens.

On ignore si le jeune homme, âgé de 25 ans, était au cou­rant du fait que la guerre était sur le point de se ter­mi­ner quand lui et cinq autres membres de la com­pa­gnie A, le 28e ba­taillon du Sas­kat­che­wan North West Re­gi­ment, ont dé­ci­dé de fouiller une sé­rie de mai­sons à Ville-Sur-Haine, à l’est de Mons.

«Ils avaient en­ten­du des ru­meurs pen­dant des mois di­sant que la guerre al­lait peut-être se ter­mi­ner, mais si vous êtes un sol­dat au front, vous avez ten­dance à prendre ce­la avec un grain de sel», a dé­cla­ré Ken Hynes, con­ser­va­teur du Mu­sée de l’Ar­mée Ci­ta­delle de Ha­li­fax. «Donc, George fai­sait son tra­vail.» Price a re­çu à titre post­hume la Mé­daille de la guerre bri­tan­nique et la Mé­daille de la vic­toire.

Il est en­ter­ré dans un ci­me­tière en Bel­gique, près de la pre­mière vic­time de la guerre de l’Em­pire bri­tan­nique, le sol­dat John Parr du 4e ba­taillon du Midd­le­sex Re­gi­ment.

L’his­toire de Price est res­tée en­ra­ci­née dans la tra­di­tion de sa fa­mille, se­lon sa nièce, Be­ver­ly McLean, de Kent­ville, près de Grand Pré, en Nou­velle-Écosse.

«Ma mère était sa deuxième plus jeune soeur et, de­puis que je suis pe­tite fille, tout ce dont j’en­tends par­ler, c’est de l’oncle George», a dé­cla­ré McLean à la suite de la pre­mière jour­née de pro­duc­tion à Ha­li­fax d’un court mé­trage do­cu­men­taire sur Price.

«Ma mère ado­rait mon oncle et elle a ap­pe­lé son fils George.»

Price, ori­gi­naire de Fal­mouth, en Nou­velle-Écosse, tra­vaillait comme ou­vrier à Moose Jaw, en Sas­kat­che­wan, lors­qu’il a été re­cru­té le 15 oc­tobre 1917.

Il a par­ti­ci­pé à la ba­taille d’Amiens, à la ba­taille de Cam­brai et à la pour­suite de Mons et fut ga­zé dans la ré­gion du Ca­nal­du-Nord, le 8 sep­tembre 1918.

À sa sor­tie de l’hô­pi­tal, le 26 sep­tembre, il était sur la ligne de front de Ca­nal-duCentre lors­qu’il a pris part aux ma­noeuvres qui ont me­né à sa mort.

Se­lon les re­gistres de l’uni­té, Price et ses ca­ma­rades ont tra­ver­sé le ca­nal pour ex­plo­rer des mai­sons qui sem­blaient être le site d’un poste de mi­trailleuse al­le­mand. Ils se sont pré­ci­pi­tés dans un bâ­ti­ment et n’ont trou­vé que le pro­prié­taire et sa fa­mille après que les Al­le­mands en soient sor­tis par la porte ar­rière.

Une deuxième mai­son a été vé­ri­fiée et, alors que Price mar­chait dans la rue, il s’est ef­fon­dré su­bi­te­ment dans les bras du sol­dat Art Good­mur­phy. Il a été ra­me­né dans la mai­son où les ten­ta­tives de le sau­ver ont été vaines.

Se­lon ce qu’a ra­con­té Good­mur­phy, le groupe de re­con­nais­sance ca­na­dien dont il fai­sait par­tie avec Price «n’a ja­mais pen­sé à la fin de la guerre».

Hynes sou­ligne que, même à la lu­mière du nombre hor­rible de morts que toutes les ar­mées ont su­bi pen­dant la guerre, il convient que Price soit re­con­nu comme une fi­gure d’im­por­tance his­to­rique.

«Il est très dif­fi­cile pour les gens de com­prendre le nombre mas­sif de vic­times de la Grande Guerre», a-t-il dé­cla­ré.

«Mais si vous pou­vez vous concen­trer sur une seule per­sonne, vous pou­vez peu­têtre faire un lien avec le cha­grin et la tra­gé­die.» ■

La pierre tom­bale de George La­wrence Price. - Gra­cieu­se­té: Wi­ki­pe­dia

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.