Les femmes se mé­fient du «gros bon sens» du gou­ver­ne­ment

Acadie Nouvelle - - ACTUALITÉS -

Le Conseil des femmes du Nou­veauB­runs­wick in­vite le gou­ver­ne­ment de Blaine Higgs «à faire preuve de pru­dence» avec l’uti­li­sa­tion de l’ex­pres­sion «gros bon sens».

Se­lon la co­pré­si­dente de l’or­ga­nisme in­dé­pen­dant, Jen­ni­fer Ri­chard, cette ex­pres­sion a été uti­li­sée his­to­ri­que­ment «à la dé­fense du sta­tu quo qui avait pour ef­fet de pri­ver de leurs droits cer­tains groupes de la po­pu­la­tion».

«C’est le ‘‘gros bon sens’’ qui a été uti­li­sé afin de jus­ti­fier l’idée qu’il était in­utile d’oc­troyer le droit de vote aux femmes ou de leur al­louer le même sa­laire que les hommes qui ef­fec­tuaient les mêmes tâches qu’elles», a dé­cla­ré Mme Ri­chard.

Le Conseil des femmes a pu­blié un com­mu­ni­qué de presse, mar­di, en ré­ac­tion au dis­cours du Trône du gou­ver­ne­ment et aux ré­cents dé­bats à l’As­sem­blée lé­gis­la­tive.

À l’heure où cer­tains ac­cusent les exi­gences lin­guis­tiques d’être la cause de la crise dans le sys­tème am­bu­lan­cier néo­bruns­wi­ckois, le gou­ver­ne­ment a confié à ce su­jet dans son dis­cours du Trône que «l’idéo­lo­gie ou la po­li­tique» ne de­vrait pas faire «obs­tacle à des so­lu­tions ins­pi­rées par le bon sens».

Le chef de l’Al­liance des gens, Kris Aus­tin, a éga­le­ment fait ap­pel au «gros bon sens» lors de son al­lo­cu­tion du­rant une an­nonce gou­ver­ne­men­tale sur le sys­tème am­bu­lan­cier le mois der­nier.

L’Al­liance des gens mi­lite pour re­ti­rer des ac­quis à la mi­no­ri­té fran­co­phone et veut no­tam­ment abo­lir le Com­mis­sa­riat aux langues of­fi­cielles.

«En rai­son des pré­cé­dents his­to­riques et de la mar­gi­na­li­sa­tion conti­nue de cer­tains groupes de la po­pu­la­tion qui com­posent notre so­cié­té (...) ceux-ci peuvent in­ter­pré­ter les ré­fé­rences au “gros bon sens” comme une in­di­ca­tion que les dé­fis par­ti­cu­liers avec les­quels elles et ils doivent com­po­ser ne se­ront pas pris en compte ou que leurs be­soins lé­gi­times se­ront ba­layés du re­vers de la main et ju­gés comme étant des de­mandes in­si­gni­fiantes», a pré­vient Jen­ni­fer Ri­chard.

Les membres du Conseil des femmes ont éga­le­ment été «dé­çues que le dis­cours du Trône n’ait pas fait men­tion ex­pli­ci­te­ment de la ques­tion de l’avan­ce­ment de l’éga­li­té des femmes», se­lon l’autre co­pré­si­dente de l’or­ga­nisme, Jo­dy Dal­laire.

Les ini­tia­tives du dis­cours du Trône concer­nant la Com­mis­sion de vé­ri­té et de ré­con­ci­lia­tion, la lutte à la pau­vre­té, les soins à do­mi­cile et les soins de san­té sont vues d’un bon oeil par le Conseil.

Le Conseil des femmes est un or­ga­nisme in­dé­pen­dant fi­nan­cé par le gou­ver­ne­ment dont la mis­sion est de conseiller les élus sur les ques­tions re­la­tives à l’éga­li­té des femmes.- MRC ■

Jen­ni­fer Ri­chard - Ar­chives

Blaine Higgs - Ar­chives

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