Les femmes font tran­quille­ment leur place en hu­mour

En­core beau­coup de che­min reste ce­pen­dant à faire

Acadie Nouvelle - - ARTS ET SPECTACLES - Syl­vie Mous­seau syl­vie.mous­seau@aca­die­nou­velle.com @Syl­vieMous­seau1

Les femmes ont-elles suf­fi­sam­ment de place en hu­mour? La ci­néaste et hu­mo­riste acadienne Line Woods es­time que la si­tua­tion s’est amé­lio­rée gran­de­ment au cours des der­nières an­nées, même s’il reste en­core du che­min à par­cou­rir avant d’at­teindre la pa­ri­té.

Le Ga­la d’hu­mour fran­co­phone Rire… ici on le peut du Fes­ti­val HubCap pré­sen­té, sa­me­di soir, ras­sem­ble­ra sept hu­mo­ristes de l’Aca­die, dont deux femmes.

Line Woods qui fait par­tie de la dis­tri­bu­tion de ce ga­la et de la re­vue hu­mo­ris­tique du 17 oc­tobre sou­ligne qu’il y a quelques an­nées, les femmes étaient pra­ti­que­ment in­vi­sibles sur la scène de l’hu­mour. Celle qui oeuvre dans le monde du ci­né­ma no­tam­ment comme scé­na­riste s’in­té­resse à l’hu­mour de­puis long­temps.

Plus jeune, ja­mais elle n’au­rait ima­gi­né s’aven­tu­rer sur une scène pour faire du stand-up, s’es­ti­mant trop ré­ser­vée. De­vant le manque de femme dans les soi­rées d’hu­mour, elle a eu en­vie de ten­ter sa chance.

«J’al­lais voir les open mic, j’étais tel­le­ment dé­çue, je trou­vais qu’il man­quait une voix fé­mi­nine vraie et réa­liste parce qu’on a les mêmes pen­sées, ob­ser­va­tions, frus­tra­tions que n’im­porte qui d’autre. On n’avait juste pas ten­dance à prendre la place pour le faire et en par­ler. Tout ça mis en­semble a fait que je me suis dit si ça doit être moi, ce se­ra moi.»

Comme scé­na­riste et écri­vaine, elle aime cette idée que l’hu­mo­riste n’a pas be­soin de toute une équipe et de par­te­naires de jeu pour se pro­duire sur une scène. Sa vic­toire ou sa perte ne dé­pend que d’elle seule. L’ar­tiste ori­gi­naire de Sainte-Ma­rie-de-Kent a fait ses dé­buts il y a près de trois ans dans les soi­rées d’hu­mour à Monc­ton or­ga­ni­sées par le re­gret­té Mar­tin Saul­nier.

«Quand j’ai com­men­cé, il y avait beau­coup de femmes qui ve­naient me voir et qui me di­saient ‘‘si tu es là, je me pré­sen­te­rai’’. J’ai réa­li­sé qu’il y avait cer­taines femmes qui n’étaient pas à l’aise d’être la seule hu­mo­riste de la soi­rée.»

Sur la scène, Line Woods cherche à se dif­fé­ren­cier des autres hu­mo­ristes en trai­tant de cer­tains su­jets que par­fois les femmes n’osent pas né­ces­sai­re­ment abor­der.

Cette mère seule de deux en­fants trans­forme les pe­tites dif­fi­cul­tés de la vie et les frus­tra­tions sous un angle hu­mo­ris­tique et par­fois de fa­çon as­sez au­da­cieuse.

«Je me suis dit qu’il n’y a pas de fa­çon que je peux com­men­cer à faire de l’hu­mour et être Louis Jo­sé Houde le jour un. J’ai com­men­cé par m’ha­bi­tuer à être debout sur scène, ma voix dans le mi­cro et je me suis dit que les jokes al­laient ve­nir avec le temps et que ça al­lait s’amé­lio­rer. On y va, on es­saie et on se re­prend. Je me suis tou­jours ar­ran­gée pour avoir une autre date de ré­ser­vée avant d’em­bar­quer sur scène. Alors si ça ne va pas bien, je sa­vais que je pou­vais me re­prendre et que je pour­rais cor­ri­ger par telle date.»

FOR­MA­TION EN HU­MOUR

Line Woods a sui­vi la for­ma­tion de l’hu­mo­riste Nik­ki Payne qui l’a d’ailleurs en­cou­ra­gée à faire ses dé­buts dans les soi­rées de co­mé­die.

Se­lon Xavier Lé­ger du Fes­ti­val HubCap, le re­cru­te­ment spé­ci­fique au­près des femmes et l’école de l’hu­mour de

Nik­ki Payne au Théâtre Ca­pi­tol ont contri­bué à ac­croître la pré­sence des femmes dans le pay­sage de l’hu­mour.

«Quand elle (Nik­ki Payne) a mis en place une école d’hu­mour au Théâtre Ca­pi­tol, elle a of­fert des ate­liers spé­ci­fi­que­ment pour les femmes. De­puis ce temps, on a vu au moins le double ou le triple de femmes qui se pré­sentent aux soi­rées à mi­cro ou­vert avec confiance parce qu’elles ont eu ce genre de men­to­rat d’une des plus grandes hu­mo­ristes au pays.»

Xavier Lé­ger ad­met que la si­tua­tion n’est pas en­core par­faite. Si les ga­las d’hu­mour du fes­ti­val re­groupent tou­jours plus d’hommes que de femmes, les res­pon­sables notent quand même une aug­men­ta­tion de la di­ver­si­té dans les ate­liers, les écoles de l’hu­mour, les concours et les soi­rées à mi­cro ou­vert.

Xavier Lé­ger sou­ligne que le bas­sin d’hu­mo­ristes fran­co­phones (tout genre confon­du) n’est pas im­mense au Nou­veau-Bruns­wick. Pour le ga­la de sa­me­di soir qui compte une mi­no­ri­té de femmes, les or­ga­ni­sa­teurs ont dû com­po­ser avec cer­tains cri­tères (d’après la sub­ven­tion qu’ils ont re­çue pour ces spec­tacles). La pro­gram­ma­tion de­vait com­prendre une re­pré­sen­ta­tion de chaque ré­gion de la pro­vince, avec des têtes d’af­fiche et des hu­mo­ristes de la re­lève. ■

«De plus en plus de femmes se pré­sentent. C’est ex­cellent parce que ça nous donne plus de choix de re­pê­chage quand on vient à pro­gram­mer des shows. On peut choi­sir les meilleurs hu­mo­ristes et ça adonne que plu­sieurs d’entre eux sont des femmes. On peut tou­jours faire mieux et il y a tou­jours du dé­ve­lop­pe­ment à faire en terme de di­ver­si­té en gé­né­ral.»

Line Woods, de Sainte-Ma­rie-de-Kent, fait par­tie des hu­mo­ristes qui mon­te­ront sur scène, sa­me­di, dans le cadre du ga­la Rire... ici on le peut du Fes­ti­val Hubcap. - Gra­cieu­se­té

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