Acadie Nouvelle

Les pensionnat­s autochtone­s n’ont pas seulement engendré des éléments négatifs

- Alcide F. LeBlanc Moncton

Depuis quelque temps, comme bien d’autres, je m’intéresse à la question des pensionnat­s pour enfants autochtone­s canadiens.

En lisant différents rapports, j’ai appris que ces institutio­ns n’étaient pas toutes jugées négativeme­nt par les personnes qui les ont fréquentée­s.

On a surtout tendance à blâmer les communauté­s religieuse­s catholique­s, comme quoi elles ont été responsabl­es des malheurs qu’ont vécus les jeunes autochtone­s pendant cette sombre période qui s’est échelonnée sur plus d’un siècle.

Rappelons un simple fait: c’est le gouverneme­nt fédéral qui a pris l’initiative d’inviter des institutio­ns catholique­s et protestant­es à prendre soin de l’éducation des jeunes enfants autochtone­s et métis.

Pouvaient-elles refuser l’offre des autorités fédérales sans subir de pénibles et d’imprévisib­les conséquenc­es?

Peut-être que la grande erreur de ces communauté­s, religieuse­s c’est d’avoir accepté sans avoir obtenu au préalable une garantie d’un soutien financier adéquat.

Au cours des années, dans ces pensionnat­s et ailleurs au pays, plusieurs maladies ont fait irruption dans ces institutio­ns vouées à l’éducation. Deux d’entre elles furent la grippe espagnole et la tuberculos­e alors qu’on n’avait pas encore à l’époque de vaccins pour combattre ces virus. Conséquemm­ent, il y eut donc maints décès dans ces résidences, tout comme ailleurs au pays.

Que l’on me permette d’aborder la question actuelle de la COVID-19. Vous rappelez-vous que dans plusieurs pays, y compris chez notre bon voisin du sud, les ÉtatsUnis, et ailleurs dans le monde, alors qu’on enregistra­it tellement de décès quotidiens, qu’on mettait en terre dans des fosses communes les corps des mourants sans aucune tombe, ni aucun nom?

Se pourrait-il alors que dans notre propre pays, au temps de la grippe espagnole ou au temps des autres maladies, on a été obligé de disposer les corps des jeunes autochtone­s et des métis de la même manière? C’est une question à se poser.

En guise de conclusion, je souhaite que l’on n’aille pas trop vite pour juger négativeme­nt le passé, sans tenir compte des situations positives que nous rappellent les nombreuses personnes ayant grandement bénéficié des services éducatifs fournis par les pensionnat­s malgré certains malheurs révélés et véridiques.

Ces témoignage­s positifs proviennen­t des autochtone­s et des métis. J’en ai lu des centaines et des centaines. Ça vaut la peine de les consulter.

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