Les craintes de Meh­di Bou­sai­dan

L’hu­mo­riste nous dé­voile comment les jeux de so­cié­té l’ont ai­dé lors de son ar­ri­vée au Qué­bec, et sur­tout, son an­ti­ci­pa­tion face à son pre­mier spec­tacle so­lo, ac­tuel­le­ment en pré­pa­ra­tion.

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Ma­rie-Eve Le­clerc

M.-E.L.: Tu es porte-pa­role pour le fes­ti­val Mon­tréal joue 2018. Pour­quoi as-tu ac­cep­té ce rôle? M.B.: «Je suis fan de jeux vi­déo et de so­cié­té, car je trouve ça ras­sem­bleur. J’adore jouer à des jeux dans un cha­let. Avec mes amis, on joue aux Co­lons de Ca­tane. Je trouve ça im­por­tant d’avoir des jeux de so­cié­té, car lorsque j’étais jeune, c’est ce qui m’a ap­pris à so­cia­li­ser avec les autres. Et j’aime beau­coup être porte-pa­role, spé­cia­le­ment pour des causes qui re­joignent les jeunes. On veut que ces der­niers sortent de la mai­son, qu’ils se ras­semblent entre eux.» Comment les jeux de so­cié­té t’ont-ils ser­vi dans ta vie so­ciale, à l’école? «Lors de mon ar­ri­vée au Qué­bec, je ne par­lais pas fran­çais. C’était dif­fi­cile de trou­ver des liens com­muns avec les autres jeunes. En classe, on ap­pre­nait le fran­çais grâce aux jeux de so­cié­té, puis­qu’on ne pou­vait pas faire de dic­tées, etc. C’est un peu ce qui nous liait entre nous. À par­tir du mo­ment où il y a des rè­gle­ments à suivre, nous par­tons tous de la même base. Peu im­porte d’où nous ve­nions ou la langue que nous par­lions, nous réus­sis­sions à nous re­joindre là-de­dans. Ça m’a beau­coup ai­dé pour mon che­mi­ne­ment ici et pour ap­prendre le fran­çais.» Ton ar­ri­vée au Qué­bec a-t-elle été dif­fi­cile à vivre? «Non, pas vrai­ment. Les en­fants réus­sissent sou­vent à s’en sor­tir de ma­nière plus lu­dique. Ha­bi­tuel­le­ment, c’est plus ar­du pour les pa­rents, qui vivent le stress de chan­ger de pays, de car­rière, et de re­par­tir à zé­ro dans un autre en­droit. Pour moi, ç’a été le fun et j’ai réus­si à faire en sorte que l’ex­pé­rience ne soit pas trop trau­ma­ti­sante. J’ai ap­pris le fran­çais as­sez ra­pi­de­ment, en un an.» On a su ré­cem­ment que l’émis­sion Med ne re­ve­nait pas. Comment as-tu ré­agi en ap­pre­nant la nou­velle? «C’est dom­mage et triste, puisque c’était mon pre­mier gros pro­jet. Mais c’est une bonne chose, car il y a tel­le­ment d’autres pro­jets qui s’en viennent. Il faut lais­ser de la place afin d’avoir le temps de tout faire. Il y a sur­tout mon deuxième bé­bé qui ar­rive: mon one man show.» Comment se dé­roule la pro­duc­tion du spec­tacle jus­qu’à main­te­nant? «Ça se passe bien, ça va vite! Je suis en­core en écri­ture, mais ce vo­let est presque ter­mi­né. Il reste en­core quelques trucs à peau­fi­ner, et on com­mence les ro­dages à la fin du mois de mars.» Quels su­jets abor­de­ras-tu dans ton spec­tacle so­lo? «Sou­vent, les hu­mo­ristes parlent de leur vie, sur­tout dans leur pre­mier spec­tacle. Le mien parle plu­tôt du “nous” en tant que so­cié­té. Le nom n’est pas en­core of­fi­ciel, mais je l’ap­pel­le­rais “De­main” puisque j’aborde le fu­tur, ce qui s’en vient pour les Qué­bé­cois. Cer­tains su­jets se­ront plus lourds que d’autres, mais ils sont tou­jours trai­tés de ma­nière hu­mo­ris­tique.» «Tu di­sais qu’il était risqué de lan­cer un one man show. Pour­quoi? «C’est cer­tain qu’il y a une crainte. C’est un gros pro­jet, ça fait quatre ou cinq ans que je tra­vaille des­sus. Le one man show, c’était le but ul­time. Et le pre­mier est tou­jours plus dif­fi­cile à mettre sur pied, car c’est à par­tir de lui que tu te pré­sentes. Tu ne veux pas te plan­ter dans ce pre­mier spec­tacle, car per­sonne n’ira voir le se­cond. Il faut donc que tu frappes fort et juste. Ça ajoute un énorme stress. C’est en fai­sant le ro­dage que je vais com­prendre mon spec­tacle et le mettre sur pied.» C’est la fin de ta tour­née avec Ju­lien La­croix. Vis-tu un pe­tit deuil? «Non, Ju­lien et moi nous voyons presque tous les jours. Ça ne va pas chan­ger grand-chose. Cette tour­née était un beau trip entre amis, dans le­quel nous avons fait le tour du Qué­bec et avons ri. Ce fut une belle sur­prise de voir que les salles étaient presque tou­jours combles. Mais nous sommes prêts tous les deux à faire nos spec­tacles en so­lo.» Tu fais éga­le­ment par­tie de la deuxième sai­son de Trop, dans la­quelle ton per­son­nage de­vient père… «Sa­mir se dé­couvre beau­coup à tra­vers son rôle de père. On voit qu’il a quelques pe­tites dif­fi­cul­tés, il est mal­adroit, mais il veut beau­coup s’im­pli­quer. J’ai tour­né avec de vrais bé­bés et, lorsque tu en tiens un dans tes bras, on di­rait que tu de­viens vrai­ment un père. J’ai tel­le­ment tri­pé du­rant le tour­nage que j’ai dé­cou­vert une fa­cette un peu pa­ter­nelle en moi.» Tu es avec ton amou­reuse de­puis deux ans. Vou­drais-tu de­ve­nir père? «Oui, j’ai eu du plai­sir du­rant le tour­nage, mais j’ai vu à quel point c’est stres­sant d’avoir des en­fants. Je ne pour­rais pas faire ça au­jourd’hui, je n’ai pas le temps. Mais, éven­tuel­le­ment, oui, j’ai­me­rais ça.»

Avec sa conjointe, en 2017.

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