Vincent-Guillaume Otis: «Mon frère en­so­leille la vie des gens»

De­puis neuf ans, Vincent-Guillaume Otis est porte-pa­role de la Se­maine qué­bé­coise de la dé­fi­cience men­tale. Cette cause lui tient par­ti­cu­liè­re­ment à coeur parce qu’elle touche di­rec­te­ment sa fa­mille.

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Yves Bou­dreau

Quand Vincent-Guillaume Otis parle de son frère, Jean-Sé­bas­tien, at­teint de dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle, nous res­sen­tons une grande émo­tion, mais aus­si une très grande ten­dresse: «Je n’ai que 13 mois de dif­fé­rence avec mon frère. Il est né après moi. Treize mois, ce n’est pas une grosse dif­fé­rence d’âge et j’étais tou­jours col­lé à lui. Ça nous a pris un pe­tit bout de temps à réa­li­ser que mon frère avait une dé­fi­cience. Dans l’en­fance, c’était mon par­te­naire de vie. Nous avons fré­quen­té la même gar­de­rie, la même école. Il avait ses forces, j’avais les miennes. C’est à l’école pri­maire que mes pa­rents ont consta­té que mon frère était quelque peu dif­fé­rent. Mais comme ils étaient très ou­verts, ils trai­taient mon frère de la même fa­çon qu’ils me trai­taient.»

Pour Vincent-Guillaume, l’école et l’ac­cès à la so­cia­li­sa­tion a été l’élé­ment dé­clen­cheur: «À cause de sa dé­fi­cience, JeanSé­bas­tien était vic­time d’in­ti­mi­da­tion. Les en­fants, peuvent être très mé­chants entre eux. Je le dé­fen­dais, je me suis quelques fois bat­tu avec d’autres en­fants pour le dé­fendre.» Ja­mais, lors de notre conver­sa­tion, Vin­centGuillaume ne nous a fait sen­tir que son frère était un poids pour lui: «Bien sûr qu’il y a des dif­fé­rences, mais mon frère mène une belle vie. Il tra­vaille en ef­fec­tuant des mé­nages dans un centre com­mer­cial, il a une blonde et, comme tout le monde, il a ses peines et ses joies. Mais il vit au jour le jour. Quand je suis avec lui, mal­heu­reu­se­ment pas as­sez

sou­vent parce qu’il ha­bite à Qué­bec, je me sens calme, sans stress. Et comme il vit au jour le jour, avec une grande can­deur, il en­so­leille la vie des gens qui l’en­tourent.»

Pour le jeune homme, il est très im­por­tant de s’im­pli­quer dans la Se­maine qué­bé­coise de la dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle (SQDI): «C’est im­por­tant parce qu’il faut mettre en lu­mière la dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle, mettre en lu­mière aus­si toutes les as­so­cia­tions ré­gio­nales qui tra­vaillent très fort pour ve­nir en aide à tous ceux qui sont at­teints de ce han­di­cap. L’État a aus­si un rôle à jouer dans l’aide à leur ap­por­ter. Les com­pres­sions des der­nières an­nées ont fait très mal, sur­tout pour ceux qui at­teignent l’âge de la

«Je me suis bat­tu avec d’autres en­fants pour le dé­fendre.»

ma­tu­ri­té. Après 21 ans, ils doivent tou­jours vivre avec leur dé­fi­cience, mais on di­rait que l’État se dé­charge de toute res­pon­sa­bi­li­té en­vers eux. Je ne veux pas trop m’em­bar­quer là-de­dans, ça me choque trop.»

Vincent-Guillaume Otis est ac­ti­ve­ment en­ga­gé au­près de la SQDI non seule­ment parce que son frère, Jean-Sé­bas­tien, est at­teint de dé­fi­cience, mais parce qu’il est aus­si père de trois en­fants. Quand sa blonde, la co­mé­dienne Éve­line Gé­li­nas, est tom­bée en­ceinte, le couple n’a pu faire au­tre­ment que de pen­ser à la gé­né­tique: «C’est sûr que nous y pen­sons. Mais le dé­pis­tage ne sert pas à grand-chose. Que fe­rions-nous en le sa­chant avant la nais­sance? Nous sommes chan­ceux, nos en­fants sont en san­té. Et mon frère m’a ap­pris à me sou­cier des autres.»

«JE NE sAis pAs si JE rE­viENs dANs Dis­trict 31 » Même s’il s’en­gage beau­coup dans cette cause, le co­mé­dien conti­nue de tra­vailler très fort: «Je dois tour­ner dans Dis­trict 31 jus­qu’au 23 mars. puis je vais re­prendre mon rôle dans rup­tures 4. Je n’étais pas très pré­sent cette an­née dans cette sé­rie et je ne sais pas en­core si mon per­son­nage se­ra là plus sou­vent. Quant à Dis­trict 31, vous sa­vez que je ne peux rien dire. Même si je vou­lais vous en par­ler, je ne pour­rais pas parce que je ne sais pas en­core comment la deuxième sai­son va se ter­mi­ner. Je ne sais pas si je se­rai en­core là pour la troi­sième sai­son. J’ai­me­rais bien que Luc dionne ne fasse pas dis­pa­raître pa­trick, mon per­son­nage.»

Vincent-Guillaume se­ra pas­sa­ble­ment libre l’été pro­chain: «Éve­line est pré­sen­te­ment en tour­née pour jouer dans Des arbres avec Maxime de­nom­mée. Elle rem­place so­phie Ca­dieux pour plu­sieurs re­pré­sen­ta­tions. puis, cet été, elle joue­ra dans Belles-soeurs où elle in­ter­prète le rôle de pier­rette Gué­rin. Comme elle se­ra à Chi­cou­ti­mi, nous irons pas­ser deux se­maines dans cette ré­gion du Qué­bec avec les en­fants.»

Il pré­voit pas­ser du temps en fa­mille cet été à Chi­cou­ti­mi. Le voi­ci en com­pa­gnie de son épouse, la co­mé­dienne Éve­line Gé­li­nas.

Son tra­vail au sein de la sé­rie Dis­trict 31 est co­los­sal puis­qu’il est dans presque toutes les émis­sions.

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