Mar­tin Drain­ville: «Je me dé­fi­nis beau­coup par ma pa­ter­ni­té»

C’est avec grand plai­sir que Mar­tin Drain­ville re­trouve chaque été ses deux amis Luc Gué­rin et Be­noît Brière sur les planches du Théâtre du Vieux-Ter­re­bonne. Le co­mé­dien a dé­ci­dé d’être plus ac­tif au théâtre cette an­née.

Allô Vedettes - - SOM­MAIRE - Luc De­non­court

L.D.: Le dé­fi est-il de trou­ver une pièce avec trois per­son­nages forts chaque an­née? M.D.: «On l’a trou­vée au cou­rant de l’été der­nier. C’est une pièce que Ray Coo­ney a écrite il y a une quin­zaine d’an­nées, et qui met en scène trois frères. Elle était tout in­di­quée pour nous. On est une belle gang cette an­née. De plus, c’est une his­toire qui nous chan­geait puis­qu’elle tourne au­tour d’un per­son­nage qui veut adop­ter. C’est une jour­née de fou, mais avec un autre thème.» Vous met­tez en scène de grands ac­teurs presque chaque an­née. Est-ce un ca­deau comme pro­duc­teur? «C’est un ca­deau pour nous, mais aus­si pour le pu­blic qui vient voir la pièce. On a la chance d’avoir des spec­ta­teurs as­sez fi­dèles et on fait tout pour ne pas les dé­ce­voir. Il faut ré­pondre à leurs at­tentes. Per­sonne n’est ja­mais à l’abri d’un échec. Ce pro­jet nous oc­cupe toute l’an­née. On est comme des pro­duc­teurs sai­son­niers et on ré­colte le fruit de notre tra­vail l’été. On es­saie de créer un hap­pe­ning. Une salle qui rit, c’est ex­ci­tant pour tout le monde.» Le pu­blic achète ses billets un an à l’avance sans même connaître la pièce. Est-ce flat­teur? «C’est à la fois très récon­fortant et stres­sant. Ils nous font confiance alors on veut être à la hau­teur. On est dans la ca­té­go­rie des loi­sirs, les gens ont un bud­get, on ne veut pas qu’ils re­grettent leur choix.» Vous êtes co­di­rec­teur ar­tis­tique. Ar­ri­vez-vous à vous sor­tir ce rôle de la tête une fois sur scène? «Je n’y pense pas trop. La meilleure fa­çon d’ai­der le pro­duc­teur, c’est que l’ac­teur joue le mieux pos­sible. On n’a pas d’in­quié­tudes à ou­trance. On a une bonne équipe, au­tant les concep­teurs que les co­mé­diens. Ce n’est pas tout le monde qui veut jouer l’été, mais ils veulent jouer chez nous. Ce­la nous per­met de créer des équipes de rêve. J’ai tou­jours le cha­peau de pro­duc­teur, mais en même temps, je ne l’ai ja­mais. On est fiers, or­gueilleux et on veut que le ré­sul­tat soit bon.» Ai­me­riez-vous écrire une pièce? «Je ne dé­tes­te­rais pas le faire, mais ce qui nous manque, c’est le temps. Je l’ai vé­cu lorsque j’ai joué à King­sey Falls; on pré­sen­tait une créa­tion. Il faut la com­men­cer bien en avance et avoir le loi­sir de chan­ger d’idée s’il y a quoi que ce soit. J’ai vé­cu le fait d’être pris avec la pièce que l’on avait...» Lol se­ra de re­tour pour une autre sai­son. Est-ce im­pres­sion­nant de voir que vous fe­rez au moins 10 sai­sons? «C’est très rare 10 ans de té­lé. C’est un pro­duit par­ti­cu­lier par sa na­ture, sans pa­roles. Les gens ne soup­çonnent pas la vie qu’il a à l’ex­té­rieur. Je suis al­lé à Rome en voyage il y a trois ans et je me suis plus fait re­con­naître là-bas qu’ici. Lorsque j’y suis al­lé, c’était dif­fu­sé au quo­ti­dien sur l’heure du sou­per. On fai­sait par­tie de leur uni­vers.» C’est une grosse an­née de théâtre pour vous. Avez-vous du temps libre? «Je me laisse de la place. J’avais ar­rê­té lorsque mes en­fants étaient plus jeunes, car c’est dur la vie de théâtre et la fa­mille. Je ne vou­lais pas pas­ser à cô­té du re­tour de l’école. J’ai même lâ­ché le théâtre d’été pen­dant trois ou quatre ans. Je suis en­suite re­ve­nu en me di­sant que je ne joue­rais pas en sai­son. J’ai un en­fant de 11 ans, alors, c’est la ren­trée au se­con­daire à l’au­tomne. Je me dé­fi­nis beau­coup par ma pa­ter­ni­té. C’est plus im­por­tant que le reste. À par­tir du mo­ment où tu as un en­fant, tu as un contrat non écrit pour la vie. Quels que soient le par­cours et les dif­fi­cul­tés, je di­rai “mis­sion ac­com­plie” quand mes deux gars pour­ront faire les choses qu’ils veulent se­lon leurs ca­pa­ci­tés, avec un mi­ni­mum d’es­time de soi.» Comment ap­pré­hen­dez-vous l’ar­ri­vée au se­con­daire de votre plus jeune fils? «J’en ai un qui au­ra 18 ans et l’autre entre au se­con­daire. Il m’a ré­cem­ment par­lé de ses craintes. L’in­con­nu est quelque

«Je laisse plus de place au théâtre.»

chose de stres­sant, quel que soit l’âge. Je veux l’en­cou­ra­ger à avoir confiance en lui. Il est donc in­dis­pen­sable d’être pré­sent. C’est moi qui fais la cui­sine à la mai­son et c’est im­por­tant pour moi. Il n’y a pas beau­coup de re­pas conge­lés.»

Mar­tin Drain­ville joue dans Pierre, Jean, Jacques en com­pa­gnie de Be­noît Brière, Luc Gué­rin, Nor­mand Car­rière, Ann-Ca­the­rine Cho­quette, Isa­belle Drain­ville, Hu­go Gi­roux, Sté­phane Jacques et Éve­lyne Rom­pré au Théâtre du Vieux-Ter­re­bonne (thea­tre­du­vieux­ter­re­bonne.com).

En 2014, avec ses en­fants. Il a sou­vent lais­sé tom­ber des contrats pour pou­voir être avec ses fils.

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