RE­TOUR DE MA­DAME LE­BRUN, VER­SION QUÉ­BÉ­COISE

De­puis quelques an­nées, Benoît Brière est codirecteur ar­tis­tique du Théâtre du Vieux-Ter­re­bonne en com­pa­gnie de ses amis Mar­tin Drain­ville et Luc Gué­rin. Voi­là qu’en 2019 le trio se re­trou­ve­ra sur scène, sans tou­te­fois pro­duire le spec­tacle qu’il joue­ra.

Allô Vedettes - - RENCONTRE - Luc De­non­court

L.D.: Est-ce plai­sant de pro­lon­ger l’aven­ture de jouer à trois, mais sans por­ter le cha­peau de pro­duc­teur? B.B.: «Ça dé­gage d’une res­pon­sa­bi­li­té. On va peut-être se ta­per sur les nerfs à force d’être tou­jours en­semble. Les rôles qu’on va jouer dans Art au Théâtre du Ri­deau Vert res­semblent à ce qu’on est. Les deux fou­gueux qui ar­gu­mentent, c’est Mar­tin et moi, et Luc fait le tam­pon entre nous. Il ne nous reste qu’à ap­prendre les lignes et à de­man­der à Ma­rie-France [ Lambert] de nous di­ri­ger.» Il semble que ton per­son­nage dans Art te res­semble beau­coup… «Je suis im­pul­sif. Je suis un grand émo­tif qui le cache bien ( rires). Je se­rais du genre à tom­ber en amour avec une toile, peu im­porte le prix, comme le per­son­nage. Ce n’est pas parce que j’ai les moyens. Heu­reu­se­ment que ma comp­table et mon staff me ra­mènent à l’ordre!» Tu as été di­rec­teur ar­tis­tique en so­lo à Ter­re­bonne pen­dant un mo­ment; pre­nais-tu des dé­ci­sions im­pul­sives? «Oui, et je ne fai­sais pas d’ar­gent non plus ( rires). De­puis que Mar­tin est ar­ri­vé, je gagne mieux ma vie. Su­zanne Au­bin, qui di­ri­geait le théâtre à l’époque, avait la job de po­lice. C’est elle qui s’as­su­rait que tout se passe bien et qu’il n’y ait pas trop de dé­ci­sions ir­ré­flé­chies. Mais il y en a qui ont été ap­prou­vées. C’était une fo­lie de pen­ser à mon­ter La cage aux folles avec 14 ac­teurs, 7 cos­tumes par ac­teur in­cluant des per­ruques et des sou­liers à ta­lons hauts. On a dit oui à tout ça. J’ai tou­jours dit que si on le fai­sait, on de­vait le faire jus­qu’au bout. On au­rait pu se plan­ter, mais on l’a joué presque 110 fois.» Est-ce le show qui a lan­cé la sé­rie de suc­cès du théâtre? «Le suc­cès avait com­men­cé dé­jà. Les ha­bi­tués de Ter­re­bonne sont ar­ri­vés dès la pre­mière sai­son. C’est ma 12e an­née. On a eu une clien­tèle fi­dèle très ra­pi­de­ment. C’est du bon­bon pour les pro­duc­teurs. De­puis la pre­mière an­née, les gens achètent sans sa­voir quelle se­ra la pièce. On est trois gars re­con­nus pour la co­mé­die et en s’as­so­ciant, on a ame­né nos forces et notre pu­blic. Notre but est de nous re­trou­ver en­semble sur scène. C’est de la ma­la­die men­tale et c’est même un peu dan­ge­reux!» Est-ce que ça veut dire que Ma­rie-France Lambert, qui fe­ra la mise en scène, est en dan­ger? «Elle ignore dans quoi elle s’em­barque! C’est un membre de la fa­mille, mais elle ne sait pas ce que c’est de nous di­ri­ger. Comme c’est sa pre­mière mise en scène pro­fes­sion­nelle, il y a une ini­tia­tion qui vient avec ça. Elle se­ra en­suite prête pour ses pro­chaines pièces ( rires)! Jouer

Art est un pro­jet que l’on ca­res­sait de­puis long­temps. C’est une pièce ma­gni­fique sur l’ami­tié mas­cu­line, et ce se­ra plai­sant de le voir d’un point de vue fé­mi­nin. On au­ra ten­dance à s’inspirer de ce que nous sommes dans la vie. Ma­rie-France a mis ce pro­jet sur la glace long­temps. C’est elle qui nous a de­man­dé de le ra­vi­ver l’an der­nier. On a une com­pa­gnie de pro­duc­tion, alors on a dé­ci­dé de le pro­po­ser au Ri­deau Vert, et c’est Ma­rie-France qui s’en est oc­cu­pée.» Tu re­pren­dras sous peu ton per­son­nage de Ma­dame Le­brun, après une pé­riode d’ab­sence; estce un bon­heur de la re­trou­ver? «L’au­teur avait ces­sé d’écrire. C’est pro­duit par la [ chaîne de té­lé­vi­sion] BBC en Écosse et on l’acha­lait pour qu’il re­prenne la plume. La BBC lui a sou­ti­ré un contrat de 10 ans et il écrit 2 épi­sodes par an­née. Ça donne 20 épi­sodes sur 10 ans. J’ai 52 ans et je ne me vois pas jouer les 20 épi­sodes à 62 ans. Les pro­duc­teurs qué­bé­cois ont dé­ci­dé de lui pro­po­ser d’en écrire pour nous. Il a ac­cep­té! La pro­chaine mou­ture se­ra donc une créa­tion qué­bé­coise avec le sceau de l’au­teur. Il va en­suite pou­voir ré­cu­pé­rer le tout, le tra­duire et l’adap­ter. Les au­teurs d’ici se­ront très heu­reux.» Tu au­ras donc un ho­raire un peu fou cette an­née? «Le théâtre d’été che­vauche Ma­dame Le­brun sur un mois. On fi­nit le théâtre le 29 sep­tembre, mais on com­mence la té­lé­vi­sion le 31 août. J’au­rai donc un mois rock’n’roll. Je tourne 14 se­maines de suite, puis je com­mence les ré­pé­ti­tions de la pièce Art, que l’on va jouer tout l’hi­ver, et en­suite on ré­pé­te­ra celle du théâtre d’été 2019.» Est-ce qu’il y au­ra du temps en fa­mille? «Il se place dans tout ça. Mes filles sont grandes, elles ont 15 et 16 ans, et elles sont très au­to­nomes. Il y a du temps de qua­li­té à l’ho­ri­zon. Pen­dant les Fêtes, on au­ra deux se­maines et on va se payer un beau mo­ment. On pense à par­tir, mais ce n’est pas of­fi­ciel.» Est-ce qu’elles veulent suivre tes traces? «Je ne crois pas. Léa s’en va en sciences, lettres et art au col­lège An­dréG­ras­set l’an pro­chain. On est dans autre chose pour le mo­ment.»

Le trio (Mar­tin Drain­ville, Benoît Brière et Luc Gué­rin) en pleine ac­tion dans la pièce Les 3 té­nors, l’été der­nier.

Benoît Brière est de la distribution de Pierre, Jean, Jacques au Théâtre du VieuxTer­re­bonne jus­qu’au 18 août (thea­tre­du­vieux­ter­re­bonne. com). Il se re­trouve avec Mar­tin Drain­ville, Luc Gué­rin, Nor­mand Car­rière, AnnCa­the­rine Cho­quette, Isa­belle Drain­ville, Hu­go Gi­roux, Sté­phane Jacques et Éve­lyne Rom­pré. Il se­ra en­suite au Ri­deau Vert dans Art dès le 19 jan­vier 2019 (ri­deau­vert. qc.ca).

Avec sa fa­mille, en jan­vier der­nier.

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