Em­ma­nuel Bi­lo­deau: un père com­blé

Allô Vedettes - - SOMMAIRE -

M.-E.L: Vous jouez dans la pièce de théâtre Os­lo. Comment dé­cri­riez-vous votre rôle? E.B.: «J’in­ter­prète une es­pèce de fa­ci­li­ta­teur de paix, un homme fon­da­men­ta­le­ment idéa­liste et qui a comme am­bi­tion, avec sa femme, de ré­gler le conflit is­raé­lo­pa­les­ti­nien. Cet homme a in­ven­té un sys­tème unique de né­go­cia­tion pour de grands conflits in­ter­na­tio­naux. Cette pièce ra­conte des faits qui sont vrai­ment ar­ri­vés, avec les ac­cords d’Os­lo qui ont du­ré plu­sieurs mois en Nor­vège.» Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette créa­tion? «Tout d’abord, le su­jet, mais la met­teure en scène [ Édith Pa­te­naude] est aus­si mer­veilleuse. C’est elle qui a coa­ché ma fille pour ses au­di­tions à l’école de théâtre. J’en avais donc en­ten­du par­ler en bien avant de tra­vailler avec elle. De plus, ce que j’aime, c’est qu’il y a plein d’ac­teurs dans la dis­tri­bu­tion. L’idée d’être 12 co­mé­diens sur scène m’at­ti­rait vrai­ment, sur­tout après avoir vé­cu l’ex­pé­rience en so­lo avec le one man show. J’avais en­vie de re­ve­nir à quelque chose qui se rap­pro­chait de ma propre fa­mille, puisque nous étions 12 en­fants chez moi. Je suis l’un des plus vieux de la dis­tri­bu­tion, alors que dans ma fa­mille, j’étais le plus jeune. Je me sens comme un père de fa­mille plu­tôt que comme un pe­tit gar­çon.» Vous tra­vaillez comme hu­mo­riste, co­mé­dien à la té­lé, au ci­né­ma et au théâtre, en plus d’être porte-pa­role pour di­vers pro­jets. Comment faites-vous pour avoir une bonne conci­lia­tion tra­vail-fa­mille? «En ce mo­ment, l’équi­libre est plu­tôt fa­cile, même si c’est plus exi­geant puisque je joue presque tous les soirs. Mais les en­fants dorment le soir, et ma blonde tra­vaille de fa­çon équi­li­brée. Notre pe­tite fille étant dé­jà ren­due à neuf mois, le pire est der­rière nous. Les autres en­fants sont plus grands et au­to­nomes, donc ça se passe bien. Et on a un bé­bé très fa­cile, elle est mer­veilleuse. On ne pou­vait pas rê­ver mieux!» Comment vos deux fils ré­agis­sen­tils avec leur pe­tite soeur? «Ils sont com­plè­te­ment ga­gas avec elle. Le ma­tin, ils se le­vaient un peu de mau­vaise hu­meur et ça pou­vait du­rer une de­mi-heure. Main­te­nant, ça dure 23 se­condes. Dès qu’ils la voient, ils sont heu­reux. Ils en prennent soin comme si c’était la pru­nelle

«Le yo­ga m’a ap­pris à res­pi­rer dans la vie.»

de leurs yeux. Ça fait chaud au coeur de voir ça, et les mo­ments en fa­mille sont en­core plus forts. Hon­nê­te­ment, je m’at­ten­dais à être fa­ti­gué, avec les ge­noux par terre et zé­ro éner­gie. Mais c’est le contraire qui est ar­ri­vé. Je suis vrai­ment chan­ceux.» Qu’est-ce qui vous rend le plus fier lorsque vous re­gar­dez votre pe­tite fa­mille? «Je sais que dans la vie, on ne construit vrai­ment rien et que tout peut s’écrou­ler. On vieillit et la ma­la­die peut nous frap­per. Ce­pen­dant, en ce mo­ment, ce que j’ai, c’est du temps de qua­li­té avec des gens que j’aime in­con­di­tion­nel­le­ment. C’est un amour sans condi­tion: on donne beau­coup et, de temps en temps, on re­çoit plein d’amour. Ce que je trouve aus­si le fun, c’est d’avoir vé­cu tout ça avec ma blonde et de l’ai­mer tou­jours au­tant. C’est vrai­ment pré­cieux.»

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